Serge Truffaut sur Merkel, le multiculturalisme et l’intégration en Europe:
Ainsi, après le Royaume-Uni, les Pays-Bas, Nicolas Sarkozy et son débat sur l'identité nationale, l'expulsion des Roms et ses lois sur l'immigration, après l'Autriche, la Suède, la Hongrie, sans oublier l'Italie, voici que Merkel brandit par opportunisme, dans sa facette exécrable, la carte de l'immigrant. Parce que sa popularité est au plus bas, elle a dépoussiéré la pièce du bouc émissaire avant de la mettre en scène.
Dans cette histoire aussi allemande qu'européenne, un fait ou plus exactement une absence agace au plus haut point. Autant on écoute les politicologues, autant les travaux des sociologues sont négligés. De quoi s'agit-il? Ces derniers ont observé comme calculé que l'éventail des nouvelles technologies mises à la disposition des personnes favorise l'éclatement identitaire, encourage l'individualisation des comportements.
Autrement dit, l'adhésion à un socle commun de valeurs et de cultures est plus hasardeuse ou difficile qu'elle ne l'était dans les années 60 ou 70. Qui plus est, quels étaient en France, terre d'immigration par excellence en Europe, les réseaux facilitant l'intégration des étrangers? L'école, le service militaire et les syndicats. Bref, tous les membres de l'Union européenne (UE) devraient tripler les budgets de l'éducation, réinstaurer (sic) le service militaire et syndiquer tous les salariés. Bonjour l'ambiance!
C'est toujours facile de blâmer un système ou des personnes qui ne votent pas pour les maux d'un pays. En affirmant avec une autosatisfaction presque jouissive que le multiculturalisme a échoué, Merkel fait du Sarkozy ou du Rioufol. Elle pose un diagnostic pour justifier ses échecs en sachant très bien que le mal qu'elle annonce est tellement idéologisé qu'elle ne pourra ne pas donner de solutions en mettant sur le fait que la situation est grave, qu'il y a des gens en Allemagne qu'il faut intégrer ou chasser et que le changement prendra du temps mais qu'admettre que le mal existe est plus important puisqu'il s'agit maintenant d'avoir une chimiothérapie qui sera difficile et les naïfs et les bien-pensants de gauche ne comprennent pas. Affirmer que le multiculturalisme ne marche est un peu court , c'est comme affirmer dans les années 80 et 90 que le sida existe puisque c'est la suite qui dérange et qu'on crée juste une psychose assez folle pour provoquer des situations dangereuses.
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