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mercredi 20 mai 2009

Poupées de luxe

Citation du jour de Mona Chollet sur les actrices et les marques de luxe :

Pour une actrice, il devient au moins aussi intéressant, non seulement sur le plan financier, mais aussi en termes de notoriété et de surface médiatique, de décrocher un contrat publicitaire qu’un beau rôle au cinéma. Ainsi, lorsque Rachida Brakni a signé avec L’Oréal, en 2008, cela lui a valu de faire dès le mois suivant la couverture de Marie-Claire, avec un long entretien en pages intérieures, malgré une actualité cinématographique… disons, plutôt mince. Cette semaine, le magazine Elle (16 mai) consacre des articles à deux actrices : l’une, Emmanuelle Devos, joue dans trois films en compétition à Cannes ces jours-ci ; l’autre, Marion Cotillard, dans une pub Dior, donc. Mais c’est la seconde qui figure en couverture de l’hebdomadaire...
A peine repérées, les espoirs féminins de Hollywood suivent toutes le même parcours : amaigrissement spectaculaire, embauche d’une styliste qui les habille pour leurs apparitions publiques, et contrat avec une ou plusieurs marques de cosmétiques ou de vêtements. Scrutées d’un œil impitoyable par les gazettes, elles se font épingler avec férocité au moindre « faux pas » dans leur tenue – ce qui est plutôt paradoxal pour une époque qui se vante d’avoir émancipé les femmes et de les avoir libérées de conventions vestimentaires absurdes.
« C’est dommage parce que l’on parle moins des actrices que de ce qu’elles portent », déplorait Meryl Streep (citée par Première) à la sortie du Diable s’habille en Prada. Or, si l’actrice américaine a marqué son époque par bien autre chose que le soin apporté à son image, on notera que sa fille, en revanche, comédienne débutante, apparaît ces jours-ci dans les publicités d’une marque de prêt-à-porter… L’invasion des « fils et filles de » accentue encore la mainmise de l’industrie de la mode et de la beauté sur le cinéma : bien souvent, ils se contentent d’une vague carrière d’acteurs, et se soucient surtout de rentabiliser leur nom et leur patrimoine génétique en multipliant les contrats juteux.

mardi 19 mai 2009

Anges et Démons

J'ai vu Anges et Démons. J'avoue que je suis restée sur ma faim. J'ai eu la sensation de m'être goinfrée de bouffe chinoise pour quelques minutes plus tard ne plus me souvenir de ce que j'avais mangé et surtout d'avoir encore un petit creux. Ce qui désespère est que ce genre de films qui martèle d'images et de bruits inutiles les cerveaux sont l'avenir du cinéma Hollywodien parce qu'ils sont faciles à faire et qu'ils attirent les ados et les mâles de moins de 35 ans. Je me suis demandée ce qu'un acteur comme Tom Hanks faisait dans ce film. Après le Da Vinci Code, il aurait dû comprendre que l'aventure ne devait pas être poursuivie mais apparemment non, il aime faire ce type de films.

jeudi 02 avril 2009

L'art, le racisme et l'imposture

Critique idéologique et surtout idiote de Bernard Girard de La Journée de la Jupe:

(...) il faudra quand même qu'on nous explique pourquoi un film censé dénoncer l'intolérance et le sexisme dans les établissements scolaires montre presque exclusivement des Noirs et des Arabes, alors que les établissements scolaires sont fréquentés très majoritairement par des blancs ? Des blancs qu'on ne voit jamais dans des films censés dénoncer l'intolérance ou le sexisme…
Un film sur le machisme, le sexisme, la bêtise et l'intolérance, on pouvait en tourner partout dans de petits collèges ruraux de la France profonde, dans les lycées des beaux quartiers, privés ou non, dans les grandes écoles.
Pourquoi a-t-il fallu que Lilienfeld plante sa caméra là où il n'y a que des Noirs et des Arabes ? Pourquoi, lorsque l'on veut montrer la violence et l'intolérance, ne montre-t-on jamais que les Arabes et les Noirs ? Parce que les Arabes et les Noirs seraient culturellement ou génétiquement violents et intolérants ?
Que « La Journée de la jupe » soit encensée par l'extrême droite n'est pas le fait du hasard ; on y retrouve avec le thème d'une immigration inassimilée et inassimilable les « évidences » martelées par Le Pen depuis un demi-siècle.

