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mercredi 26 mars 2008

Les limites des accusations de xénophobie et de racisme

Cet édito publié dans l’écho est le plus dégueulasse, le plus imbécile, et le plus inculte que j’ai lu durant toutes ces primaires sur Hillary Clinton. L’auteur , Stephan Richter, qui ne sait vraisemblablement rien de la politique américaine et d’Hillary Clinton l’accuse de xénophobie parce qu’elle ose penser qu’elle ferait un meilleur président que Barack Obama, Le problème de cette campagne est bien là : il est impossible pour Hillary Clinton de confronter Barack Obama sur ses contradictions, ses limites et ses hypocrisies sans être accusée d’être une xénophobe ou une raciste. Il est vrai que parfois Obama se fait accuser de sexisme mais comme la campagne présidentielle Française nous l’a montré, les accusations de sexisme peuvent être contrées par un sourire innocent ou autre signe de charme masculin, une diabolisation de la femme politique en l’accusant de trop aimer le pouvoir comme si ses rivaux masculins l’aimaient moins et surtout par une insinuation que la candidate n’a réussi en politique que grâce à la victimisation. J’ai toujours pensé que le racisme ou plutôt l’accusation de racisme, de sexisme ou de xénophobie devait marquer le début d’une conversation et non être utilisée pour la conclure en faisant taire ceux avec qui on n’a pas la capacité intellectuelle de discuter ou avec qui on n’est pas d’accord sur des questions fondamentales.

lundi 15 octobre 2007

Défendre la liberté de bloguer et l’honneur du blogueur

Parce que je suis une idéaliste et une passionnée, bloguer pour moi n’est pas un hobby mais une forme de liberté, une addiction, dépendance. Cependant depuis quelques temps j’ai remarqué que trop de gens ont peur de la blogosphère et s’y promènent que pour être sûrs que rien de détestable ne s’y passe. Comme ceux qui lisent mon blog le savent, j’aime citer les autres. Je ne le fais pas parce que je n’ai rien à dire mais parce que j’essaye (c’est très difficile) de ne pas me prendre trop au sérieux et de croire que je suis au centre du monde.  Je cite les autres lorsqu’ils écrivent quelque chose de pertinent même si parfois je ne partage pas leur opinion. Je cite les autres parce qu’ils écrivent souvent mieux que moi ce que j’ai envie de dire ou de hurler. Je suis comme cela. Je cite sur mon blog en Français et en Anglais. Mais cependant, depuis quelques temps, des choses ahurissantes se passent concernant mon blog en Français, j’ai reçu deux courriels emails, les seuls sur la question depuis presque deux ans que je tiens mes blogs, des auteurs des articles que j’avais « osés» citer qui me disaient que j’avais republié leur article sans leur autorisation et qu’ils désiraient que je les enlève de mon blog. Après mon explication, le premier auteur a cessé pour le moment de me demander d’enlever la citation, j’attends des nouvelles du deuxième. Ce genre d’emails n’est jamais agréable et surtout pour moi qui suis avocate. Il me donne toujours l’impression que je suis reléguée au rang de la racaille parce que j’aime les citations et parce que contrairement à d’autres, je donne le nom de l’auteur de la citation et le lien qui va vers son article.

Ce genre de mésaventure ne m’arrive jamais sur mon blog en Anglais et je me demande si en France on n’est pas un peu trop conservateur et on n’a pas trop peur des blogueurs et du fait qu’ils ne font pas partie du monde des journalistes et qu’ils sont donc libres et incontrôlables. J’avoue que je suis troublée et surtout blessée car si bloguer en Français veut dire avoir peur d’être accusée faussement et d’être menacée lorsque je cite les autres alors je crois que j’arrêterai de bloguer même si cela me brisera le cœur.

Trop gens croient que bloguer est facile et prennent les blogueurs pour des paparazzis, pour de la vermine paresseuse qui essayent de se faire une réputation sur le dos des autres. C’est faux dans la plus part des cas et ce que j’aimerais que les autres comprennent est qu’une des raisons pour lesquelles je blogue anonymement est que je préfère que mes articles, que “mon œuvre ” si je peux utiliser ce mot, attirent l’attention de mon lecteur pas ma personne. J’écris cette note pour mettre les points sur les i et pour dire que les blogueurs ne sont pas des voleurs et des gens vulgaires qui ne connaissent pas les lois. Les blogueurs sont des personnes qui osent l’ouvrir et qui aiment partager leurs passions et leurs coups de cœur. Je suis passionnée et absolue. Il m’arrive d’être excessive d’aller trop loin mais j’espère ne jamais diffamer personne et surtout m’attaquer aux personnes et si surtout à celles des politiques car j’aime la politique parce qu’il y a quelque chose de noble à vouloir servir les autres et son pays. Je ne suis donc pas dans le tous pourris et ni dans le manichéisme. Je suis du centre gauche mais je ne considère pas que la droite c’est le mal et que la gauche c’est le bien. Je ne critique pas le Sarkozysme parce que je crois que Sarkozy est un démon mais tout simplement parce que je suis Ségoliste et que je crois que certains compromis sont des compromissions.

Cette parenthèse était nécessaire car je n’aime pas qu’on m’écrive en présumant que je suis une rouée parce que j’ose l’ouvrir sur un blog et parce que j’aime citer honnêtement les autres. Je parlais au début de cette note d’arrêter de bloguer en Français En finissant d’écrire, je me rends compte que je ne peux pas arrêter de bloguer en Français car même si je suis de culture Anglo-saxonne, le Français est ma langue de cœur pas seulement parce qu’elle est ma langue maternelle mais parce que c’est une langue que j’aime même si je la maîtrise mal.  Je l’aime lorsqu’elle me résiste (contrairement à l’Anglais) et qu'elle m'aide à rester humble, à garder les pieds sur terre.

Pour conclure, j’aimerais dire qu’une citation n’est pas republication et surtout que personne n’hésite à m’écrire lorsqu’on pense du mal de moi, de ce que j’écris, ou du reste. Je lis tous les commentaires et les courriels emails et si je ne réponds pas c’est parce que je suis surmenée par mon autre vie même si je ne l’aime pas autant que ma vie de blogueuse. Quel mauvais week-end ! La France perd dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Les Boston Red Sox (mon équipe de Baseball) perdent en prolongation contre les Indiens de Cleveland et pour conclure, je me fais traitée comme une ignorante voleuse par des gens qui ne lisent jamais mon blog. Où va le monde ?!

lundi 08 octobre 2007

Anna Politkovskaïa et l'oubli

La Tribune de Genève trouve les mots justes pour décrire l’anniversaire de la mort d’Anna Politkovskaïa en parlant de deuxième mort :

«Anna était très importante aux yeux de ceux qui s'inquiètent du développement démocratique dans notre pays. Ce n'est pas la majorité du peuple russe», reconnaît Yassen Zassoursky, doyen de la Faculté de journalisme de l'Université de Moscou et ancien professeur d'Anna Politkovskaïa.

«Elle ne représentait pas une menace pour le Kremlin, mais pour les criminels, pour ceux qui empêchent les gens de vivre dans la dignité. Elle prenait toujours la défense de l'individu contre l'injustice», poursuit-il.

En s'attaquant à des dossiers brûlants, comme la guerre en Tchétchénie, la corruption ou les sévices infligés aux jeunes conscrits dans l'armée russe, la journaliste s'était fait beaucoup d'ennemis. «Les cas d'agressions de journalistes sont fréquents en Russie. Ce métier est devenu dangereux. Mais la lutte pour écrire la vérité continue. Quitte, dans le pire des cas, à sacrifier sa vie.» Ce qui n'est malheureusement pas exceptionnel précise encore le professeur.

Pour preuve, selon Reporters sans frontières, Anna Politkovskaïa est la 18e journaliste tuée depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Un an après sa mort, son assassinat n'a toujours pas été élucidé. Celui de ses confrères non plus.

J’ai la certitude que dans quelques années, hélas, Anna Politkovskaïa sera oubliée et que son fantôme ne hantera jamais non seulement ceux qui l’ont sauvagement assassinée mais aussi le reste du monde qui accepte déjà sagement que l’information deviene coûteuse et rare et que ceux qui la fournissent soient condamnés à mort.

lundi 17 septembre 2007

Les Socialistes et la Nécrophilie

Hugues Serraf fait une très bonne comparaison être les militants Socialistes et Mère Térésa qui on le sait a longtemps douté même si elle a continué à tout justifier de Dieu Jésus:

Mère Térésa doutait, elle se demandait si le Dieu qu’elle priait n’était pas qu’une construction mentale inventée par l’homme pour se réconforter les jours de déprime, mais elle avait fini par décider qu’à tout prendre, s’occuper des victimes de Bhopal n’avait pas besoin d’être métaphysiquement correct.

Militer au PS, c’est pareil. Enfin, c’est moins difficile et plus confortable que de traîner en sandales dans les bidonvilles indiens, mais l’idée est là. Car tout de même, n’importe quel esprit rationnel, en constatant que le principal parti de la gauche française n’est plus qu’une coquille vide sans projet, en découvrant à quel point les divergences qui agitent ses leaders sont artificielles ou en mesurant le retard doctrinal pris sur le Labour et le SPD prendrait ses jambes à son cou... Mais non ! N’en déplaise à mon ami Richard L., des dizaines de milliers de militants continuent, jour après jour, à coller des affiches et à distribuer des tracts au lieu d’aller faire un tour à la campagne pendant leur RTT. On peut les plaindre, lever les yeux au ciel en parcourant, dans l’Hebdo des Socialiste, les slogans de cour de récré censés faire trembler Sarkozy, mais on ne peut pas se moquer. Hey, se moque-t-on de Mère Térésa ?

Tiens, mettez-vous cinq minutes à la place d’un militant socialiste dont le boulot sera d’expliquer que le nouveau livre de Lionel Jospin sur Ségolène Royal est une « contribution à la rénovation ». Que la poursuite des attaques sur la crédibilité et la stature d’une candidate désignée par, hum, 60% des adhérents et adoubée, du bout des lèvres mais adoubée tout de même, par l’ancien premier ministre en personne, est le meilleur moyen de revenir aux fondamentaux...

Je comparais la semaine dernière Jean-Luc Mélenchon à un illuminé et le fait qu’il choisisse Hugo Chávez comme un de ses modèles politiques a confirmé l’opinion que j’avais de lui car il est tellement croyant qu’il est prêt à oublier le totalitarisme du Chávezisme pour s’exalter devant les moyens qu’il met pour cimenter son pouvoir à travers une politique faussement égalitaire. J’essaye de dire que les socialistes, en ce moment, comme Serraf le dit, traversent une période de doute qui ne peut que se résoudre que de deux manières. La première voie est une continuation aveugle dans la même direction comme Mère Térésa parce que renoncer serait terrible et surtout admettre que longtemps ils se sont trompés. La deuxième voie est la révolte humaniste en acceptant que la lucidité est meilleure que l’aveuglement et la mauvaise foi et que surtout que refuser d’être imbécilement idéologique ne veut pas dire renoncer à refaire le monde en le rendant plus juste.

Pour continuer les métaphores religieuses, les Socialistes ont le choix entre être Job et être Sisyphe. Etre Job cela veut dire en prendre plein la gueule en espérant qu’un jour miraculeusement d’un coup de baguette magique tout se transforme en Paradis et le passé cesse d’avoir de l’importance mais la question alors sera dans ce cas si en prendre plein la gueule et tout sacrifié justifie la miraculeuse et somptueuse rédemption finale ? Etre Sisyphe cela veut dire d’une manière dire non aux idées reçues pour regarder l’avenir en face, accepter que le tout ou rien, le tout de suite ou, le bien ou le mal, la gauche rose messianique et la droite diabolique sont des slogans creux, que sentir ne veut pas dire penser et que changer ne veut pas dire capituler.

