J’ai vu deux films d’Harrison Ford cette semaine, un est un film qui est sorti la semaine dernière aux Etats-Unis, Firewall. C’est un film qui aurait pu être mieux car je pense qu’à un moment le scénario empêche l’action et étouffe l’énergie du film. Mais bref, Harrison Ford joue le rôle typique du mec ordinaire dont la famille a été kidnappée et qui dans cette adversité montre malgré son âge car il a plus 60 ans (63) qu’il est prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime même à tuer. Ce que j’ai aimé dans le film est le fait qu’il est plutôt moderne dans le sens où la technologie utilisée par les personnages est celle du monde d’aujourd’hui. J’ai aussi aimé le fait qu’Harrison Ford joue le rôle de quelqu’un de son âge et que sa femme n’était une jeunette même si ses enfants dans le film était un peu trop jeune (Il avait un fils de moins de 10 ans et une fille de moins de 16 ans). Enfin mon opinion sur Firewall est que c’est un film que les fans d’Harrison Ford vont aimé sans adorer et que parce que c’est l’hiver, et qu’à mon avis le rôle d’un film durant cette saison est de nous faire oublier le froid, ce film accomplie cette mission.
Le deuxième film d’Harrison Ford que j’ai vu cette semaine où plutôt revu car c’est un vieux film est Air Force One dans lequel il joue le rôle du président des Etats-Unis dont l’avion avec à son bord sa famille et des membres importants de son cabinet est pris en otage par des terroristes. Je n’avais pas revu ce film depuis plus de cinq ans et je dois dire que j’ai été frappée à quel point le sujet de ce film était actuel. Le film a été réalisé (1997) avant le 11 Septembre mais je dois dire qu’il pose une des questions qui résume très bien la période dans laquelle nous évoluons, celui du terrorisme, de négociations et surtout celui du rôle qu’un président lorsqu’il est à la tête de l’état d’une superpuissance doit jouer dans un monde où le terrorisme est devenue une réalité quasi-permanente. La question est de savoir si le complexe de superhéros fait de nos politiques de meilleurs leaders ? Ma réponse et j’insiste sur le fait qu’elle n’est pas objective est non.
Au début, Harrison Ford donne un discours en Russie dans lequel il explique que les Etats-Unis non seulement ne négocieront plus avec les terroristes mais qu’ils s’attaqueront à toute personne qui utilise la violence pour terroriser un peuple même si le faire ne sera pas toujours dans leur intérêt national. Le président joué par Ford dit que le terme « intérêt national » est synonyme d’égoïsme et que c’est pour cette raison que tant qu’il sera au pouvoir, il pensera à autre chose qu’au seul intérêt de son pays mais aussi à celui du monde. Harrison Ford m’a fait pensée au Président Bush à ce moment là parce qu’on sentait que dans son monde la complexité n’existait pas. Les choses étaient claires. Il y avait un bon côté et un mauvais côté. Cela m’a rappelée le discours de Bush après le 11 septembre dans laquelle il a eu cette phrase controversée, « You are either with us or against us (Vous êtes avec nous ou contre nous). » Cependant, la vision du président joué par Harrison Ford est plus à gauche que celle de Bush (Hollywood oblige) car je pense que selon sa doctrine, il serait intervenue au Darfour et au Rwanda par exemple alors que Bush ne l’aurait pas fait parce que pour lui le concept même d’intérêt national est primordial et étroitement lié à sa guerre contre le terrorisme. Bref, je pense qu’Air Force One représente parfaitement l’image d’un président qui voit son rôle comme celui d’un superhéros qui doit sauver non seulement non seulement les Etats-Unis des forces du mal mais le monde.
Les deux films d’Harrison Ford, surtout Air Force One que je vous recommande de revoir, m’ont fait penser au complexe du superhéros, aux problèmes et aux dangers qu’il crée. Je pense que quand un homme politique veut être un superhéros, il arrête précisément de faire de la politique pour faire du secourisme parce qu’il a un besoin pathologique de sauver son pays et de sauver le monde. Il arrête de devenir un homme tout simplement et d’accomplir la première tache qui est la sienne et de gouverner. Les superhéros font de mauvais managers car ils s’ennuient lorsqu’il il s’agit de prendre des décisions sur le déficit, sur le budget, toutes les décisions qu’un président doit prendre au quotidien pour s’assurer que la bonne gestion de son pays. Par contre, ils sont d’excellents chefs de guerre dans le sens où ils sont le plus à leur aise lorsqu’il s’agit de montrer qu’ils sont forts, autoritaires et courageux. Bush, je pense, n’est jamais aussi bon (par bon je veux dire efficace) que quand il exerce ses fonctions de chef des armés et de leader d’une nation en guerre parce qu’alors il sent que le public veut qu’il soit fort et qu’il est une vision simple et claire des choses. C’est pour cela qu’il est difficile pour lui et pour son administration de s’occuper de problèmes comme celui de la reconstruction de l’Iraq et de l’Afghanistan et d’un ouragan comme Katrina. Il a besoin d’action et de sensation fortes et pour lui, ces problèmes là l’ennuient parce qu’il sait bien qu’il faudra y réfléchir chaque jour et qu’il ne pourra pas les résoudre avec la force ou avec une action militaire. Un autre politicien qui souffre du complexe du superhéros est Nicolas Sarkozy même si je pense que parce qu’il a plus de chance de guérir que Bush. Sarkozy n’est jamais autant à l’aise que lorsqu’il est sur le terrain avec les policiers ou en plein crise d’otages comme durant celle durant laquelle il a montré sa bravoure en négociant avec le preneur d’otages d’une école. Comme je le disais, le problème du superhéros n’est pas qu’il n’est pas courageux mais plutôt qu’il ne fonctionne bien que durant les moments de crises et de haute tension et c’est la raison pour laquelle lorsqu’il n’y en a pas, il les crée. Je pense que ce besoin est montré par le fait que Sarkozy ne soit resté très longtemps à Bercy et qu’il n’a pu résister au Ministère de l’intérieur une deuxième fois. Et je crois aussi dans la manière dont il s’exprime, il est possible de sentir ce besoin de sensations fortes et de poser le problème d’une telle manière qu’il devient une crise qu’il peut par la suite en dévoilant son costume de superman résoudre avec son talent évident d’homme politique. Je crois que la manière dont il pose le problème de l’immigration est une preuve de cela et même la manière dont il confronte le problème de l’insécurité. Je ne suis pas en train de faire à Sarkozy un mauvais procès car encore une fois, comme je le répète souvent, il est probablement l’homme politique qui, parce qu’il se voit comme Zorro dont la destin est de sauver la France, pourra faire bouger les choses mais la question avec Sarkozy reste la même, aura-t-il le même courage de change, d’évoluer, de reconnaître ses erreurs qu’il a de changer le modèle français et d’incarner un président beaucoup plus dynamique.
Pour conclure, le complexe du superhéros malheureusement est là pour rester car je pense parce que le monde est moins sûre et parce que les peurs sont intenses, les citoyens du monde vont continuer longtemps de penser que la solution est dans l’élection d’hommes qui leur diront en montrant leurs biceps qu’ils ont la force et la détermination de les protéger contre tous coûte que coûte. Je suis en train de me demander si la solution du complexe du superhéros ne serait pas celui de supernanny. Je vais y réfléchir et je vous donnerai bientôt ma réponse.
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