Je suis tellement interloquée par la bêtise de ces arguments que je perd mes mots. Admettons que Girard ait raison et que Lilienfeld ait choisi de se focaliser sur une exception et non sur la règle et alors? L'art a-t-il encore de choisir ses sujets et de pas être au service du réel, de la vérité (en supposant qu'il en existe qu'une seule)? Un artiste a-il le droit de choisir d'être partiel, injuste, subjectif, et de ne voir que ce qui les intéresse? Que dirait-on de La Liste de Schindler dans ce cas ou du Parrain qui sont des films qui se focalisent sur des cas particuliers? Ce qui m'effraie est le fait que Girard semble croire que les Arabes et les Noirs, comme il dit, ne peuvent être que déservis par un film qui montre qu'ils sont comme tout le monde, des personnes pas juste des victimes et des créatures douces et innocentes comme des agneaux. C'est choquant de penser cela alors que le combat contre le racisme n'a de sens que s'il permet d'admettre que la race ne definissant pas l'identité d'un individu et ses origines ne conditionant pas ses actes, un noir ou un arabe doit être traité comme un individu et non comme un membre de minorités visibles qui est toujours une victime et qui donc ne peut jamais avoir tort puisqu'il est fait partie des faibles. Cette vision du monde est navrante. Les arguments de Girard m'obligent à faire un constat que j'aurais aimé ne pas avoir à faire mais qui devient indispensable: il est autant raciste/racialiste de dire qu'on ne peut pas faire un film polémique sur les Noirs et les Arabes qui ne les montre pas en tant que victimes et héros que de dire le contraire. Je n'ai pas vu le film de Lilienfield et il se peut qu'il ne soit pas bon mais le fait qu'il devienne un outil idéologique montre bien qu'il est urgent de déracialiser la societé française.

lundi 30 mars 2009

Sujet sensible

Les banlieusards devront faire des efforts pour voir La Journée de la Jupe:

Plutôt bien accueilli par la critique, même par certains « Bégaudeau Boy’s » –peut-être un éclair de lucidité ?-, les distributeurs n’ont fait qu’entre-ouvrir leurs portes au film et selon des critères étonnants. Le film est visible dans huit cinémas parisiens, et en général une salle dans les grandes villes de province, mais la journée de la jupe n’a pas passé le périphérique. La banlieue n’en veut pas affirme le site Bondyblog « Pas de pot, la banlieue n’en veut pas! Ni les grands noms comme UGC, Pathé ou encore Gaumont. Après maintes recherches sur le net, je déniche un petit cinéma qui le diffuse à Montparnasse. Je m’y rends accompagnée d’une amie black. C’est la seule « fille de banlieue » (comme moi) que je connaisse qui ait accepté de voir ce film». La banlieue n’en veut pas ou les distributeurs n’en veulent pas en banlieue ? Difficile à dire. Assurément, c’est là une façon violente de « remettre le prof au centre du système scolaire ». Avec un Beretta s’il vous plaît !

Présmer que certains sujets sont trop sensibles, trop compliqués, trop polémiques pour une certaine catégorie de personnes qui peuvent mal-interpréter les choses, ne pas les comprendre parce qu'elles sont ignorantes ou esclaves de l'obscruantisme de leurs cultures, traditions et religions, contribue à cette déculturation dont aime parler Finkielkraut.

vendredi 27 mars 2009

Taper sur la Journée de la Jupe avec des clichés abominables

Enfin une mauvaise critique de La Journée de Jupe et elle mérite d'etre citée puisqu'elle accuse le film d'être raciste, ce qui était prévisible étant donné que des gens comme Rioufol l'aime. C'est pathétique que toute discussion en France devient prévisible et qu'il est impossible de se sortir de ce genre d'affrontements inutiles et stériles dont le but est d'avoir raison sans toutefois admettre que tout n'est en noir et blanc. Les accusations qui fusent de part et d'autre ne sont pas suffisantes pour débarasser ceux qui les émettent de l'obligation de convaincre et au moins d'expliquer puisqu'ils énoncent ce qu'ils croient être des vérités. Est-il possible de faire un film sur l'éducation nationale anti-conformiste et polémique sans que les fous de vérité se l'accaparent pour évangeliser la France? Morceau choisi de la critique de Jonathan Schel :

