Je hurle quand je lis les phrases suivantes de Louis-Georges Tin sur Frantz Fanon (Craig, Craig, Craig):
Sur la question noire aussi, Frantz Fanon, quelle lucidité ! Pendant longtemps en France, on a voulu ignorer le sujet. Après les grandes heures de la "négritude", cela semblait hors de propos. En 2004, je travaillais avec des amis militants sur la question des discriminations, et j'avais proposé qu'on utilise le mot "noir". Sans détour.
Cela avait inquiété au début : la crainte du qu'en-dira-t-on. Mais j'avais cité Fanon, Césaire, et nous avions franchi le Rubicon. C'est ainsi que fut lancé le CRAN, le Conseil représentatif des associations noires. Nous faisions nôtres les analyses de Fanon. Quand il évoque le désir de "lactification" de certaines femmes noires, qui aujourd'hui encore, prennent des produits pour se blanchir la peau, au péril de leur santé, au péril de leur vie. Quand il évoque "le Nègre, esclave de son infériorité, le Blanc esclave de sa supériorité (qui) se comportent tous deux selon une ligne d'orientation névrotique". Quand il évoque, enfin, l'expérience du Noir, être-pour-autrui, expérience assez semblable en somme à celle du juif, comme l'analyse Jean-Paul Sartre. Le professeur de philosophie de Fanon lui dit un jour : "Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l'oreille, on parle de vous."
Que dire devant tant de sottises? Cela fait tellement longtemps que je le crie que je perds mes forces: il n'y a pas de question noire comme il n'y a pas de pensée ou d’identité noires. On me dira oui mais la société ... et je répondrais la société n'a pas toujours tort et elle a rarement raison.
En France et ailleurs, il y a trop de 'noirs' ('africains) professionnels, des personnes qui ont fait du fait d’être noir d'avoir la peau noire (ou de venir d'un pays du continent africain) leur métier pour dire des sottises en sacralisant leur inculture, leur culturalisme, et surtout leur racialisme. Il y a aussi trop de personnes qui les encouragent dans leur délire par cupidité ou par une idéologie centrée sur un moralisme suffisant parce qu'il est basé sur un complexe de supériorité mal camouflée pour une piteuse pitié ou une tolérance jouissive. Ces gens n'ont pas vraiment lu Fanon mais adorent se poser en victimes pour pouvoir juger les autres et imposer des sentences ici et là sans justification et avec une hypocrisie inintelligente et nuisible.

Les commentaires récents