C’est parce que les enjeux sont capitaux pour la gauche Française qu’il est décevant que le débat se limite à la crucifixion de Ségolène Royal en faisait d’elle l’égérie du mal socialiste ou en faisant de Chávez et du Venezuela des exemples pour les leaders Socialistes Français et la France. Lorsqu’un débat essentiel devient un débat de personne, il faut se poser la question sur l’existence du fond et justement les Socialistes se tapent les uns sur les autres parce qu’ils ne veulent pas admettre que le socialisme est non seulement mort mais que son cadavre est en train de se décomposer en émanant des gaz toxiques qui leur font perdre la tête. The bitch (passez moi le mot) is dead (la salope est morte)! Personne ne veut s’en rendre compte, combien de temps peut-on rester nécrophile ?

mardi 21 août 2007

Ubiquité et politique

Mes vacances studieuses doivent me rendre trop sensible car j’ai trouvé la présentation de Sarkozy de ses nouvelles mesures pour lutter contre la pédophilie hier désagréable et en disant cela je ne me garde bien de faire un commentaire sur le fond. Je trouvais cela gênant de voir le Président Français parler comme un citoyen ordinaire en jouant sur l’émotion alors qu’il aurait été à mon avis (je ne suis pas je l’avoue objective) plus juste et surtout plus digne qu’il se contente le fait que le système judiciaire doit balancer deux valeurs, la justice et la protection des citoyens. Comme je le dis depuis le début, je ne suis pas contre l’hyper-activisme de Sarkozy ou même contre le fait qu’il montre ses émotions car je pense que c’est mieux d’avoir un président actif et président que d’avoir un qui se cache derrière son premier ministre et qui pleure en écoutant lire la lettre sublime de Guy Môquet. Cependant j’avoue que le fait qu’il semble ne plus exister de distance entre la stature présidentielle et  celle de citoyen passionné et émotif me chagrine parce que je pense que faire du président un superhéros qui non seulement est capable de tout mais qui se mêle de tout et qui comme dirait Bill Clinton feels your pain (partage vos maux) est potentiellement dangereux même si cette transformation est sûrement payante politiquement. Ce que j’essaye de dire est que je suis pour l’activisme, le volontarisme, même l’émotivité mais contre l’omniprésence du politique et le remplacement de l’action politique par le compassionnisme, l’image et la parole. Il ne suffit pas de ressentir, d' être présent, d'être partout  en même temps pour agir et gouverner. C'est bien là la différence entre le monde des affaires et le monde politique puisque dans le premier, l'ominiprésence est  dans la plus part des cas une confirmation de l'excellence et de la supériorité d'une compagnie ou d'un produit. Google et Microsoft sont présents partout en partie parce qu'ils sont les meilleurs. En politique, je le crois, les choses sont différentes. Recevoir les victimes et leurs familles, être partout à la fois, parler, parler, ne doit pas ni remplacer le fait que la différence se fait par des lois et en choisissant une manière de gouverner et faire oublier que le rôle du Président n’est pas de paterner mais de gouverner. Une des raisons pour lesquelles je suis du centre gauche est que je ne crois pas que l’état peut tout et que la politique et les politiques doivent être omniprésent dans la vie des citoyens. Je crois cependant que l’état et ceux qui le dirigent doivent gouverner et être juger sur les résultats de leur politique. C’est pour cela que le côté snif snif de la politique bien qu’il soit hélas devenu essentiel ne doit pas devenir plus important que le côté dur c’est dur ce qui affecte la vie des gens. On s’est tellement moqué des Américains parce qu’ils voulaient d’un président avec lequel il pouvait prendre une bière et être pote plutôt que d’un président qui prend certaines mesures qui leur donneraient le moyen de vivre mieux. Hors justement, je crois que cet état d’esprit devient majoritaire partout parce que justement les citoyens ne croient plus que les politiques peuvent changer leur vie et c’est pour cela qu’ils ne leur demandent plus que d’être un des leurs c'est-à-dire de parler comme eux et d’être sympathique.

mercredi 02 mai 2007

Le débat, mon pronostic pour le deuxième tour et la victoire d’Eric Zemmour

Le débat a été trop long mais intéressant. Je me suis demandée à quoi servaient PPDA et Chabot ? J’ai compris après qu’ils servaient de postiches à Sarko pour éviter à regarder Ségo et rester calme. Quelle est ma première réaction ? Ségolène a été plus agressive, ce qui répond ma question de ce matin sur son sentiment sur ses chances de gagner car elle n’aurait pas été agressive si elle n’y croyait plus ou si elle pensait qu’elle avait quelque chose à perdre. Etant Ségoliste, je pense évidement que ma championne a gagné mais je pense aussi que les Sarkozystes penseront que leur champion a gagné mais la question est de savoir ce que feront les indécis et sur si les Sarkozystes soft c'est-à-dire ceux qui votent pour Sarko par dépit changeront d’avis ? Il est trop tôt pour le dire car tout dépendra du débat sur le débat et comme les Sarkozystes sont plus organisés que les Ségolistes, je pense qu’ils gagneront l’après débat en faisant de Ségo une femme qui crie pour cacher ce qu’elle ne sait pas. Donc revenons à l’élection et à la seule vraie question qui est celle de savoir si Sarko peut ne pas gagner et je crois que oui, je ne sais pas pourquoi mais ce sont mes tripes qui me le disent. Je me trompe tout le temps car je n’ai pas le don ou le culot d’Elisabeth Tessier pour prétendre prédire l’avenir. Bon mon pronostic est 51 contre 49 pour le vainqueur qui sera, cela me fait mal de l’écrire, Nicolas Sarkozy. Je ne crois pas une seconde que les Lepénistes vont s’abstenir et surtout je crois que les centristes ne voteront pas suffisamment pour Ségolène Royal parce qu’ils croient que le Sarkozysme est la meilleure manière de faire évoluer le centrisme et le Bayrouisme, ce qui n’est pas faux mais trop tactique car en politique, les calculs ne sont jamais que mathématiques. J’espère me tromper et que Ségo l’emportera mais je crois qu’elle a été trop sabotée de l’intérieur pour gagner et que trop de socialistes et de gauchistes sont « Bessonés» ou « Onfraysisés». Mais si Ségo gagne, ce sera parce qu’à la fin les gens se diront qu’ils ne peuvent pas s’abstenir ou voter pour Sarkozy mais peuvent-ils encore changer d’avis ? Je ne le crois pas. En somme, si mon pronostic s’avère être juste cette campagne aura été l’exacte copie de la campagne présidentielle Américaine de 2000, à la fin celui qui mène mieux ses troupes et qui diabolisent mieux son adversaire et qui surtout divisent le mieux en se faisant le porte parole des Bons Français finit par gagner car de l’autre côté on se dit que 5 ans c’est court sans savoir que c’est largement suffisant pour changer le cours non seulement de l’histoire de la France mais du monde.

On a beaucoup parlé de la diabolisation de Sarko mais cela était sans préciser que le diable ne fait qu’aux croyants et ne fait plus peur dans le monde où l’amoralité et le moralisme spectacle dominent. On a par contre moins parlé de « l’idiotisation» de Ségo parce que le coup de génie des Sarkozystes aura finalement été d’utiliser leur prétendue horreur de la bêtise et l’incompétence (alors que ceux sont les mêmes qui dénoncent la pensée unique et le fait que finalement trop savoir ne veut rien dire) pour masquer leur sexisme et le fait que le Sarkozysme est très Républicain même si ce n’est pas tout à fait le Bushisme. En disant cette femme est idiote et incompétente, l’accent était aussi mis sur le fait que Ségo était une femme et ce qui permettait donc l’absence de toute réserve car après tout, on a le droit d’être machiste et sexiste avec les femmes idiotes et incompétences. Mais bon, je reviendrais sur cela dans mes futurs billets mais je pense que l’autre grand gagnant quoi qu’il arrive est Eric Zemmour car cette élection a prouvé deux choses, la première est que les féministes n’ont pas de couilles et que se sont des hommes comme les autres qui n’ont pas le monopole non pas du cœur mais de l’innocence. La deuxième chose est que la féminité en France reste non pas une différence ou une imperfection mais quelque chose d’incomplet. Qui aurait pu penser que prononcer le mot « Bravitude » aurait pu coûter à Ségolène Royal la présidence de la république ? Bon donnons du temps au temps avant de faire le bilan de pratiquement ces deux ans de campagne. En attendant, parce que je ne me résoudrai jamais à dire vivre Nicolas Sarkozy, je dis Vive Eric Zemmour même si je dis évidement avec facétie.

mardi 06 février 2007

La gauche n'a pas le pouvoir mais...

Il semble qu’en ce moment tous les « grands esprits » pour utiliser une expression chère à Doc Gynéco se croient obligés de taper sur la gauche pour expliquer leur ralliement à Nicolas Sarkozy ou leur réfus parfois méprisant de voter pour Ségo comme s’il n’y avait pas d’autres valables raisons de voter pour Sarko ou plutôt de ne pas voter pour Ségo telle que le fait d’être devenu de droite par exemple. Finkielkraut est le dernier intello qui tape sur la gauche, Dieu sait que la gauche française est en piteux était mais le fait que Finkielkraut et les autres pensent qu’il est utile d’en rajouter une couche comme si la gauche avait tous les pouvoirs prouvent que quelque chose de bizarre est en train se passer. J’ai lu un billet d’un DSKiste qui arguait sérieusement que la presse Sarkozyste avait soutenu Ségo pour torpiller le parti socialiste. Est que ce monde est sérieux ? Ce que je retiens de tout cela est qu’à cause du fait que tous les gens in se rallient à Sarkozy en faisant de lui le seul qui peut leur redonner de l’espoir et reconstruire leur paradis perdu que la Gauche a perdu va faire de Ségo, l’egerie du vote protestataire si elle arrive à utiliser tout cela à son avantage. Après tout, comment n’aurait-on pas envie de voter pour Ségo lorsque l’on sait que tout le monde attend Sarko et que voter pour elle forcerait certaines élites our personnes elitistes et sectaires à accepter que dans une démocratie, les gens ont encore le droit de choisir leur président de la république même si leur choix ne convainc pas. On semble avoir oublié que Ségo n’a pas gagné un coucours de beauté dans lequel elle a défilé en maillot de bain pour plaire à quelques juges mais que ce sont bien les socialistes qui ont voté pour elle. Pour revenir à Finkielkraut qui je pene devrait arriter de parler politique et de problème de société car il semble penser que dans ces domaines là le plus important c’est la rhétorique et que ce qu’il croit être la fibre morale d’une société ou d’un individu. Pour Finkielkraut, le plus important sont les definitions et les classes morales et inmélangeables du bien et du mal. Lorsque Sarkozy disait hier qu’il était contre le mariage gays parce que le mariage c’est la famille et la famille c’est la procreation, il faisait du Finkielkraut parce qu’il ne se rendait pas compte de la contradiction qu’il y avait entre créer une sorte de mariage sans alcool pour les Gays parce que le vrai mariage leur est interdit et ensuite dire qu’il croit en l’égalité. C’est une position qu’on les Démocrates Américains mais la différence est que cette contradiction est moins disciminatoire puisqu’ils admettent au moins que les gays ont le droit d’être parent et qu’une famille est une famille qu’elle soit faite de deux papas ou de deux mamans mais que la religion peut discriminer sans l’état n’ait à suivre. Pour finir, voici une citation de Finkielkraut :

Je pense que l'école est dans un état désastreux, je pense que la morale civique est dans un état désastreux, je pense que la montée des incivilités a pris des proportions absolument épouvantables.

La gauche immorale ou plutôt amorale et Ségo a beau le dire mais elle ne pourra rien faire parce que le fait d’être de gauche la rend incapable d’avoir une position morale ou plutôt une autorité morale.

samedi 27 janvier 2007

L'humour sale de Gérard Dahan et la campagne poubelle

Bon, je ne vais pas discuter du fond du “canular” de Dahan car chacun pensera ce qu’il vaudra. Cependant, je trouve malsain et même malhonnête la manière dont il a piège Ségo et surtout l’utilisation qu’il fait de son canular et le moment auquel il choisit de le diffuser dans les médias après une semaine difficile pour Royal qui se terminait sur une polémique sur les RG qui mettait Sarkozy en position de faiblesse. Non seulement Dahan choisit de faire une canular qu' il sait peut contribuer à renforcer l’image comme une conne alors que ces canulars contre Villiers, Sarkozy et les autres étaient plus inoffensifs, il choisit de diffuser l’extrait le plus explosif pour faire mal à Madame Royal tout en précisant bien qu’il diffusera la suite lors d’un spectacle. Je trouve cela hallucinant mais j’ai beau être scandalisée, je dois conclure deux choses :

  1. La campagne de Sarkozy est meilleure que celle de Ségolène Royal surtout lorsqu’il s’agit de créer l’événement et de s’attaquer à celle-ci. Je n’arrive pas à croire qu’il puisse manquer à ce point de talent à gauche. Ségo doit s’avouer qu’elle a besoin d’aide et renforcer son équipe car elle a bout dire qu’elle veut élever le débat, il lui faut des nettoyeurs et des gardes du corps. Le fait que Dahan est pu se faire passer pour le Premier Ministre Québécois auprès de l’entourage de celle-ci est impardonnable.
  2. Deux, Ségolène Royal est desservie par son entourage car celui parait toujours pris de cours par les différentes bombes de merde qui explosent sur leur candidate. Il manque un bouclier à Ségolène Royal, des gens qui la protégeraient des flèches empoisonnées que lui lancent les francs-tireurs de l’UMP. J’ai l’impression que trop de gens au PS attendent qu’elle ne s’effondre en pensant qu’ils pourront ensuite recoller les morceaux. Mais ils font une erreur de calcul car s’ils laissent Ségo s’effondre, cela provoquera l’éclatement du Parti Socialiste qui ne sera plus crédible quel que soit son candidat. 

vendredi 26 janvier 2007

L'impuissance et la connerie

Quelqu’un me disait hier matin que les méthodes utilisées pour décrédibiliser une femme qui veut le pouvoir sont les mêmes depuis Eve . La première est de l’accuser d’être une manipulatrice et sans cœur, une sorte de sorcière qui perd toutes les douceurs de la féminité pour épouser les plus mauvais de la virilité parce qu’elle veut le pouvoir à tout prix. La deuxième est la bécassinisation, c'est-à-dire l’accusation d’incompétence et de bouffonerie. La stratégie est de faire du moindre faux pas une preuve qu’elle est ne vaut rien et qu’elle n’est pas à la hauteur du pouvoir qu’elle cherche à conquérir. Je me rends compte qu’accuser une femme d’être une idiote en politique est comme accuser un homme d’être impuissant dans le sens où cette accusation rend toutes les interrogations et les railleries possibles. Je vous propose de lire des exemples de ces petites phrases raillant Ségo que j’ai trouvées sur le net :

