Morceaux choisis
du portrait d'une religieuse, Sœur Marguerite, qui a vécu longtemps au Congo dans
la Croix :
« En plus de
mes vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, j’ai fait le vœu de servir
les pauvres. Et je ne veux pas me moquer de ma promesse : le meilleur
service qu’on peut rendre aux jeunes mal scolarisés, c’est de les accompagner,
de les instruire pour leur donner les moyens de construire leur avenir. C’est
vrai en Afrique, mais c’est vrai aussi dans nos banlieues »,
développe-t-elle, déplorant la raréfaction des métiers manuels, qui
exclut les jeunes européens les moins formés du système économique
(...)« Il m’arrive de rencontrer des jeunes dans une détresse terrible. Je
leur conseille toujours de se tourner davantage vers les autres, d’aller au
chevet des malades… C’est dans cet échange qu’on découvre le bonheur »,
répète-t-elle inlassablement.
Ce bonheur, on le
devine, conservera toujours, pour elle, un parfum d’Afrique. Même après huit
ans de séparation. Le silence de la brousse, la joyeuse cohue de l’école,
la ville aux ruelles trouées que l’on répare quand vient une grande
personnalité politique… Les
images, les visages affleurent à chaque instant.
Et n’imaginez pas
que Sœur Marguerite ait pu verser dans une forme de naïveté missionnaire, de
suffisance occidentale. Elle n’a d’ailleurs gardé aucune nostalgie coloniale,
bien au contraire. « Un jour, nous regardions le ciel étoilé avec mes
élèves. Tout en leur faisant la catéchèse sur la Création, j’essayais de les
faire réfléchir : “Qui a créé les étoiles ? – Dieu, répondirent-ils.
– Et l’avion ? – Les Blancs”… »
J'avoue que j'étais presque autant amusée que dégoutée
en lisant cet article. Je me souvenais
jugement sévère mais juste de Christopher Hitchens sur Mère Teresa qui
affirmait qu’elle n'était une amie des pauvres mais de la pauvreté. En effet, je crois que ces religieuses et ces
prêtres qui vont dans les pays du continent africain pour y rencontrer dieu en
tombant amoureux de la misère et la pauvreté sont pire les colons d'hier. Ils transforment l'état de misérable en un état
divin pour mieux l’exploiter en le liant à la chasteté et à un temps dépassé
où l'être humain acceptait tout de la nature et de l’autorité en la présumant
divine.
Mais bon, il n'a
pas fallu attendre Baudelaire pour savoir que Dieu est un scandale, un scandale
qui rapporte. Après tout vendre le
Vatican aiderait tous ces pauvres que Sœur Marguerite aime non pas pour eux-mêmes
mais pour leur souffrance et dont le Pape loue la docilité parce qu'ils acceptent toutes ses
affirmations idiotes et inhumaines telle que celle de ne jamais user du préservatif.