En chargeant le personnage de grand Black fou furieux de représenter le danger de la cité, le film tombe dans un racisme impardonnable.
Raciste, «La Journé de la jupe»? Pourtant, dans une péripétie bien calculée, on découvre que Sonia Bergerac est arabe et que ses parents sont des immigrés du bled, exactement comme ceux de ces élèves. Les parents en question sont dignes et silencieux - tout comme la mère de Mouss d'ailleurs et le père de Mehmet (Khalid Berkouz)... Une façon pour le film de distinguer la génération des parents (qui se sont sacrifiés, souligne la prof, pour faire le bonheur de leurs enfants et qui se montrent remarquablement calmes et soumis à l'autorité, coopérant avec la police) et d'accentuer le contraste avec les jeunes tapageurs, agités, dangereux. Entendant la prof parler arabe, une élève lui demande: «Madame, pourquoi vous nous l'avez pas dit?». Et Madame Bergerac de répondre : «Parce que je suis prof de français!»
Que signifie cette scène au juste, cette sympathie soudaine de l'élève, sa question qui laisse supposer qu'une telle révélation aurait tout changé? Ainsi, si la prof leur avait révélé qu'elle était arabe, les élèves l'auraient écoutée? Ils auraient bien travaillé à l'école, appris le vrai nom de Molière sans pistolet sur la tempe? On comprend à ce moment précis ce que le film — peut-être à son corps défendant — finit par dire. Que ce qui se joue dans nos écoles de ZEP, c'est le clash des civilisations.

mercredi 25 mars 2009

Il doit y avoir bien des choses derrière une jupe

Si Ivan Rioufol admire Adjani et a aimé La Journée de la Jupe, cela veut dire que le réalisation doit avoir tout fait pour qu'il se soit pas conventionnel et politiquement correct:

"La journée de la jupe", de Jean-Paul Lilienfeld, décrit tout ce que la sociologie bien pesante, répercutée par les médias, s'emploie à dissimuler : la démission de la République devant les minorités, l'ensauvagement de nombreux jeunes de cités, l'emprise de la culture musulmane sur leurs comportements, notamment vis-à-vis des femmes. Ce film courageux, qui s'est plié à la règle du théâtre classique des trois unités (comme le fit Sidney Lumet dans Un après-midi de chien), est tenu à bout de bras par une surprenante Isabelle Adjani, qui se prête à une efficace dénonciation de l'Education nationale accommodante.


 Je vais devoir trouver le moyen de voir ce film juste au moins pour avoir une lecture moins idéologique que celle de Rioufol et des autres.

Guerre de cultures

hummm, c'est effrayant de ne pouvoir un film que de manière idéologique:

« La journée de la jupe » dénonce tout ce que nous disons depuis bientôt deux ans sur Riposte Laïque. Tout y passe, en vrac et en boucle : les chiennes de garde qui démolissent la féminité au nom du féminisme, le pédagogisme décervelant à la Bégaudeau et à la Darcos, les insultes sexistes, une ministre de l’Education nationale peureuse et prête à sacrifier médiatiquement et physiquement la victime expiatoire, les filles obligées de s’habiller comme des sacs à patates, l’accusation d’« islamophobie », la peur d’émeutes urbaines, la victimisation des coupables et la culpabilisation des victimes, l’irrespect envers les adultes, l’antisémitisme islamique et le racisme anti-blancs, l’école républicaine transformée en garderie et en « fabrique de crétins », l’hyper-violence, l’arabisation et l’appauvrissement de la langue française, l’éclatement des familles, le racket, les mots faux-culs comme « quartier sensible » ou « contexte », les professeurs qui baissent le pavillon jusqu’à se faire complice des voyous ou à se servir du Coran en classe pour les apaiser, le multiculturalisme, l’échec de l’intégration (et ne parlons même plus d’assimilation), le communautarisme ethnique, le mépris des valeurs laïques, les viols collectifs, les superstitions religieuses, le machisme abruti, la manipulation de l’opinion publique, le proviseur qui ne pense qu’à étouffer les problèmes de son établissement et qui accuse la victime d’être à la fois « catho coincée » et trop laïque (ultra-laïciste, comme on dit chez Kintzler et Fourest), l’affinité entre les islamistes algériens et les « sauvageons » de nos banlieues, le commerçant chinois qui fuit la cité parce qu’il a été victime de multiples braquages, les menaces de représailles, l’influence affligeante des séries télé et des reality shows, etc.