  1. Ségolène Royal a manifestement travaillé sa voix, qui est moins désagréable avant (ou alors c'est que je m'habitue ou que les micros d'Europe sont plus sympas que ceux de Radio France). Anaclet de Paxatagore
  2. Ségolène Royal préfère se faire assister au plus près, désormais, dans ses prestations, pour éviter les boulettes. Voilà qui est très honorable (halte aux surhommes infaillibles, même quand ce sont des surfemmes, halte aux M. et Mme Je-sais-tout), mais qui nous donne aussi un aperçu de la présidente qu'elle sera en cas d'élection. Christophe Barbier.
  3. C’est étrange, j’ai l’impression que Ségolène Royal a pris des leçons de pilotage avec Alain Lipietz.Pire, j’imagine ces derniers temps que le PS va se ravitailler en vol à l’aide d’un autre candidat pour éviter la catastrophe aérienne. David Abiker.
  4. "La question des compétences de la candidate PS ne va pas cesser de hanter la campagne. Même vous, vous vous interrogez, non?"Tout le monde se pose cette question. Tout le monde émet des doutes, plus ou moins mezzo voce. Mais voilà, ça n'a pas réussi à DSK et à Fabius, alors on n'ose pas le faire trop fort...Koz
  5. C'est BécaChine au pays des merveilles...Loic Le Meur.
  6. Eh oui cela devient presque trop facile que d'énumérer les gaffes et déclarations inappropriées de Ségolène. Voilà maintenant qu'elle se prend pour de Gaulle. Sans doute devrait-elle attendre d'être élu présidente. Seb.
  7. Malgré des efforts désespérés de la candidate du PS (marketing viral sur Dailymotion, raffarinades, promesses de fiscalité bienveillante, militarisation des délinquants, ISF etc...) pour se faire passer pour une candidate honorable, réaliste, en phase avec les attentes des français, compétente, en bref de droite, le naturel ressurgit dans la difficulté.Alors que sa campagne traverse un trou d’air, le couple Royal-Hollande enlève brutalement son masque de mouton pour révéler sa véritable nature de grand méchant loup soviétique. Brave Patrie.
  8. Ségolène Royal est en train de devenir madame "une connerie par jour". Il faut vraiment qu'elle se taise parce qu'à ce rythme là, même si aujourd'hui, elle n'a pas une grande légitimité sur le plan international, elle va finir par tendre nos relations diplomatiques avec un grand nombre de pays. Et puis que dire de ses propos sur les femmes battues. Elle a dû se faire cogner par François trop souvent pour sortir de telles énormités. Elle est en train de perdre la boule. Olivier.
  9. “Un geste qui offense le Canada: Ségaffène Royale désigne le cadavre de de Gaulle comme futur premier ministre” Sitting Bull.

samedi 20 janvier 2007

Les antilibéraux sont des clowns !

Josebove_1

Chaque fois que j’essaye de me convaincre que les antilibéraux prennent la politique au sérieux et qu’ils ne sont pas juste des exaltés aveuglés par des illusions d’un autre temps, ils posent un acte qui me rappelle à la raison et me prouve que l’antilibéralisme ne peut être la base et la fin d'une politique. Choisir ou plutôt José Bové à se présenter à la présidentielle relève de la bêtise et de la singerie. Existe-t-il un politique sérieux qui peut imaginer sans avoir une céphalée ce que donnerait d’avoir José Bové à l’Elysée ? Je suis sûrement trop libérale pour accepter qu’un homme, qui croit en Hugo Chávez et qui enfreint la loi en s’attaquant en des Macdos et aux OGMs, puisse gouverner un pays comme la France. Mais enfin être un clown est-il le seul critère pour être le candidat des antilibéraux ? A quoi sert Clémentine Autain, qui a beau vivre dans sur une autre planète, mais qui au moins prend la politique au sérieux ?

jeudi 18 janvier 2007

La dictature du goût

Daniel Attias n’aime pas Mabanckou, plus exactement il n’aime pas ses livres et trouve qu’il n’a aucun talent, c’est son droit de le dire, de l’écrire et de le crier. Cependant ce que je trouve inadmissible est le paragraphe suivit écrit dans un billet dans lequel il verse tout son dégoût pour Verre Cassé, un des livres de Mabanckou :

Et sur la 4e de couverture, on peut lire que qui veut connaître l’Afrique doit lire ce bouquin puant! C’est un bouquin de macho ultraclassique plus représentatif de l’immense diaspora afro-maghrébine plus ou moins occidentalisée que de la vie africaine de Nouakchott à Kinshasha. Ou alors tout au plus à quelques uns de leurs bars…. il me semble tout de même que les “maquis” de là-bas sont plus joyeux que le très célinien (mort à) Crédit a voyagé (au bout de la nuit) où traînaillent les épaves du livre.

Intéressant de voir comment un produit frelaté devient un objet bien vendu quand on maîtrise le marketing.

Non, Alain Mabanckou n’est pas une vache sacrée et on a le droit de dire que ce qui écrit n’est lisible mais ce qu’on n’a pas le droit de dire est de mettre en doute la bonne foi de ceux qui aime le style et l’univers que crée Mabanckou dans ses livres. La dictature du goût se résume à dire que affirmer que ses goûts sont supérieurs à ceux des autres et que par conséquent on a le droit de décréter ce qui est de la daube et ce qui est de la littérature géniale. Cela s’appelle élever sa subjectivité au stade de la divinité.

mardi 16 janvier 2007

Donner et suivre le mauvais exemple

Deux enfants se sont pendus en Azerbaïdjan en voulant suivre l’exemple de Saddam Hussein. Je trouve cela alarmant. Lorsque j’étais petite, les Etats-Unis c’était le pays des rêves et de la liberté, l’URSS, le pays du goulag et de la privation, je me demande si les choses ne sont pas en train de changer et le monde lequel vivrons les prochaines générations pourront encore comme moi rêver de l’Amérique et surtout être impressionner par elle. Si l’Amérique cesse de faire rêver, le monde devient non seulement inquiétant mais aussi plus prosaïque. Et puis, il y a cette nouvelle pendaison du beau frère de Saddam qui malgré tous les efforts du gouvernement irakien a été transformée en décapitation comme si quelqu’un ou quelque chose essayait de faire comprendre à Bush et à ceux qui croient encore au faux vrai rêve Irakien que c’est un mirage et le temps est de confronter la réalité que guerre et démocratie ne peuvent pas faire partie d’une même équation.

lundi 08 janvier 2007

Le prix d'une relation sexuelle avec une gamine de moins de 15 ans est abordable

Le prix pour avoir des relations sexuelles en France avec une mineure de moins de 15 ans est 10,000 euros. Du Moins, c’est ce que Jean-Luc Lahaye a doit payer à la justice pour avoir à son insu dit-il avec un de ses potes (un avocat !) coucher avec une jeune fille. Je suis scandalisée, Pour être claire, je ne pense pas que ce genre de scandale est unique à la France car aux Etats-Unis comme je le crois dans trop des coins du monde, les filles sont sexualisées beaucoup trop tôt. Les excuses sont toujours les mêmes et jamais originales, « Elle m’a caché son âge » « Elle fait plus que son âge » et surtout, « elle savait ce qu’elle voulait, » « elle m’a excité et aucun homme n’aurait pu lui résister ». A aucun moment l’accent n’est mis sur le fait qu’un adulte est un adulte et qu’une enfant est une enfant. Je me demande si à aucun Lahaye n’a été excité par le fait qu’il pouvait avec son pote se faire une fille qui non seulement était assez jeune pour être sa fille mais pour être mineure. Je pense que 10,000 euros est un prix que beaucoup de pervers payerait volontiers pour satisfaire leurs fantasmes les plus tabous avec un enfant avec qui le sexe avec un adulte ne peut être que sale et surtout immoral.

Nous verrons sans doute bientôt Lahaye sur un plateau de télévision nous expliquer avec sa bonne foi habituelle qu’il a appris sa leçon et que la prochaine il vérifiera bien que les jeunes filles qu’il baise initie à l’amour auront le beau âge mais est-ce la bonne leçon ou plutôt le fait qu’il paye littéralement son crime et son absolution ne détruit pas l’aspect criminel de cette affaire.

mercredi 03 janvier 2007

Encore Saddam et 2007

La nouvelle année commence plutôt bien pour moi. Je dois cependant avouer que j’ai un peu raté mes fêtes de fin d’année en refusant obstinément de prendre une pause. La citation qui a le plus retenue mon attention est celle-ci :

L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, est une faute.

Et le fait que ce soit Sarkozy qui le dit m’a forcé à me demander pourquoi le futur candidat de l’UMP, celui qui n’a pas réussi à trouver ses mots lors de l’annonce de la mort de Pinochet, a trouvé les mots à peu près justes pour regretter l’exécution bâclée de Saddam Hussein. J’ai compris ce qui se passait lorsque les autorités Irakiennes comme par hasard se son mis à dévoiler aux medias Américains que l’Administration Bush leur avait demandé de retarder cette exécution et qu’ils avaient refusé. La question que je me pose est la suivante : dans quelle monde vivons-nous s'il devient possible de faire d’un dictateur un martyr en le provoquant lors de ses dernières minutes sur terre et surtout en cirant le nom de Moqtada Al Sadr ? L’Administration Bush essaye d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Il n’est pas crédible pour elle de se protéger des conséquences de cette exécution barbare et ratée en disant qu’elle a tout fait pour la retarder. Tout le monde sait ou devrait savoir que si Bush avait voulu stopper cette exécution, il aurait pu le faire car après tout n’y a-t-il pas plus de 150, 000 soldats Américains en Irak ? Je suis donc d’accord avec Sarko même si je ne pense pas que Saddam était le plus pire des hommes, il était un dictateur sanguinaire et c’est suffisant. Je pense que la pire des punitions pour Saddam Hussein aurait été l’oubli, celle de crever dans une prison de La Haye loin d’Irak et de peut-être voir son pays avec le temps prospérer sans lui. Mais malheureusement, Saddam Hussein a gagné car il y aura toujours des Irakiens qui récriront l’histoire en disant qu’il était un homme sage et un bon leader pour l’Irak. Saddam Hussein, comme Hitler avant lui (je ne dis pas que Saddam c’est Hitler), deviendra un héros de légende et des ignorants et idéologues dans 30 ans diront qu’il est la personne qu’ils admirent le plus au monde.

Encore une fois, chers lecteurs, bonne année.

vendredi 22 décembre 2006

0+0= Clearstream

J’ai beaucoup de mal à prendre au sérieux l’affaire Clearstream parce que je pense qu'on peut la résumer à cette expression courante : beaucoup de bruit pour rien. Cela ne me rappelle pas l’affaire Watergate mais plutôt l’affaire Lewinsky car en fait on accuse Villepin d’avoir été aveuglé cru à cette affaire loufoque et d’avoir voulu s’en servir pour faire tomber Sarkozy. L’acte de Villepin était donc plus sulfureux que criminel car j’imagine mal Villepin disant à Gergorin de lui donner un coup de pouce et celui-ci le faisant en montant une affaire qui n’a même pas éreinter le bouclier d’argile de Sarkozy. Villepin a donc témoigné 17 heures hier sur une affaire qui est tellement sans intérêt que dans cinq mois personne ne s’en souviendra. C’est ce qui m’agace le plus car toutes ces superficialités me forcent à plaindre Villepin qui au fond apprend avec cette petite épreuve que faire de la politique n’est pas la même chose que diriger l’Élysée car l’apparence et l’odeur de la merde suffit pour détruire et salir (souvenons nous de Bérégovoy).

jeudi 07 décembre 2006

Heil Sevran ou pauvre Sevran?

Pascal Sevran est-il raciste? Telle est la question que se posait un article du Figaro ce matin Je pense que c'est la mauvaise question parce que même s'il ne l'est, ses propos le sont. On peut être quelqu'un de bien et dire des conneries et énormités mais le fait être quelqu'un de bien ou plutôt quelqu'un de normal ou d'honnête ne justifie et surtout n'excuse pas de dire des choses ignorantes et inutilement provocatrices. Voici quelques unes des sottises de Sevran :

  1. "la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique
  2. Et alors ? C'est la vérité ! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète !”

Pascal Sevran n'est pas un néo-nazi et la une de France Soir était excessive et surtout trompeuse car elle a permis à Sevran d’éviter de discuter de la signification de ses propos en se défendant d'être un néo-nazi. Nous savons que Pascal Sevran est un vieux réac conservateur nostalgique de la vieille France parce que pour lui la modernité et l'évolution de la société Française ne mènent qu'a des transgressions qui rabaissent la France alors que la société des années 50 elle au moins savait ce qu'étaient l'ordre et surtout la morale. Je n’arrive pas à croire que ce n’est que maintenant que les gens se rendent compte qu’avant Eric Zenmour, il y avait Pascal Sevran et qu’aujourd’hui il existe en effet des gens qui considèrent que la bien pensance ne doit empêcher de dire des choses qui sont crues, dures, sauvages mais vraies.

