J'aimerais avoir eu cette idée avant Nancy Huston:
Je voudrais fonder une association CPF : Contre la Pureté Féminine. Vous êtes d'accord avec moi, n'est-ce pas, que l'idée de pureté fait des dégâts terribles, ici comme à l'endroit des races (malgré les différences évidentes) ? et que les familles ne devraient plus s'attendre à ce qu'un bout de peau à l'intérieur de leur fille incarne leur honneur aux yeux du monde ? Alors voici ma proposition : sur toutes les filles de la Terre, on pratiquerait à la naissance une minuscule intervention chirurgicale, aussi indolore qu'invisible (et qui, à la différence de l'excision que subissent encore des dizaines de millions de femmes de par le monde, ne compromettrait en rien leurs plaisirs futurs) : la défloration.
Oui, il faut mettre fin à la virginité, au mythe de la virginité, aux symboles de la virginité. Dans les bordels du Cambodge on recoud jusqu'à cinq fois l'hymen des fillettes de 6 ans, pour que des clients payent (cher) le plaisir de les "déflorer". Nombreux sont les pays où, si l'on ne trouve pas de sang sur le drap au lendemain des noces, la mariée est frappée, conspuée, répudiée. (Or il est des "hymens complaisants" - terme médical parfaitement neutre, n'est-ce pas, comme toute la science occidentale - qui se dilatent lors des rapports sexuels, sans se déchirer et sans saigner.)
N'oublions jamais la phrase de René Char:
L'hymen est fêté par les Goujats !
Une des preuves de la sauvagerie de notre époque est que de Douala à Leominster, une femme est d'abord son corps et sa féminité es définie essentiellement par son physique. Quand un groupe peut s'appeler ni pute ni soumise en France et être crédible en réaffirmant le préjugé salace qu'il ne doit exister que des femmes 'pures' (fortes, convenables, propres), on comprend que la France a le même problème que le royaume d'Hamlet.
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