J’ai écrit dans un article sur ce blog en 2006 que j’appréciais la dureté et l’intransigeance de Ségolène Royal et que surtout je les préférais aux larmes d’Aubry le 21 Avril 2002 en accusant le coup de la défaite de Jospin et celles de Guigou devant faire face aux caméras en perdant une élection municipale à Avignon.
Je n’ai pas changé d’avis. Je n’aime pas voir les politiques surtout lorsqu’ils pleurent sur eux-mêmes ou qu’ils offrent de la compassion aux autres par défaut pour camoufler leur impuissance, leur incompétence ou juste leur pauvreté. Cela ne veut pas dire que je ne comprends pas leur peine et que je ne réalise pas la cruauté du monde politique, je crois juste que pleurer change le sujet et personnalise d’une manière inappropriée la politique alors qu’elle est déjà trop à notre époque.
C’est pour cette raison que les larmes d’Hillary Clinton la veille de la primaire du New Hampshire m’avait exaspérée sans me faire changer d’avis sur sa candidature puisque toute la primaire démocrate et après je suis restée convaincue qu’elle était en dépit de la laideur de celles-ci la meilleure candidate pour devenir POTUS.
Les larmes de Ségolène Royal m’ont mise mal à l’aise et m’ont agacée parce qu’elles effaçaient trop facilement et au mauvais moment ce qui a fait d’elle à mon avis la femme politique de ces dernières années : sa droiture et son intransigeance. Je crois qu’on a trop demandé à Ségolène Royal depuis 2007 et qu’elle-même n’a pas eu la conviction qu’elle n’avait pas besoin d’être Aubry ou Hollande pour y arriver. C’était certainement trop lui demander de ne pas laisser des larmes abîmer le provocant, étrange mais saisissant tableau qu’elle avait peint depuis 2006 avec une facilité et une audace parfois déroutante et incontrôlée.
Affirmer tout ceci ne veut pas dire que les larmes de Royal bien que laides n’étaient esthétiques et qu'elles me laissent de marbre, cela veut juste dire je voulais qu’à ce moment difficile qui enterrait certainement sa vie politique, Ségolène Royal soit encore une fois dure en réalisant qu’enfin elle va pouvoir se libérer du socialisme.
Et les primaires socialistes ? Martine Aubry va gagner pour deux raisons. La première est qu’Hollande n’a jamais pensé qu’il aurait besoin de Royal et de Montebourg pour gagner et qu’il ne pourra pas séduire les électeurs de ces derniers puisqu'il n'a jamais cru qu'il devrait le faire. Je le sous-estime sûrement. La deuxième est qu’Aubry pour des tas de raisons a convaincu de nombreux socialistes qu’elle est la meilleure candidate pour tourner la page de 2002 et de 2007. Si elle perd, ce sera entièrement à cause de son inflexibilité mais elle est trop habile pour ne pas se tordre et Hollande ne l'est pas suffisamment pour trouver du Royal en lui.
Si j’étais Royal, je ne donnerais aucune consigne de vote puisque de toutes les manières, mes électeurs ne voteront jamais Hollande et qu’elle n’a pas rien à gagner en soutenant Aubry ; je me ferais donc rare jusqu’au moment où le candidat du PS en difficulté en 2012 a besoin de moi.