Je ne suis donc pas choquée par les propos de Sevran ni même en colère. Je ne pense même pas qu’il devrait s’excuser pas qu’il a dit des choses qu’il pense être juste par contre je pense qu’il devrait assumer ce qu’il pense et ce qu’il dit et arrêter de se cacher derrière le titre trompe à l’oeil de France Soir pour clairement montrer son vrai visage. Sevran, ce n’est donc un facho, un salaud, ou un bobo Sarkozyste, c’est plutôt un vieil homme fatigué qui n’a plus la force d’apprendre des choses nouvelles et de connaître le nouveau monde qui se créent autour de lui et qui préfère par paresse et surtout parce que le passé le rattache à toutes ses amours et ses passions rejeter le présent et espérer le passé c’est le futur.

Les deux vidéos ci-dessus montrent Morandini discutant de l'affaire Sevran et Pascal Sevran disant des âneries à Isabelle Alonso.

mercredi 06 décembre 2006

Sir Julien Dray!

Je viens de lire dans le Nouvel Obs cette accrochage qui aurait eu lieu entre Julien Dray et un membre du CRIF en Israël qui a ete reporte par le quotidien Haaretz:

"C'était un moment très embarrassant. La scène : un salon de l'hôtel du Roi David à Jérusalem. Les acteurs : le porte-parole de Ségolène Royal, Julien Dray et un représentant du CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France. "Je n'ai rien à vous dire!", déclare Julien Dray avec véhémence au représentant juif stupéfait. "Vous avez vendu votre âme à l'autre bord ; nous n'avons rien à voir avec vous. Retournez chez votre ami Nicolas Sarkozy, c'est votre propriétaire".

Le représentant CRIF a essayé avec toute sa force de convaincre Dray que son organisation prennait une position absolument objective en ce qui concerne la course à la présidentielle. Mais Dray a persévéré dans ces attaques. "Vous allez payer chèrement pour votre rassemblement unilatéral", a-t-il crié en sortant. "Ségolène sera présidente et vous devrez prier pour qu'elle vous reçoive"."

Un seul mot pour Julien Dray : Bravo ! Je disais en début de semaine que je regrettais le parti pris du CRIF dans cette supposée polémique autour du voyage de Ségo et surtout ce qui m’a choquée est le fait de lire dans certains journaux que Sarkozy était le candidat naturel des électeurs juifs ! Qu’est que cela veut dire ? Que l’appartenance religieuse ou communautaire est plus importante que tout et que désormais les politiciens Français devront non pas parler aux Français mais parler aux Catholiques, aux Protestants, aux Juifs, aux Musulmans, aux Noirs. Apparemment la devise du moment n’est donc plus vive la différence mais rien que la différence. Et après ces mêmes journaux et ces mêmes personnes nous feront la leçon sur le communautarisme. J’ai souvent l’impression que le communautarisme ne devient quelque chose de négatif que lorsque le contenu du message des représentants autoproclamés d’une communauté fait peur ou met le reste de la société mal à l’aise parce qu’il est jugé trop réfractaire.

lundi 04 décembre 2006

Ségo, la droite, et Israël

En écoutant tous ces députés de l’UMP et les adversaires de Ségo essayer de créer une polémique sur les propos intolérables d’un député du Hezbollah au Liban, je me suis qu’ils n’ont encore rien compris à ce qui faisait la force de Ségo. Beaucoup ont dit qu’elle avait commis une gaffe en ne quittant pas la salle immédiatement mais on comprend bien qu’en fait le but de toutes ses attaques est de donner à Ségolène Royal une image de gaffeuse qui ne connaît rien à la politique étrangère et qui surfe sur les sujets sérieux parce qu’elle n’a rien à dire ou plutôt parce qu’elle ne les comprend. Ce qui me fait rire est que MAM (Alliot-Marie), Hervé de Charette (qui a accusé Ségo d’avoir affaibli le Liban, ce qui me rassure quant à son habilité à le revigorer), et Douste Blazy pour n’en citer quelques uns de ces petits politiques est qu’ils essayent de nous faire croire qu’ils aiment plus Israël que les autorités Israéliennes qui ont reçu Ségo. Ces gens là ne se rendent pas compte qu’ils jouent avec le feu et qu’en continuant de créer ce genre de polémique de bas étage, ils vont faire perdre l’élection présidentielle à leur camp. Sarkozy devrait rappeler ses chiens et les remplacer par des requins qui au moins sauront faire autre chose que de cracher dans le vide. Cette affaire me rappelle un épisode lointain qui s’était passé lors d’un voyage d’Hillary Clinton en 1999 dans les territoires Palestiniens. Hillary Clinton alors pensait sérieusement se présenter pour être Sénateur de New York et elle assistait à un discours fait par la femme de Yasser Arafat, Souha. Dans le discours de celle-ci, elle proféra des accusations graves contre Israël comme celle d’empoisonner l’eau que boivent les Palestiniens afin de tuer le plus d’enfants possibles. Hillary Clinton après ce discours l’embrassa et cette bise créa une polémique énorme non seulement à New York mais aux Etats-Unis. Pourquoi n’avait-elle pas condamné les propos de Madame Arafat ? Demandaient certains et beaucoup d’autres disaient que son silence pouvait qu’elle ne comprenait rien à la politique étrangère et qu’elle avait des préjugés contre Israël. Eh bien, aujourd’hui personne n’oserait dire cela car elle a prouvé que cette petite polémique n’avait aucune valeur.

Dans cette histoire, ce que je déplore est le fait que le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) ait choisi d’intervenir dans cette polémique inutile en critiquant Ségo parce qu’en faisant cela il a montré qu’il était possible de l’instrumentaliser à des fins politiques. Je regrette aussi que des sujets aussi graves que la stabilité du Proche-Orient, soient politisés en France d’une manière qui prouve que les politiques n’ont pas conscience que lorsqu’on joue avec eux, ils finissent toujours par nous exploser à la figure. François Brutsch (via un swiss roll) a un excellent billet sur l’hypocrisie de la droite Française dans cette affaire que je vous recommande vivement.

mercredi 29 novembre 2006

Donner un zéro à Karl Zéro


Karl Zéro a du talent cela est indéniable mais ce qui me gène dans cette vidéo est le fait qu’il l’utilise pour crédibiliser des thèses de complot par rapport au 11 Septembre qui ont été prouvées fausses. Je n’accuse Karl Zéro de rien sinon que d’être ce qu’on appelle en anglais a fabulist, c'est-à-dire qui préfère voir le complot, des conspirations partout plutôt que de regarder la réalité en France. Après tout il faut admettre qu’il est plus sexy et moins dérangeant de croire que quelques personnes équipées d’un cutter est pu terrifier l’Amérique que de croire que des éléments plus puissants sont derrière cet attentat. Trop de gens ont du mal à accepter que les forts puissent être de temps à temps à autre des victimes et que le mal puisse leur tomber dessus sans qu’ils l'aient cherché ou provoquer. Ce qui est malsain dans la volonté de Karl Zéro de soutenir des gens qui croient des théories qui sont idiotes et dangereuses est qu’elle prive les Américains et les victimes du 11 Septembre du droit de faire le deuil en paix en polluant avec le doute et les préjugés plus ou moins toxiques leur douleur. Les tours du World Trade Center et le Pentagone sont probablement trop loin de l’imaginaire de Karl Zéro pour qu’il puisse comprendre que son attitude est infâme et qu’on n’a pas le droit de jouer de manière irresponsable et désinvolte avec des événements aussi catastrophiques et déterminants que le 11 Septembre. Cela ne veut pas dire déifier l’Amérique et accepter toutes les actions de son gouvernement mais cela veut dire accepter qu’une tragédie n’est pas un yoyo sur lequel on a le droit de se masturber intellectuellement.

mardi 28 novembre 2006

Les dérives du BHLisme

J’ai des sentiments ambigus envers BHL qui vont d’une admiration sans passion pour l’intellectuel qu’il est à un certain malaise devant ce que je crois être son complexe de supériorité et cette facilité presque artistique qu’il a pour assigner des rôles de bons et méchants aux uns et aux autres en se donnant toujours le beau rôle. Je ne fais partie de ceux qui détestent BHL et qui pensent que c’est un hypocrite et un snob. Je ne fais pas non plus partie de ceux qui montrent du doigt sa soi-disant fortune comme un mal en sous-entendant qu’elle est une preuve de sa mauvaise foi et du fait qu’il fait non seulement partie de la gauche caviar mais aussi de ces intellectuels qui ne connaissent rien de la vraie vie. Je ne pense qu’il faut venir d’un certain milieu pour être intellectuel et d’ailleurs BHL a prouvé qu’il avait du cran en allant sur le terrain que ce soit en Bosnie en pleine guerre ou au Pakistan pour étudier les zones d’ombres du meurtre de Daniel Pearl. Ce qui me gène chez BHL est parfois la simplicité de ses analyses qui le conduit parfois à faire une psychanalyse de pacotille dont il se sert pour justifier des conclusions douteuses et parfois scandaleuses. C’est ce qu’il a fait dans son bloc note dans le point sur Ségolène Royal en faisant d’elle non pas une politique qui a des défauts et des ambiguïtés mais un personne qui risque de retourner la France vers le Pétainisme. Morceaux choisis :

Je passe sur le personnage de Ségolène Royal elle-même, ce mixte instable de démagogie et de caractère, de narcissisme extrême et de vraie audace politique - je passe sur ce côté Blanche-Neige et Dame Blanche, Jeanne d'Arc pour âge cathodique et Immaculée Conception néosocialiste, je passe sur ce « ralliez-vous à mon tailleur crème ! inscrivez-y vos rêves, doléances et désirs d'avenir ! » que décrit Marc Lambron dans un portrait qui paraît ces jours-ci (« Mignonne, allons voir... », Grasset) et dont je recommande vivement la lecture. (…) Ou bien elle suit, au contraire, l'autre pente - elle sort, en effet, des robespierrismes, marxismes, etc., mais en suivant cette deuxième pente qu'elle appelle la nostalgie de l'« ordre juste » et qui lui a fait commettre, déjà, ses premiers faux pas : les profs, tous cupides et paresseux ; les intellectuels transformés au mieux en « experts », au pire en « personnes-ressources » ; l'affaire des jeunes délinquants encadrés militairement ; celle des élus qu'il conviendra, au nom de la nouvelle « démocratie participative », de faire surveiller de près par des jurys tirés au sort ; sans parler de toutes les questions difficiles, type entrée de la Turquie en Europe, dont elle ne craint pas de nous dire que ce sera à l'Opinion, c'est-à-dire aux Sondages, de décider le moment venu la façon dont on les arbitrera ; Mme Royal croit-elle vraiment cela ? est-elle cette opinionomane résolue ? cette girouette de l'idéologie tournant au gré de l'air du temps ? aurait-elle attendu de savoir ce que disaient les sondages avant de légiférer, comme Simone Veil, sur l'avortement ou, comme Robert Badinter, sur la peine de mort ? pense-t-elle, comme son conseiller Arnaud Montebourg, que nous entrons dans un temps de turbulence où compétence et expérience peuvent devenir, sic, de sérieux handicaps ? si elle le croit, c'est terrible ; si elle ne le croit pas mais croit seulement que c'est ce que ses futurs électeurs entendent et veulent qu'elle croie, c'est presque plus terrible encore ; car il y a dans tout cela un côté « l'oeil du Poitou voit juste et le terrain, lui, ne ment pas » qui, pour le coup, ne rassure guère ; il flotte autour de ce royalisme-là, garanti province contre Paris et 100 % tradition française, un parfum de « travail, famille, matrie » qui n'augure, réellement, rien de bon.

BHL a un côté manichéen qui est presque aussi fort que celui des néoconservateurs dans le sens où il considère que le bien et les bons ont le droit à l’erreur et que les mauvais quoi qu’ils disent quoi qu’ils fassent resteront mauvais. C’est une logique qui a le mérite d’être claire mais qui me parait être dangereuse surtout lorsqu’elle le mène à faire de Ségolène un potentiel monstre ou plutôt un dictateur potentiel. Tous ceux qui lisent ce blog savent que je suis une Ségoliste enflammée mais ma Ségolâtrie ne m’empêche jamais d’admettre qu’il a de bonnes et de légitimes raisons de ne pas être Ségoliste et que je ne vois pas Ségolène comme beaucoup voient le pape, c’est à dire comme quelqu’un qui est le représentant de Dieu sur terre. Cependant je pense être juste lorsque je dis que BHL encore une fois à laisser ses sentiments avoir raison de sa raison et le mener à faire de Ségolène une menace réelle au même titre que Le Pen (c’est ce qu’il sous-entends). Daniel Schneidermann fait une analyse cinglante des accusations de BHL contre Ségolène :

Mais l’accusation de BHL est autrement plus grave. Même s’il ne l’écrit pas ainsi, il est clair que BHL s’apprête à jeter sur la candidate le grand anathème du vichysme.

"La terre ne ment pas", disait Pétain. "Le terrain ne ment pas", fait dire BHL à Ségolène.

CQFD. La cause est donc entendue. C’est dans l’effroyable et grouillant terreau pétainiste, que le ségolisme plonge ses racines.