Je n'ai pas encore vu le film d'Adjani mais en lisant ce genre de critique, je me rends compte que la France est un pays divisé comme les Etats-Unis. Je ne crois pas que cette division soit causée par l'immigration mais par un vrai désaccord sur les valeurs, l'identité,...etc. Un des fantasmes qu'avaient les Obamaniacs était le fait que leur idole allait unir l'Amérique que Bush avait divisée. Ces illuminés présumaient que Bush ne représentait rien et que ses valeurs n'étaient pas celles de beaucoup d'Américains qui ne le lui faisaient que le reproche de ne les avoir pas assez et bien défendues. Sarkozy divise la France parce qu'il n'est jamais vraiment devenu président; son show d'hier à Saint-Quentin le prouve. Il est resté un candidat qui s'adresse a la France qui se lève tôt en la dressant contre les autres, les voyous, les assistés, les mauvais citoyens, ceux qui sont responsables de la crise, de l'immobilisme et du reste. J'essaye de dire que si en France, tout film ne peut qu'être que comme un véhicule idéologique alors je crains que celle-ci ne soit victime ces prochaines années une guerre de cultures sans pitié.

mardi 24 mars 2009

Speechless


mercredi 03 décembre 2008

Aimer le vide

Mon appartement est vide parce qu'encore une fois, je vais déménager. Je ne sais pas comment se passent les déménagements ailleurs mais aux Etats-Unis, ils sont toujours difficiles parce qu'il faut prendre du temps pour trouver une compagnie de déménageurs sûre et surtout transférer son numéro de téléphone et ses services de cable et d'électricité. Bref, c'est stressant et infernal surtout quand il fait froid et qu'on souffre d'un rhume mais bon, je ne devrais pas me plaindre parce que je vais m'installer dans un quartier formidable et que j’ai la chance de pouvoir encore prendre des vacances. Pour parler d’une chose tout aussi triviale, en regardant le dernier James Bond, je ne pouvais de constater combien l'absence d'Eva Green minait le film en lui donnant un goût de produit inachevé. Je m'attendais à ce qu'on la fasse revenir à travers des flashbacks et en usant des souvenirs de Bond mais le réalisateur a décidé que le vide dérangeant et hypnotisant que créait cette absence pouvait être comblée par Daniel Craig et d'autres actrices. Il avait tort. Tout le long de Quantum Solace, on a une envie forte de revoir Eva Green et qu’elle n’est pas satisfait fait qu’on reste sur sa faim. J'aimerais voir un film avec Eva Green à la tète de l'affiche parce qu'il me semble qu'elle a quelque chose que les autres n'ont pas.

samedi 29 novembre 2008

Le temps des films

Le meilleur film que j'ai cette semaine de Thanksgiving est Australia de Baz Lurhmann avec Nicole Kidman et Hugh Jackman. Le film est long (presque 3 heures) mais l'histoire n'est pas mal et les stars du film sont un jeune acteur, Brandon Walters qui joue le rôle d'un petit métis dont la mère est aborigène et le père est blanc et son grand père aborigène King George joué par David Gulpilil. Ils font le film parce qu’à mon avis Nicole Kidman et Hugh Jackman sans eux seraient totalement perdus dans la grandeur du décor et que leur romance serait juste une parmi tant d'autres réunissant deux acteurs qui ont de très beau corps même si j'ai trouvé celui de Kidman presque effroyablement maigre. Mais bon, en regardant le film, je n'ai pu m'empêcher de comparer l'Australie et l'Amérique d’Obama et de Bush et de me rendre compte à quel point trop de gens peuvent accepter que la couleur de peau de quelqu'un détermine son identité et que le poids de certaines traditions peut devenir un fardeau quand elles deviennent la raison d'être de personnes qui sont obsédées par le feu que leurs différences font d'elles des êtres entièrement à part. A aucun moment ans le film, on ne mets l’accent sur le fait que le petit garçon a un père blanc et qu’il est donc un métis et cela m’a fait penser à Eric Zemmour et ses propos sur les races puisque ce détail du film illustre bien le fait que l'opinon de Zemon est majoritaire et qu’il ne se dit que minoritaire pour se présenter comme un homme courageux et virile qui ose dire des choses que personne ne veut dire bien qu'il exprime des idées qu’une majeure du monde croit. Mais bon, je recommande le film parce qu’il donne envie d’en savoir plus sur l’Australie et les aborigènes et surtout de visiter ce pays.  

