Lorsque je suis d'accord avec Ivan Rioufol, mon premier instinct est de penser contre moi-même pour m'assurer que je ne me contente pas juste de ressentir au lieu de penser et si je n'arrive pas à changer d'avis, je prends une douche mais bon, je suis d'accord avec Rioufol quand il affirme ceci:
La mise en scène du retour en France de Dominique Strauss-Kahn révèle l'artifice qui entoure ce personnage, sujet d'une habile construction médiatique qui fonctionne désormais en roue libre. Le panurgisme de la presse a, en effet, fait l'essentiel pour gonfler jusqu'à l'absurde les silences de DSK, qui ont même réussi à parasiter le campus de l'UMP, ce week-end, à Marseille. Les images de sa voiture quittant hier matin l'aéroport de Roissy, escortée d'une horde de motards de presse, étaient celles d'un président tout juste élu. Son sourire en arrivant, sans protections, à son domicile de la Place des Vosges était celui d'un homme ordinaire rentrant chez lui avec son épouse, comme s'ils revenaient de vacances. La permanence de journalistes audiovisuels sur place (ils étaient encore une trentaine ce lundi matin) est une mobilisation qui se justifie d'habitude pour les stars sachant se faire désirer. DSK produit, d'évidence, ce genre de phénomène. Mais cette téléréalité ne repose que sur du vide. Elle rappelle que DSK est une bulle politique.
Il est pénible de constater que la presse française et surtout les socialistes semblent n'avoir rien appris de l’épisode Nafissatou Diallo et continuent par leur attitude, leur parole ou leur silence d'agir comme si DSK était indispensable à la France ou seulement à la gauche. C'est inquiétant et indécent.
Le fait que pour le moment Strauss-Kahn n'arrive pas à comprendre qu'il a commis une faute grave qui n’était peut-être pas un crime mais qui cependant doit l'obliger à prendre du recul, de la distance en mettant pour une fois son pays ou seulement son parti avant ses plaisirs et sa certitude que la France/le monde a besoin de lui.