Comment ? Voici une femme politique qui a osé être élue au suffrage universel députée des Deux Sèvres, et présidente d’un conseil régional et qui, ne se contentant pas de raser les murs poitevins, pousse l’audace jusqu’à tenter de transformer l’essai au niveau national ?

Comment ? Voici une responsable politique qui ose proclamer sa victoire en direct de la salle des fêtes de ce repaire de cagoulards, de croix-de-feu, de miliciens, et de collabos, qu’est la sinistre bourgade de Melle (Deux Sèvres) ?

Comment ? Voici une femme politique qui, non seulement, semble apte à survivre loin du boulevard Saint Germain, mais parait même y prendre plaisir ?

Non, on ne trompera pas l’odorat de BHL, qui a sû renifler le parfum de "pureté dangereuse", "d’idéologie française", et de "travail, famille, matrie" (la formule la plus grandiose inventée depuis longtemps), qui émane de toute la personne de cette scandaleuse mère de quatre enfants.

Non, camarades ! Le fascisme du chabichou ne passera pas !

Parfois BHL donne l’impression que sa conscience et que ses mains sont aussi blanches que ses chemises. C’est bien cela qui m’a toujours empêcher de vraiment me laisser séduire par son personnage parce que je sentais chez lui l’impossibilité de penser autrement qu’en catégorisant et en jugeant les autres. BHL est un moralisateur et ce ne serait pas un tort si son miroir ne lui servait qu’à admirer sa chevelure bien garnie plutôt qu'à examiner sa conscience. Encore une fois, BHL a plus souvent raison que tort mais le problème est qu’il glisse sur ses erreurs comme trop de gens glissent sur son talent en refusant d’admettre qu’il est un des plus grands intellectuels Français. Je ne l’aurais jamais dit il y a quelques années mais je préfère Glucksmann à BHL.

lundi 20 novembre 2006

Vivre dans un monde propre


Bon, c’est vrai que ce film n’est pas objectif et que l’on sait qui ou plutôt quoi il vise. Je pense cependant que dans nos sociétés, il existe un risque certain que des peurs plus ou moins légitimes nous mènent à des dérives qui créeront un monde aseptisé pour créer plus de sécurité. Le concept de tolérance zéro est donc idiot et dénoué de sens car une société n’a pas à tolérer des actes illégaux et des choses qui la mettent en danger. Elle peut châtier, chercher à comprendre et à expliquer et prendre en considération le fait qu’il existe des circonstances atténuantes ou aggravantes mais pas tolérer, accepter ou pardonner car cela appartient aux victimes. C’est aux victimes qu’il appartient de pardonner ou de ne jamais oublier. La societé doit tout faire pour éviter, pour punir et surtout par faire en sorte qu’il n’y ait pas de récidive. La vraie question se trouve au niveau non seulement des outils utilisés pour accomplir ces objectifs mais  aussi des moyens investis.

Je ne veux pas vivre dans un monde propre parce que je pense que le fait même que la merde existe prouve que la liberté humaine et le libre arbitre existent et continuent en dépit de leurs conséquences qui peuvent être désastreuses d’être des principes qu’il faut à tout prix perpétuer. C'est cela que Camus voulait dire lorsqu'il parlait du refus pour l' être d'accepter de devenir un Dieu. La liberté de penser, la liberté de cracher, de dire et de faire des conneries, d’être une crapule, un petit facho, d’être Sarkozyste, Lepéniste, Ségoliste, Mélenchoniste, communiste, trotskiste. Toutes ces libertés doivent continuer d’exister du moment que leur seul violence reste celle des mots même si bien sûr le fait que tout est permis ne veut pas dire que rien n’est défendu et que le droit ne doit avoir aucune place dans nos sociétés. Je crois que les confrontations lorsqu’elles sont non violentes sont utiles parce qu’ils forcent alors les uns et les autres à justifier leurs croyances et leurs convictions et surtout à convaincre. Je me demande parfois si le malaise qui existe dans nos sociétés modernes ne vient pas du fait que justement « nous » avons oubliés que rien n’était acquis et qu’il fallait ne jamais oublier que le devoir de convaincre qui est primordial pour faire durer le pacte républicain. Celui-ci, alors qu’il est la colle qui nos sociétés de plus en plus diverses, risque d’exploser si nous ne redécouvrons pas nos valeurs communes. Nous devons réapprendre à convaincre les plus démunis et les désaxés d’entre nous  et  toutles exclus que ce ne sont pas ces valeurs nobles qui sont responsables du mal qui les ronge mais plutôt le fait que la société a choisi ou préféré tempérer ses idéaux plutôt que de tout tenter pour les réaliser en sacrifiant le bien-être d'une partie de ses membres.

jeudi 09 novembre 2006

Chirac a tué le Gaullisme

Gaulle

Le Gaullisme n’existe plus, c’est une idéologique morte que Chirac, les siens et les anti-sarkozistes essayent vainement de ressusciter pour se donner une légitimité et donner une noble raison d’être à leur anti-Sarkozysme. Depuis la mort du Général de Gaulle dont on commémore le 36 anniversaire, le Gaullisme a perdu peu à peu de sa puissance parce que tous les héritiers légitimes du Général et ceux qui prétendent l’être n’ont pas su l’adapter au nouveau monde et se sont contentés d’en faire un slogan rassembleur alors qu’il devenait évident que cette idéologie devenait incomplète et archaïque parce que personne n’osait, de peur de toucher de la désacraliser, de l’adapter aux temps moderne. Le mérite de Sarkozy est d’avoir compris cela et d’être sorti de ce piège idéologique qui condamnait la droite à se tourner sans cesse en arrière sans oser dire que le meilleur restait à venir et que le passé n’est pas parfait. Chirac, MAM, Debré et les autres ont donc tué le Gaullisme en faisant de cette idéologie l’écran protecteur de la Chiraquie et cela a contribué à l’affaiblir puisque le leitmotiv de la Chiraquie est la lutte pour le pouvoir et non l’action. C’est bien pour cela que Chirac n’est jamais autant habile et entreprenant que lorsqu’il joue sa carrière politique et qu’alors il use du Gaullisme pour s’agrandir et pour faire croire que sa vitalité servira à la France. Les Gaullisme eux –mêmes ont compris que leur idéologie ne valait plus grand-chose puisqu’ils ont liquidé le RPR pour créer ce gros machin sans personnalité qu’est l’UMP. Ils auraient dû avant de le faire étudier l’exemple Américain et comprendre que créer un grand parti rassembleur cimente les différences mais surtout tuent les idéologies qui font beaucoup de bruit sans vouloir rien dire. Aujourd’hui le Sarkozysme a beau être contesté et contestable mais il a une légitimité et un sens dans le monde d’aujourd’hui. Le Gaullisme est comme le communisme dans le sens où il existe parce que les gens son nostalgique et ont trop de mal à admettre que des idéaux qui ont tellement de poids historique puissent mourir. Je suis sûre que le Général de Gaulle ne se retourne même pas dans sa tombe en regardant le spectacle que donnent ceux qui se réclament de lui. Il doit plutôt rire de leur manque de cran, de talent et surtout trouver dangereux et parasitique le fait que son héritage leur serve pour justifier leur immobilisme et leur peur du risque.

mardi 31 octobre 2006

Les dangers de la justice spectacle

Alcatraz_1 

J’ai vu quelques images des suspects de ce crime ignoble de Dimanche à Marseille. Je suis frappée par le fait que Villepin et d’autres annoncent que les suspects du crime sont les responsables de ce crime et surtout par le fait que les medias étaient présents lors de l’interpellation de ces suspects. Je me pose cette question que fait-on de la présomption d’innocence et comment ces jeunes qui sont peut-être innocents se défendront-ils alors que le chef du gouvernement et les médias les ont déjà pointé du doigt en disant comme Fabius, « les salopards » c’est eux. Une des choses qui rend le système judiciaire américain moins efficace et qui fait qu’il est de plus en plus difficile pour monsieur ou madame tout le monde de se défendre est la surmédiatisation. La justice n’est plus le domaine où seul un juge et des jurés décident de la culpabilité d’un accusé mais plutôt une feuilleton à l’eau de rose où des journalistes et des politiques donnent leur opinion alors que la plus part du temps ils ne savent non seulement rien du droit ou de l’affaire en question et que leur but est de laisser l’émotion substitue la raison. Je suis d’accord pour dire que trop souvent on oublie les victimes en les rendant soit responsables ou complices du crime qui les a fait tombé mais cependant si tout suspect est traité comme un criminel alors on devrait laisser libre cours à la passion et laisser la population et les victimes se faire justice en débit des valeurs de nos sociétés civilisées et démocratiques. Aux Etats-Unis, il est de plus en plus difficile pour les pauvres et les banlieusards de compter sur le système judiciaires car pour se défendre contre des accusations, on doit utiliser le droit dans un tribunal mais aussi entrer dans l’arène meurtrière qu’est le domaine public. Cela coûte cher et cela rend la tâche des avocats plus difficile car ils savent que lorsque l’opinion et les médias sont contre leur client, il devient très difficile pour les jurés et le juge de braver la société et de ne suivre que la loi. Je me demande comment ces jeunes vont se défendre alors qu’ils seront seuls contre tous. Je pense que cette question dépasse celle de leur culpabilité parce que je pense qu’un système judiciaire qui fonctionne doit faire en sorte que la présomption d’innocence est respectée et que surtout doit placer le risque du côté car tout doit être faire pour empêcher que des innocents se retrouvent en prison.

mercredi 18 octobre 2006

Gérard Miller contre Marc-Edouard Nabe : le bobo et le salaud


Je suis rarement d’accord avec Gérard Miller mais je pense qu’il a eu raison de confronter Marc-Édouard Nabe sur ses écrits haineux. Je regrette que Nabe ait préféré quitter le plateau plutôt que lui répondre. En tant qu’Américanophile, je trouve les propos et surtout l’écriture de Marc-Édouard Nabe détestable parce qu’il justifie l’injustifiable au nom de l’oppression et la misère même s’il le fait avec talent et avec esprit. Je suis d’accord avec ceux qui disent que les faibles n’ont pas de voix et qu’il y a des points de vue minoritaires qui doivent être entendus. Cependant je considère que haïr l’autre sous prétexte qu’il a un jour été coupable et dire que les faibles ont toujours raison et sont toujours des victimes et les forts ont toujours tort et sont toujours coupables est non seulement réducteurs mais dangereux. Je suis aussi contre cette manie qu’ont les Européens de légiférer les opinions pour censurer les points de vue dangereux lorsqu’ils s’attaquent à des choses sacrées comme la Shoah ou encore plus récemment le génocide arménien parce que je pense qu’elles produisent l’effet contraire. David Irving le célèbre négationniste fait son fond de commerce sur ses nombreuses inculpations, Le Pen aussi d’ailleurs en se décrivant comme la victime de la pensée unique. Il ne faut pas faire des gens qui haïssent des victimes et les laissé ainsi attirer les ébranlés et les exclus de nos sociétés en leur offrant le fruit défendu. C’est justement parce que je pense que la vision que défendent Nabe, Soral et Dieudonné ne peut être défendue que je crois qu’elle doit être mise dans la lumière pour être mieux combattue. Nabe en quittant le plateau de Ruquier a refusé le débat parce qu’au fond il valait mieux pour lui et pour ses fans se dire qu’il était la victime d’une machination au lieu de profiter de la lumière pour défendre son point de vue qui est indéfendable. Les sociétés modernes ne doivent pas avoir peur des réacs, des salauds comme le disait Miller, ou même des haineux manipulateurs. Elles doivent les combattre en leur mettant face à leur logique car de toutes les façons, la haine est toujours autodestructrice, c’est pour cela qu’elle préfère se terrer dans l’ombre.

