Renaud Revel n'a pas totalement tort quand il dit ça:
BHL et ses envolées en agace certains ? Et alors! Sarkozy en insupporte un grand nombre? La belle affaire! A leurs manières et avec leurs tempéraments, – le premier à coups de ruades et de menton, le second avec lyrisme et démesure-, le politique et le philosophe ont bousculé l’ordre des choses et imposé à la communauté internationale leur vision de la politique étrangère, et ce au nom d’un devoir d’ingérence dont chacun devrait se féliciter. Et que les libyens plébiscitent aujourd’hui.
Idéologues et partisans, les médias français crèvent ainsi de leur sectarisme et de cette cécité qui consiste à oblitérer parfois une réalité historique au nom de vieux réflexes dogmatiques. Qu’il est dur pour ma profession, (qui fit, il faut le rappeler, le lit du chef de l’Etat en 2007, en se vautrant sur son passage, avant de le larder de coups quelques années plus tard ), de confesser que, dans l’affaire libyenne, ce dernier a vu juste et ce depuis le début.
Et que celui qui s’époumona et s’épuisa au moment du drame de la Bosnie, j’ai nommé BHL, a sans doute mené en Libye, là aussi, le combat le plus noble de sa vie.
Je bute juste sur le mot noble et sur le fait que Revel refuse de reconnaitre que la personnalisation de la question Libyenne qui est plus grande que celles des personnes symboles telles que BHL, Sarkozy et Obama qui cachent les vraies questions suivantes avec leurs êtres: si intervenir est toujours noble, pourquoi ne pas intervenir partout et surtout comment juge-t-on le succès d'une intervention par la fin d'un régime infréquentable (qui ne le sont pas lorsqu'ils ont quelque chose à vendre ou l'arme fatale) ou son remplacement par mieux? Comme toujours, Jean-François Bayart éclaire notre lanterne en parlant de la Tunisie.