Extrait de l'intervention de Noam Chomsky en visite à Paris:
(...)les Etats possèdent un ennemi intérieur : leur propre population, qui doit être contrôlée quand elle s’oppose à la politique de l’état. Ce problème se pose même dans les Etats totalitaires. L’Allemagne nazie a ainsi dû disputer une guerre « des armes et du beurre » pour tenir le public en respect. Dans les sociétés plus démocratiques, le recours à la force doit être remplacé par une propagande efficace dans la « bataille éternelle pour contrôler le cerveau des hommes » et pour « fabriquer un consentement » grâce à des « illusions nécessaires » et par une « simplification extrême, puissante émotionnellement ». (Citation des chefs d’entreprise et du philosophe préféré d’Obama, Reinhold Niebuhr, vénéré par les personnalités de l’establishment pour des motifs intéressants que je vais devoir laisser de côté.) La bataille pour contrôler l’ennemi intérieur est tout à fait à propos aujourd’hui, et devrait être une préoccupation de première importance pour ceux qui veulent faire face de manière constructive aux graves défis d’aujourd’hui.
Je ne suis pas une inconditionnelle de Chomsky mais je crois qu'il lui arrive de toucher juste en poussant toujours le bouchon trop loin par souci de rester un radical. Une des raisons pour lesquels les politiques
aiment la peoplelisation et la pipolisation, en dépit de toutes leurs
protestations, est qu’elle distrait les populations locales des vrais enjeux en
leur faisant croire que l’image et l’identité sont plus importants que les
actes et leurs propres intérêts.
Si je voulais sombrer dans la facilité, j'affirmerais que Chomsky est le Finkielkraut de gauche, je ne le dirai pas parce Chomsky est moins prévisible, moins coléreux, et surtout plus rigoureux dans ses idées que Finkielkraut parce qu'il essaie plus de convaincre moins de choquer ou de séduire. Cela ne veut pas dire qu'il est toujours crédible mais qu'il encourage la pensée profonde et non l'émotion.


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