Madonna, les orphelins Africains, et l’hypocrisie du monde

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Je dois malgré moi dire quelques mots sur cette fausse controverse autour de l’adoption de Madonna d’un petit garçon Malawien. Comme tous ceux qui lisent ce blog le savent je suis une fan inconditionnelle de Madonna mais je connais surtout bien l’Afrique et c’est pourquoi les réactions de beaucoup de ces snipers professionnels dont le but est de détruire tout ce qui sort de leur logique me révoltent. Je pense qu’avant de débattre sur la question il faut donner deux précisions. La première que le Sida, les guerres, la misère et d’autres fléaux ont rendu orphelins énormément d’enfants Africains. La deuxième est qu’une des raisons principales pour lesquelles ces enfants sont cantonnés dans des orphelinats est qu’ils ne sont la priorité de personne même pas de leur gouvernement et que l’adoption en Afrique reste une pratique rare car elle n’est pas encrée dans les moeurs. Le sang en Afrique est quelque chose de sacré et si les familles Africaines sont prêtes à s’occuper des enfants de leurs nombreux membres, elles ne sont en revanche pas prêtes à accepter d’intégrer ceux des autres. Les orphelins Africains sont donc condamnés à vivre dans un orphelinat lorsqu’ils sont chanceux ou dans d’autres conditions qui sont invivables. Il me parait donc d’une stupéfiante hypocrisie d’entendre des gens débattre sérieusement de l’acte de Madonna comme si elle avait volé cette enfant et surtout comme si en cherchant à lui donner non seulement son amour, elle avait fait quelque chose d’intolérable. Les organisations de Malawi osent s’insurger du fait qu’elle ait reçu un traitement de faveur comme si c’était cela le plus important et comme si Madonna n’était pas digne de leur pays alors que celui-ci a besoin de toute l’aide dont il a besoin. Madonna va construire un orphelinat au Malawi mais tout est considéré comme négligeable parce qu’on parle de cet enfant comme de sa nouvelle chose comme si beaucoup de ceux qui pointent du doigt Madonna donne de l’argent à des associations pour qu’elles aident les orphelins à leur place car après tout l’Occident est trop compliqué pour eux et les dénaturera. Madonna a choisi d’adopter un enfant Africain alors qu’elle aurait pu adopter un enfant Américain ou Chinois sans devoir face à cette tempête médiatique et sans savoir que si cet enfant devient autre chose qu’un être modèle elle sera lapidée. Beaucoup d’Africains ont ce complexe de supériorité qui leur fait penser qu’il est préférable pour leurs orphelins de vivre une vie misérable chez eux sans l’amour d’une famille que d’avoir la chance d’être choyé, aimé et accepté par une famille Occidentale qui a tant envie de les aimer et de les élever. Parce que je ne crois pas à la supériorité du sang et que je crois que la culture et les traditions sont moins importantes que la vie que je pense que tous ces pays Africains qui interdisent aux étrangers d’adopter leurs orphelins commettent de graves erreurs. Ces jeunes orphelins ont le droit d’avoir un avenir et surtout l’Afrique ne peut pas se permettre de leur en refuser un au nom d’une fierté ridicule et qui ignore ses réalités. L’Afrique a besoin de tout l’aide possible et c’est pour cela que si une célébrité peut aider, j’accepterais même de voir Paris Hilton défiler dans les rues de Yaoundé ou d’Abidjan si en faisant cela le monde faisait plus attention à l’Afrique et plus de gens y investissait de l’énergie et de l’argent. Il est facile de juger les célébrités et de dire que leurs actes sont faits pour attirer de la publicité. Madonna est déjà mère de deux enfants et elle sait qu’élever un enfant n’est pas facile, cependant elle a fait un choix que j’aimerais plus de femmes, d’hommes, de couples qu’ils soient célèbres ou pas, hétéros ou homos, fassent en donnant une chance à un enfant qui sans eux, sans leur appui, leur amour, n’aurait pas d’avenir.

lundi 09 octobre 2006

Ne pas laisser mourir l'oeuvre d'Anna Politkovskaïa

Les plus beaux et les plus émouvants mots écrits sur l'assassinat sauvage d’Anna Politkovskaïa (qui sera enterrée) sont ceux de Pierre Assouline qui nous rappelle pourquoi le meurtre d’un journaliste écrivain n’est pas un meurtre comme les autres :

Plutôt que journalisme d'investigation, appelons cela "journalisme dans le motif" car elle n'a jamais hésité à abolir la sacro-sainte distance entre l'observateur et l'observé, à entrer dans le cadre et à mettre les deux pieds dans la boue, quitte à devenir acteur du drame pour mieux raconter cet innommable dont l'Occident s'est au fond bien accommodé. Ni concession ni compromis. D'un texte à l'autre, c'est une seule et même dénonciation radicale du Kremlin et de son bras armé, appuyée sur des témoignages accablants et des observations personnelles. Articles ou livres, le talent est le même, dans la lignée des grands reporters-enquêteurs d'autrefois. Inutile de citer des noms prestigieux, ils parasiteraient le seul nom qui doit briller là. Le sien, maintes fois couronné ces dernières années un peu partout dans le monde pour le regard unique qu'elle a su poser sur cette sale guerre. Elle s'appelle Anna Politkovskaïa, elle a 46 ans et elle écrit dans Novaïa Gazeta. On a retrouvé son corps criblé de balles dans le hall de son immeuble ce matin à Moscou. Un pistolet Makarov 9mm, arme préférée des exécuteurs russes, a été retrouvé près de son immeuble. Une enquête a été ouverte pour meurtre avec préméditation. N'oubliez pas son nom et lisez ses documents-choc, c'est le meilleur moyen de lui rendre hommage. Notre admiration inconditionnelle est acquise au journaliste-écrivain russe qui se lancera dans une enquête sur l'enquête.

lundi 02 octobre 2006

Wonder Woman et Madame propre : Ségolène et les mains sales

Tout ce tapage autour de cette fausse nouvelle polémique du Rainbow Warrior me rappelle cette expression qui est trop populaire pour ne pas être un cliché beaucoup de bruits pour rien. Le frère de Ségolène Royal aurait posé la bombe qui avait coulé le Rainbow Warrior il y a plus de 20 ans et ceci est une information importante pourquoi ? Parce que sa sœur veut devenir la première femme présidente de France et qu’apparemment d’après certaines personnes Ségolène Royal ne peut le devenir si elle n’est pas omnipotente et si elle n’a pas le pouvoir de contrôler les faits et les gestes de sa grande famille. Quelque chose me dit que ce scandale a été crée par des gens de gauche (pourquoi ? parce que les autres candidats peuvent tous faire semblant de la soutenir sur ce sujet en espérant que l’information montrera aux Français que Ségo n’est pas vierge) car je pense que lorsque la droite voudra taper sur Ségo, elle le fera avec des méthodes plus efficaces. En politique, très peu de choses sont hors sujet du moment qu’elles nous donnent des précisions utiles sur le candidat ou ici en l’occurrence la candidate. Il se peut qu’en osant croire qu’elle pouvait diriger la France, Ségo a déclaré l’ouverture d’une véritable chasse à la femme. Nous savons tous comment on fait tomber une femme. On lui crache dessus. On l’accuse de n’être qu’une belle image, d’être naïve comme bien sûr toutes les femmes et de voir la vie en rose contrairement à Sarko qui lui est un homme qui sait que le monde est noir et qui pourra donner des coups, et enfin lorsqu’elle se conduit en femme politique, on lui dit qu’elle est comme les autres car après tout pour être élue une femme doit être exceptionnelle. Ségo aurait beau être la vierge Marie qu’on lui reprocherait de ne pas être Jésus.

mardi 12 septembre 2006

Quel Allumeur, ce Jospin !

Jospin

J’ai toujours du mal à dire du mal de Jospin et lorsque je le fais, c’est parce que je n’arrive pas à me mordre la langue mais après l’avoir vu sur France 3 sur le plateau de France Europe Express, je n’arrive pas me taire. Jospin donne l’impression de quelqu’un essaye désespérément de se faire désirer par une femme qu’il a lui-même abandonnée. C’est la raison pour laquelle il avance finement en donnant des signes ici et là qu’il souhaite revenir. Mais le problème est que cette stratégie renforce ce côté nonchalant qui me fait peur chez Jospin car il semble moins avoir envie de devenir président que de voir une autre socialiste, en l’occurrence Ségolène Royal, le devenir à sa place. Jospin me fait penser à un de ces vieux hommes qui pour se rassurer qu’ils puissent encore séduire se lance dans un jeu ridicule afin d’eveiller ou de créer le désir. Ce jeu dont le but est d’aguicher inapproprié étant donné l’âge et l’expérience de Jospin et surtout étant donné le feu qu’il a déjà eu une histoire avec la France et les Français. Finalement, c’est Villepin qui avait raison lorsqu’il déclarait, «la France a envie qu’on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l’emportera à la prochaine élection, ce ne sera pas un permanent de la politique, mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur. » Jospin se contente de flirter avec elle comme si l’envie, le désir, la passion qu’il faut pour « prendre » la France lui faisaient défaut. Guy Birenbaum a une pétillante analyse du cas Jospin qui vaut la peine d’être lue.

jeudi 31 août 2006

Cachan et la Nausée

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Le Bondy Blog a un billet intéressant qui humanise toutes ces personnes « sales » de Cachan dans lesquelles la France ne se retrouve pas ou ne se reconnaît pas. C’est vrai que les images de Cachan ne sont pas belles et surtout sentent mauvais. Ces images montrent surtout que le mélange entre couleur, misère, immigration et propreté est non seulement explosif mais profite plus au Front National puisqu’il montre que d’une certaine façon il existe une France qui est encore plus misérable et plus crasseuse que la France d’en bas. Celle-là n’intéresse personne parce qu’elle est apolitique et surtout parce que beaucoup pensent qu’il est encore temps de la faire disparaître. Cachan me fait penser à la Nouvelle Orléans, à ses quartiers qui empestent et qui ne seront jamais reconstruits parce que les gens qui y vivent sont comme les déchets qui s’entassent dans les lieux où ils ont vécus toutes leurs vies : jetables. Le problème de Cachan n’est donc pas à mon avis un problème d’immigration mais d’intégration et la vraie question est la suivante : comment est-il possible tant de personnes dont la couleur de peau est la même que celle de Thuram ou de Zidane puissent avoir vécues aussi longtemps ensemble dans un squat qui empeste dans lequel même le diable ne laisserait pas vivre ses esclaves, que même l’imagination excentrique de Dante n’aurait pas créé ? Dans la Nausée de Sartre, Roquentin nous parle du sentiment inconfortable que nous ressentons tous lorsque nous sommes confrontés à notre propre liberté et à cette vérité appauvrissante qui nous rappelle que c’est nous qui choisissons qui nous sommes et qui faisons notre monde. Les politiques et les autres n’ont-ils donc pas créer Cachan parce qu’il était plus facile d’exiler, de « communitariser » cette laide France entre les murs d’un immeuble insalubre pour empêcher que ces gens qui viennent d’ailleurs n’infectent de leur vermine la vraie, la pure, et la belle France ? 

mercredi 30 août 2006

A quoi sert une université d’été ? A Pioncer !

Les universités d’été me font penser à un de ses rites anciens et surtout dépassés dont le but est d’unir ou de se désunir autour d’un chef en lui embrassant les pieds ou en le découpant en petits morceaux qu’on voulait le faire les « sauvages » au début de la deuxième partie des Pirates du Caraïbes en essayant de manger Johnny Depp. Le PS est sorti désuni de son université d’été et l’UMP sortira de la sienne en extase devant Sarkozy. Le fait que même des groupes comme Attac et le Medef ont des universités nous montrent bien qu’elles ne servent absolument à rien surtout lorsqu’elles surviennent à plus de huit mois d’une importante élection et à un moment où tout peut encore arriver. Il est déjà tellement difficile de voir un politique bégayer devant un micro parce qu’il (elle) n’a rien à dire ou plutôt parce qu’il y a des choses qu’il n’arrive pas à dire de peur de perdre une élection, il est encore plus pénible de voir des politiques réunis dans une bulle transparente imbécilement heureux et surtout inconscients du triste spectacle qu’il nous donne.

lundi 28 août 2006

Ségolène, le féminisme, la chasse aux sorcières, et la gauche

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Le triste et troublant spectacle de la Rochelle m’a rappelé pourquoi je n’arrive pas à être socialiste, pourquoi je me suis réfugiée au centre, et pourquoi j'admire Simone Veil, Bayrou et Kouchner. Je crois que le Parti Socialiste sans que beaucoup de ses membres ne s’en rendent compte traverse une période clé de son histoire qui définira non seulement son présent mais aussi son avenir. Ce qui m’attriste le plus lorsque j'observe la meute de chiens qui poursuit Ségolène Royal en essayant de la déchiqueter, est que dans celle-ci se trouvent beaucoup de femmes que j’ai trop longtemps admirées et préférées à Ségolène Royal.

Je pense notamment à Elisabeth Guigou qui ne semble pas digérer qu’une femme qu’elle a longtemps devancée et sous-estimée puisse non seulement séduire les Français mais leur donner l’envie de faire d’elle leur présidente. Guigou aujourd’hui nous explique avec une mauvaise foi sidérante que si les Français « aiment » Ségolène c’est qu’ils pensent qu’elle a seulement l’image du changement mais que c’est Jospin qui l'incarne. J’ai honte d’avouer qu’il y a quelques années, je pensais que Guigou était une meilleure politique que Ségo. Heureusement cette fausse impression s’est dissoute grâce à sa défaite à Avignon qu’elle a transformée en humiliation et en châtiment avec ses larmes et à son incapacité de tenir tête ne serait-ce que quelques secondes à Sarkozy lors de la défunte émission d’Olivier Mazerolle 100 minutes pour convaincre (celle du 9 Décembre 2002).

J’ai honte aussi lorsque j’entends Martine Aubry se permettre, pour défendre les 35 heures comme une mère aveugle et obsessionnelle protégerait son unique enfant, de cracher dédaigneusement sur Ségolène Royal en lui faisant une leçon de politique. J’ai honte lorsque je vois Anne Hidalgo et les autres ne pas hésiter à avoir des propos salaces pour faire tomber Ségolène sous prétexte qu’elle n’a aucun mérite.

