Pour parler rapidement , je kiffe Mona Chollet lorsqu'elle écrit ceci sur le documentaire sur le machisme en banlieues diffusée par Arte la semaine dernière:
« La Cité du mâle », en effet, consterne par son caractère à la fois grossièrement bâclé, caricatural et malveillant. Les jeunes sont filmés avec un voyeurisme malsain, à grands renforts de plans rapprochés scrutateurs. Le but du jeu semble être de faire dire aux garçons le plus d’horreurs possible sur les femmes, en les désignant à la vindicte générale, voire à la haine, sans proposer d’autre issue que leur diabolisation – comme en témoigne le double sens pour le moins explicite de l’intitulé « La Cité du mâle ». Si des problèmes inhérents à la banlieue apparaissent bien – la sociabilité séparée des garçons et des filles, l’obsession de la réputation, de l’honneur, de la virginité, le repli sur une religion vécue sous sa forme la plus archaïque –, on a du mal à voir en quoi d’autres – l’homophobie, les propos misogynes, le recours à la prostitution, le mépris des femmes à la sexualité trop libre, la difficulté pour les hommes à se montrer sentimentaux – lui seraient spécifiques.
C'est fou comme le machisme ne devient une cause politique lorsqu'il se manifeste chez certaines personnes. Comment ne pas se souvenir de la campagne présidentielle de 2007 durant laquelle on nous expliquait que le machisme était naturel, normal surtout lorsque sa cible était 'une cruche' donc le méritait ou que les femmes ne devaient pas crier au sexisme chaque fois qu'elle était violemment critiquée par des gens qui usaient de leur féminité pour les dénigrer? Il y aurait donc deux sortes de machismes, le machisme des obscurantistes (islamistes, des personnes qui viennent de milieu polygames et autres) et le machisme éclairé et raffiné d'Eric Zemmour et d'autres personnes trop intelligentes pour ne pas être civilisées.
A notre époque, hélas, il est encore présumé que tout est culturel bien que l’expérience prouve que les soi-disant cultures sont, dans tous les coins du monde, des excuses pour tolérer, accepter l'inacceptable ou marginaliser l'autre en l'enfermant dans des catégories indignes.