Il y a quelque temps, Madeleine Albright disait qu’elle ne pensait pas que le monde serait plus juste et mieux gouverné s’il était dirigé par les femmes parce qu’elle se rappelait du lycée en faisant ainsi allusion au plaisir que tant de femmes prennent à faire chuter l’une d’entre elles lorsqu’elle se démarque d’elles et qu’il devient ainsi clair qu’elle peut devenir la fille la plus populaire du lycée. On comprend bien alors pourquoi le féminisme n’est vraiment qu’un instrument pour trop de femmes politiques dont elles se servent pour se créer une place au soleil et non pour donner la possibilité à plus de femmes d’obtenir le pouvoir. Certaines femmes ne sentent vraiment femmes que lorsqu’il s’agit de mordre et de défigurer l’une d’entre elles ou qu’il s’agit de se faire élire et de devenir la seule présente dans un monde d’hommes. Les attaques les plus misogynes, les plus sexistes et les plus cruelles contre Ségolène Royal ont été instiguées non par ses adversaires mais des femmes de gauche. Le fait que celles-ci se donnent la permission d’attaquer salement une des leurs dévoile deux vérités troublantes. La première est que les chiennes du PS reprochent vraiment à Ségolène d’avoir appris de leurs erreurs et d’avoir l’audace de penser qu’elle a les qualités qu’il faut pour gouverner en dépit du fait qu’elle s’est longtemps contentée d’être dans leur ombre et qu’elle a accepté honorablement de leur laisser la plus belle place devant les projecteurs. Aubry, Guigou, Hidalgo et les autres devraient se regarder dans la glace et laisser leur orgueil de côté pour reconnaître que Ségolène Royal sait une chose qu’elles ne savent pas : lorsqu’on peut élever brillamment quatre enfants dans la France d’aujourd’hui, une campagne présidentielle est un pique nique. Ce ne sera donc pas Ségolène que l’on verra, si elle n’est pas choisie par les militants du PS ou par la France, pleurer toutes les larmes de son corps comme si elle avait perdu l'un de ses enfants.

Valérie Pécresse nous montre qu’il est possible de critiquer Ségo en étant vache et injuste sans être acariâtre, jalouse et bêtement sexiste lorsqu’elle argue que Ségolène c’était l’image sans le son. Je lui réponds qu’il faut avoir l’âme d’un poète pour entendre le message de Ségolène et comprendre que parfois lorsqu’une image est trop belle, elle n’a besoin d’avoir de son. Ségolène est un poème inachevé dont les rimes s’écrivent petit à petit sans qu’on ait besoin de brusquer l’artiste qui l’écrit parce que les premières strophes laissent présager que son œuvre sera un chef d’œuvre.

La deuxième vérité est que la gauche qui aime donner de leçons de morale à la droite en parlant du cœur et d’humanité est profondément misogyne. Quoi d’autre expliquerait les dessous crapuleux de la Rochelle et de cette longue pré-campagne ? Quoi d’autre expliquerait la jouissance que prennent trop de socialistes au moindre faux-pas de Ségo en insistant qu’ils sont révélateurs de tous les défauts qu’on prête aux femmes innovatrices et ambitieuses la légèreté, le fait d'être sulfureuse, et surtout le manque de talent ? Ce que j’ai envie de dire aux Socialistes et aux personnes de gauche est que Ségolène n’est pas parfaite et qu' elle commettra des erreurs parce qu’elle est humaine et maternelle. La vraie question est celle de savoir si elle peut être à la hauteur de l’énorme tâche qui est celle non seulement de faire gagner le PS en le renouveler pour qu’il cesse d’être un parti réactionnaire et archaïque mais aussi de changer le monde en modernisant la France. Ségolène sera à la hauteur si les socialistes arrêtent ce jeu enfantin, malsain et destructeur qu’est la chasse au Ségolisme, s’ils cessent de chercher des raisons fictives qui justifieraient leur envie de rester déraisonnables, de ne pas lui faire confiance, et surtout d’épier ses moindres faits et gestes pour trouver la preuve que ce n’est pas un être humain ou une bonne politique mais une sorcière et une femme qui use d’imposture.

L’erreur que font les socialistes est de penser que le Ségolisme peut se confondre avec le socialisme version passéiste et que si Ségo n’est pas choisie ses partisans suivront ceux qu’ils auront désignés. Il n’en sera rien. La devise du Ségolisme naissant est SOR, c'est-à-dire Ségo ou Rien. Pourquoi ? Parce que comme pour tout mouvement jeune et futuriste, le Ségolisme est emblématique et se résume pour le moment en une seule personne Ségolène Royale. Les Ségolistes sont comme les fans de Madonna, farouchement loyales et surtout ils aiment leur reine plus qu’elle ne s’aime elle-même car elle est solidaire. Qu’est que cela veut dire ? Cela veut dire que comme les fans de Madonna auraient refusé hier soir à Bercy de voir le concert d’une autre star, les Ségolistes refuseront de suivre le candidat d’un parti qui aura non seulement rejeté leur leader mais qui aussi l’aura salie en lui faisant comprendre qu’elle n’était pas digne de lui. Je dis donc attention à ceux et surtout à celles (car il semblerait que ce sont aux femmes que le PS a confié comme une fois de plus dans l’histoire de poignarder et de défigurer l’une d’elles) qui pensent qu’ils vont pouvoir au bout d’un combat déloyal et meurtrier stopper le cours de l’histoire et enterrer vivant le Ségolisme. Les partisans du tout sauf Ségolène s’ils sont victorieux ne réussiront qu’à égoïstement et temporairement échapper à l’avenir pour se jeter niaisement dans la gueule d’un passé dangereux.

Une gauche qui répudie le Ségolisme se condamne (et surtout mérite) au Sarkozysme. 

mardi 22 août 2006

Basta Ya! La révolte n’est pas une politique

Olivier Besancenot m’exaspère même lorsqu’il exprime des opinions que je partage (c’est difficile de l’avouer). Pourquoi ? Parce qu’il refuse de grandir comme une trop grande partie de l’extrême gauche et le gauche qui s’entête à vouloir changer le monde avec des idées qu’il a rejeté et refuse le compromis en pensant que tout compromis est une compromission. Olivier Besancenot a beaucoup plus de choses en commun avec Sarkozy qu’on ne pourrait le croire. Ce sont tous les deux des passionnés dont l’image est fabriquée et polie avec soin et surtout ce sont des politiques qui pensent trop souvent que la politique se résume à faire des petits tours bien médiatisés et bien scriptée sur le terrain. Certes, Besancenot est sympathique mais pour autre chose qu’un politique fashion, il faut accepter de mettre les mains dans la farine et arrêter de dire qu’elle n’est pas assez blanche. La politique, ce n’est plus le bon sentiment ou que l’expression de cette révolte métaphysique qu’il exprime à chacune de ses interventions, la politique c’est faire des choix qui changent la vie des électeurs (qui l’améliorent lorsqu’elle est bonne) et accepter que parfois le père Noël est une ordure.

mardi 15 août 2006

L’imbécillité et le sensationnalisme : Pointer d’un doigt sale Steven Spielberg

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Je viens juste de lire le court « article » d’Olivier Bonnet qui accuse Steven Spielberg d’avoir choisi son camp. Ma première réaction est brutale : Olivier Bonnet est un imbécile ou juste un ignorant qui joue perfidement le rôle de Zola. Si je comprends bien pour Olivier Bonnet, deux camps existent, celui des bons et des méchants, celui des arabes et des juifs et celui des hommes et des sous-hommes. Pour Olivier Bonnet, Spielberg en choisissant d’aider « les juifs » qui sont des êtres humains comme les autres, fait un mauvais choix parce qu’il ne demande pas pardon pour les « crimes » de l’état d’Israël en aidant les Libanais mais s’en rend complice en choisissant d’aider des Israéliens . C’est tout simplement scandaleux ! Comment en est on arrivé à juger la valeur d’un geste humanitaire en fonction de la nationalité ou de l'ethnicité des personnes assistées? Si Steven Spielberg n’aidait pas les victimes Israéliennes, qui les aiderait ? Certainement pas des personnes comme Olivier Bonnet qui pensent que lorsqu’on est Israélien on n’a pas le droit à la compassion. Steven Spielberg est un humaniste. On le voit à travers ses films. L’accuser d’avoir choisir le mauvais camp parce qu’il aide des victimes Israéliennes est d’une grande lâcheté morale parce que cela prouve qu’on a décidé d’arrêter de penser juste pour juger, haïr et détruire. Lorsqu’on est juif, Américain, et riche, on a encore le droit d’être libre.

mardi 08 août 2006

Les bonnes questions d’André Glucksmann

J’ai beaucoup d’admiration pour André Glucksmann parce qu’il a des qualités qui sont malheureusement rares de nos jours, le courage et le sentiment absolument que toutes les injustices sont inacceptables où qu’elles aient lieu et quels que soient leurs auteurs. C’est pour cette raison que j’ai lu son article dans le Figaro de ce matin avec une attention particulièrement parce que je pense qu’il a une crédibilité que n’ont pas beaucoup d’analystes. Dans son article, il dénonce la mauvaise foi et surtout l’hypocrisie qui mènent trop de gens d’après-lui à regarder cette guerre avec d’autres yeux que d’autres conflits qui sont tout autant meurtriers :

Pourquoi les deux cent mille massacrés du Darfour ne suscitent-ils pas le quart de la moitié des réactions horrifiées qu'éveillent les victimes deux cents fois moins nombreuses du Liban ? Lorsque des musulmans tuent d'autres musulmans, faut-il croire que cela ne compte pas, ni pour les autorités coraniques ni pour la mauvaise conscience occidentale ? L'explication est boiteuse, car lorsque l'armée russe, chrétienne et bénie par les popes, rase la capitale des musulmans tchétchènes (Grozny, 400 000 habitants) et tue les enfants par dizaines de milliers, cela ne compte pas davantage. Le Conseil de sécurité ne tient pas alors réunion sur réunion, et l'Organisation des États islamiques détourne pieusement les yeux. Force est de conclure que seul le musulman tué par des Israéliens vaut indignation universelle.

Faut-il croire qu'Ahmadinejad exprime tout haut ce que l'opinion publique mondiale chuchote in petto ? Pourtant un grand nombre de consciences occidentales outragées par les bombardements au Liban se proclament outrées au carré si on les soupçonne d'antisémitisme. J'aurais tendance à leur faire crédit, n'allons pas imaginer que la planète entière sombre dans la paranoïa antijuive ! Le mystère s'épaissit d'autant. Pourquoi pareille hémiplégie ? Pourquoi une indignation mondiale survoltée dès qu'il s'agit de bombes israéliennes ?

(…)  La géopolitique de mauvaise foi qui sacre le Moyen-Orient pivot de l'ordre mondial est devenue la religion de l'Union européenne, la foi des incroyants et peu croyants d'Occident. Les penseurs post-modernes ont affirmé à tort la fin des idéologies, alors que nous nageons en pleine illusion idéologique, ayant en douceur troqué l'espoir fallacieux de la lutte finale contre la prédication angoissée d'une catastrophe non moins absolue et finale. Tandis que notre tête surréalise, notre coeur déchiffre la mort de l'humanité en chaque cliché expédié du Liban. Jérusalem n'est le centre du monde que parce que centre supposé de la fin du monde. Notre fantasmagorie calamiteuse se nourrit de prémonitions apocalyptiques.

André Glucksmann pose comme toujours de bonnes questions et il a raison de dénoncer ce honteux (et dangereux) principe qu’est celui du deux poids deux mesures. Malheureusement comme le dirait Camus, « le ver est dans le cœur humain » et l’être humain n’a pas encore appris que les voix de son cœur ne sont pas toujours justes ou raisonnables. Nous savons tous que même si nous avons le même sang, les vies humaines n’ont pas la même valeur et que certaines images sont plus « bankables » que d’autres. L’image d’une jeune fille violée au Congo où le viol est une arme de guerre a moins de valeur que n’importe quelle image de cette maudite guerre, d’ailleurs cette image ne sera diffusée et dans notre monde, si on n’existe pas dans les médias, notre vie a autant de valeur qu’un morceau de chewing gum qui est collé sur une paire de Nike. Le problème n’est pas que le monde se focalise trop sur cette guerre mais plutôt qu’elle ne se focalise pas assez sur d’autres conflits qui sont tout autant meurtriers. Il existe des conflits et des causes qui sont « sexy » et d’autres qui ne le sont pas. C’est une question d’esthétique et d’éthique. Il y a quelque chose de pervers dans cette soif du monde pour les « belles » images violentes et c’est sûrement cela qui fait la paix est en train de devenir une idée morte. Trop de « sages » comme les surnomme Glucksmann ceux qui nous gouvernent et qui font l’opinion, pensent que la guerre n’est plus la dernière option mais l’option la plus efficace et surtout que certaines vies n’ont aucune valeur et peuvent donc être sacrifié pour sauvegarder la quiétude de la bonne partie du partie du monde.

dimanche 30 juillet 2006

Quel cirque !

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La phrase qui me vient à l’esprit pour résumer cette semaine fatigante et alarmante est la même que celle que Ché (joué par Antonio Banderas dans le film avec Madonna), le narrateur d’Evita, la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber prononce au début pour décrire la fin et la vie d’Eva Perón, « Oh what a circus ! (Quel cirque) » Je ne sais plus quoi penser tellement Washington et mon univers sont désarçonnés. La seule bonne nouvelle est que Washington va bientôt se vider de tous ces politiques qui sont trop préoccupés par l’élection de Novembre pour être utile. Blair était dans ma ville Vendredi et j’ai compris que la situation était grave lorsque je me suis rendue compte que je n’arriverais même plus à le trouver séduisant et que tout ce qui restait de son immense talent était celle d’un homme ingénieux qui s’est courbé devant un autre qui l’était mieux que lui. L’a-t-il fait par conviction, par calcul ou tout simplement pour servir les intérêts du Royaume Unis ? Je n’ai pas de réponse à cette question mais ce que je sais est que parce qu’il ne le pouvait pas ou parce qu’il ne le voulait pas, Blair n’a pas réussi à « blairiser » Bush et que c’est le contraire qui semble s’être produit.

La vraie question que je me pose est celle de savoir si les politiques, si les classes dirigeantes, et les élites que nous avons dans nos pays respectifs pourront rendre ce siècle moins apocalyptique et construire en gommant les ruines ou en étoffant le vide. En écoutant Bush et Chirac parler avec peu d’imagination et de ferveur cette semaine, j’ai eu envie de réveiller les morts pour faire revivre Kennedy ou même De Gaulle. Puis je me suis rendue compte que le défi de l’être humain est de créer son futur et non de sans cesse se tourner vers son passé en l’empêchant d'expier. J’ai compris que cette leçon était la bonne lorsque certains socialistes, cette semaine, ont décidé d’appeler Jospin au secours. Je me suis surtout dit que pour faire preuve autant d’imagination et de courage qu’eux, je devais trouver la potion magique qui ressuscitera Mitterrand. Cependant, je ne pense pas qu’il ait envie de revenir, car il sait bien lui qu’il y a des secondes chances qui n’en vaillent pas la peine et qu’il faut savoir laisser en paix non seulement les morts mais aussi les talentueux retraités.

mercredi 26 juillet 2006

Et on dit que l’Occident n’est pas égocentrique !

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Il m’a fallu un peu de temps pour me remettre de l’échec du cycle de Doha dont le but était de libéraliser les échanges commerciaux pour faciliter l’accès des pays pauvres au commerce international. L’Europe accuse les Etats-Unis et les Etats-Unis accusent l’Europe mais je pense que tous les deux sont responsables de cet échec parce qu’ils n’ont pas voulu mettre l’intérêt du monde au dessus de leurs intérêts nationaux. L’Occident aime parler du sud et de l’orient avec un complexe de supériorité qui lui fait arguer trop souvent que le développement est juste une question de volonté et d’effort. L’année dernière en pardonnant la tête de nombreux pays moins développés les pays les plus riches s’autocongratulaient en se vantant de leur générosité. L’échec de Doha montre qu’une grande partie de l’Occident est prête à aider l’Afrique et les pays pauvres lorsqu’il s’agit de faire l’aumône et d’être ainsi en position de force en déposant quelques miettes dans une main de couleur tendue. Apparemment, le libéralisme n’est une bonne chose que lorsqu’il préserve le statut quo en permettant aux pays riches de le rester et aux pays pauvres de continuer à compter sur l’aide internationale pour survivre et se développer. 

mardi 25 juillet 2006

Le petit Nicolas et les sans-papiers

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Nicolas Sarkozy a décidé de régulariser 6000 clandestins et très honnêtement, je ne trouve plus les mots justes pour dénoncer son attitude basée sur l’acceptation de cette fausse vérité utilisée par l’extrême droite qui fait croire qu’il y a trop d’immigrés en France. Pour Sarkozy, l’intégration est un choix et il existe des problèmes d’immigration en France parce que trop d’immigrés sont Français malgré eux puisqu’ils se sont invités sur le territoire Français mais cependant refusent d’aimer la France et de la respecter. En discutant de l’immigration hier lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy parlait de l’immigration comme d’un fléau, comme un mal qui empêche la France d’avancer. L’édito du Monde trouve les mots justes (que je ne trouve pas) pour décrire le rapport ambigu que Sarkozy a avec l’immigration :

Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP justifie son choix de "justice" et de "raison" par son refus de nourrir le terreau qui permettrait à Jean-Marie Le Pen et à Philippe de Villiers de progresser. Mais aucun principe ne peut conduire un pays attaché aux droits de l'homme à expulser des enfants en cours de scolarité. D'autres pays européens abordent autrement la question des sans-papiers. En Allemagne, Wolfgang Schäuble, ministre de l'intérieur chrétien-démocrate, affirme qu'"on ne peut pas renvoyer je ne sais où des enfants nés ici, scolarisés ici". L'Allemagne compte entre 150 000 et 250 000 étrangers sans statut juridique. Elle ne les régularisera pas tous. Mais elle agira, comme l'Italie et l'Espagne, avec pragmatisme. La France, elle, préfère, là aussi, cultiver son particularisme.

Je regrette que Nicolas Sarkozy parle de l’immigration sans vraiment parler des immigrés, sans avoir le courage qu’il se flatte d’avoir lorsqu’il s’agit de cogner sur la racaille de regarder ces personnes dans les yeux et de leur expliquer pourquoi ils ne sont pas dignes de vivre en France. Michel Rocard disait il y a 10 ans avec raison que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde mais le problème n’est plus celui- là, il est plutôt de donner une chance au plus grand nombre de gens possible d'avoir une autre vie qu’une vie misérable afin de franciser le monde.

lundi 24 juillet 2006

Entre le bien et le mal, il y a le monde : la nécessité d’éviter les dangers du néoconservatisme

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En lisant le bloc-notes d’Ivan Rioufol ce week-end, j’ai eu l’impression de voir un mauvais film, vous savez ce genre de mauvais film d’horreur Hollywoodien où un personnage par imprudence, par fanfaronnerie, ou par imbécillité a un geste qui aide un virus ou un autre mal dangereux à se propager. Ivan Rioufol, à mon avis, souffre de la même maladie que les néoconservateurs, qui est une sorte de paranoïa schizophrénique qui leur croire que le monde est en guerre contre un mal et que pour la gagner il faut être impitoyable et intraitable. Si je suis d’accord avec Monsieur Rioufol lorsqu’il faut que l’Europe « cesse ses sous-entendus sur la responsabilité centrale de l’État hébreu dans le désordre mondial, » je ne peux m’empêcher d’avoir peur lorsqu’il divise le monde en deux camps comme l’avait fait Bush après le 11 Septembre en disant, « You are either with us or against us (Vous êtes avec nous ou contre nous). » Comme je le répète souvent, je ne crois pas à la guerre des civilisations et je ne crois pas non plus que la seule manière de lutter contre le totalitarisme est la force motivée par la croyance absolue que le monde ne survivra que s’il est occidentalisé. Rioufol a raison de combattre l’ambiguïté mais je pense que l’expérience Américaine prouve que le contraire de l’ambiguïté n’est pas la simplification et que le refus de reconnaître que la complexité est une réalité de notre monde a toujours des conséquences désastreuses.

jeudi 13 juillet 2006

Zidanegate : foot et ethnicité

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En lisant les différents articles sur le célèbre coup de tête de Zidane, je me demande si pour le comprendre, il faut un jour s’être senti illégitime, c'est-à-dire avoir eu la sensation qu’en dépit de votre talent, la plus part des gens vous considéraient comme un arabe, un noir, ou une femme qui ne mérite pas son talent et qui ne mérite pas d’être révéré. L’édito du Figaro hier insistait sur le fait que « Zidane a commis une agression indigne d'un joueur de sa classe. » Le problème est bien là. Zidane n’est pas qu’un joueur de football qui a un immense talent. Il a des origines, des racines qui le distinguent ou plutôt le séparent de ses pères. Zidane est un précurseur. Il est le premier joueur d’origine Africaine à être considéré par des millions de gens comme le plus grand joueur du monde. Le football ne se joue pas sur Mars mais bien sur terre et pour cette raison un terrain de football ne peut pas être coupé des réalités. Zidane a beau être un joueur phénoménal, il sait très bien que ses origines sont un problème que trop de gens ne digèrent que parce qu’il sait faire des choses incroyables avec un ballon. Il est difficile de l’écrire mais la couleur de peau et l’ethnicité sont importantes sur un terrain de football. Des joueurs de grand talent et qui sont « différents » comme Zidane pensent trop souvent que le terrain est un oasis paradisiaque où ils peuvent juste être des joueurs à part entière et être traités comme les autres, où ils n’entendront pas des mots que leur famille entende chaque jour et qu’ils entendraient s’ils n’avaient pas ce rare talent qui les élevait au dessus des autres. Quand Materazzi admet qu’il a insulté Zidane mais insiste sur le fait qu’il lui a dit des mots qui sont dits tous les jours sur un terrain de foot, il nous montre bien à quel point, le football est un reflet de notre société. En insultant l’arrogant Zidane, Materazzi a voulu le faire redescendre sur terre et lui montré qu’en dit de son immense talent, il restait un Maghrébin et sûrement un terroriste qui force sa sœur à mettre le voile. Le coup de tête de Zidane m’a rappelé un autre coup de tête célèbre, celui que le Libérien George Weah, joueur du Milan AC à l’époque avait donné au joueur de Porto Jorge Costa. Weah avait fracassé le nez de Costa après que celui-ci lui ait fait de nombreuses remarques racistes. Weah comme Zidane avait craqué parce que justement il avait trouvé inacceptable que de telles choses soient dites sur un terrain de football surtout à un joueur de son talent. Je pense qu’il est impossible de comprendre l’incident de Dimanche dernier sans prendre en considération non seulement le contexte mais aussi la différence qu’il existe entre les deux joueurs. Materazzi a décidé qu’il allait se faire l’arrogant et ingénieux beur pour donner plus de chances à l’Italie de gagner/ Zidane n’a pas toléré qu’un joueur qui n’a même pas la moitié de son talent ose cracher sur sa famille en lui rappelant que ses origines faisaient de lui un sous-homme. A ce moment, il a pensé à l’ensemble de son incomparable carrière et se rendre compte qu’il avait échoué, qu’il n’avait pas réussi malgré ses prouesses à être vu non comme un Arabe qui joue fabuleusement au football mais comme tout simplement un homme qui a du génie. Il est donc facile pour Villiers et les autres qui ne sont jamais trouvé du coté des ébranlés ou qui ne savent pas que le football, c’est la société, de fermer les yeux et de croire le coup de tête de Dimanche n’était qu’un geste violent indigne d’un virtuose. Moi, je comprends Zidane même si j’aurai aimé qu’il soit encore une fois un surhomme et qu’il tourne la tête à Materazzi. Je comprends son geste parce que je sais ce que c’est que d’être humilier par quelqu’un qui pense être en droit de le faire parce que la société lui a démontré tant de fois que la différence qui existe entre lui et vous n’est pas simplement une différence ethnique mais aussi une différence de qualité. Je me souviendrai toujours du match du Mondial 90 entre le Cameroun et l’Angleterre. Le Cameroun menait l’Angleterre par 2 buts à 1 et était tout près non seulement de devenir le premier pays Africain à participer à une demi-finale de Coupe du monde mais d’éliminer l’équipe du pays qui a inventé le football. Je me souviens que ma mère m’a dit que jamais cela n’arriverait car le monde n’était pas près et que les hooligans auraient détruit le Stade. Quelques minutes plus tard, après que l’arbitre ait accordé deux penalties à l’Angleterre pour lui permettre d’éviter cette humiliation, j’ai compris que ma mère avait raison. Lorsque Materazzi s’est pris pour Al Pacino et s’est roulé sur la pelouse pour montrer à l’arbitre que le Maghrébin avait cédé à la violence qui était en lui et l’avait attaqué, lorsque l’Arbitre a sorti un carton rouge après avoir discuté avec le quatrième Arbitre, j’ai compris qu’il était écrit que Zidane ne gagnerait pas cette coupe du monde même s’il la méritait parce qu’avant d’être un dieu du foot, avant d’être l’idole de la Castellane, avant même d’être le capitaine de l’équipe de France, il était un homme qui est fier de ses racines et qui aime sa mère et sa sœur plus que qu’il n’aime le football.

lundi 10 juillet 2006

La nuit d’après …

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Pour moi, la leçon de ce mondial est qu’il faut y croire (ce que je n'ai pas fait). Comme trop de gens, j’ai été injuste envers Domenech et je crois qu’il a prouvé que derrière ce que les gens pensaient être de l’incompétence, il y avait une logique qui tenait la route. La leçon pour la France est que son futur n’est pas dans son passé mais dans son présent et surtout qu’elle doit se faire confiance. Le New York Times est dur avec Zidane mais moi, je ne le suis pas parce que je pense que bien que son geste soit condamnable, il nous montrera par ce qu’il fera le reste de sa vie qu’il est un grand homme. C’est parce que Zidane nous a tant donné et qu’il va continuer à donner encore que je vais oublier son geste. Je ferme les yeux non parce que Zidane m’a ouvert le cœur mais plutôt parce que je pense qu’il n’y a qu’à Hollywood qu’il existe des héros parfaits et surtout parce qu'il m'a fait réver. Un bloggeur a osé titrer sa note, « Zidane est un voyou » reprenant ainsi le cliché que Sarkozy utilise pour condamner les jeunes des Banlieues à une vie où ils doivent tout donner à la France sans rien espérer d’elle en retour. S’il y a bien quelqu’un a qui les Français se doivent de pardonner (sans bien sûr excuser son geste) d’avoir pété les plombs pour dire les choses vulgairement c’est bien Zinédine Zidane. Faut-il vraiment que le sphinx soit parfait pour être un monument incomparable?