dimanche 01 juin 2008

Sex in the City et le vin

J’ai vu Sex in the City Vendredi soir et tout ce que je peux dire est que c’est du vin Californien. Cela ne veut pas dire qu’il est mauvais mais tout simplement qu’il est beaucoup trop alcoolisé (et un peu trop prétentieux) pour qu’on puisse vraiment juger de sa qualité. Le film ressemble à une publicité pour produits de luxe et en même temps il essaye d’avoir du cœur en donnant le message que l’amour doit être simple mais son contenu désavoue ce message. La vraie leçon de ce film sucré est que quand on est des sacs Louis Vuitton, des robes Valentino, des bagues cartiers, et des chaussures Chanel, on peut enfin faire le choix de se marier à la marie, sans invités et de célébrer son mariage frugalement dans un petit restaurant. Comme quoi le bling bling brille plus lorsqu’il est exposé sans complexe devant les petites gens et qu’il n’est traité que comme un accessoire qu’on peut se permettre de remplacer et de se passer puisqu’on a l’amour qui est en vérité le seul bling essentiel.

dimanche 25 mai 2008

La dictature du hamburger

Je suis allée voir le dernier Indiana Jones hier soir et j’ai été très déçue. J’avais l’impression d’être entrer dans la cuisine d’un grand chef qui me servait un MacDo par paresse, condescendance, indifférence ou tout simplement par ennui. Le grand chef dont je parle est Spielberg et tout le long du film, je me suis demandée pourquoi il a fait ce film qui ne durera pas et que ceux qui l’ont vu oublieront aussitôt après avoir quitté la salle. Spielberg a trop de talent pour faire des films sans saveur comme celui-là. Pourquoi George Lucas et lui ne sont pas rendus compte que leur film n’avait pas d’âme même s’il sera, de toutes les manières, rentable ?

Le seul bon grand (qui a coûté cher) film que j’ai vu ce printemps est Iron man qui a réussi, en osant prendre des risques, à me divertir surtout grâce à la qualité du travail de Robert Downey Junior. Ce qui m’inquiète dans tout cela est le fait qu’Hollywood ressemble de plus en plus aux MacDos. Les films se ressemblent et ont tous le même goût ou pire encore n’ont pas de goût car après les avoir vus, on se sent vide ou plein mais on a déjà oublié les images désensibilisantes qu’on a eues sur les yeux durant plus d’une heure. Le fait que Spielberg n’arrive plus à faire de grand bon film d’action (quand il a une histoire hors du commun, il fait des films qui touchent) montre qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume d’Hollywood.

Je parie que le film sur Sex in the City sera aussi décevant mais j'irais le voir quand même en espérant me tromper.

dimanche 10 février 2008

La vie n'est pas belle et Sisyphe n'est pas heureux

Serge Hefez est en colère contre le “J’accuse ” de Sandrine Bonnaire face au drame que vit sa soeur:

Les représentations de la folie charrient volontiers les clichés et le manichéisme. Les malades mentaux sont des génies méconnus, des poètes incompris, ou des victimes d’une société inhumaine et hostile, génératrice d’une intense souffrance qui broie les plus faibles d’entre nous. En d’autres temps, comme dans le célèbre Family Life de Ken Loach, d’horribles parents intrusifs et omnipotents ne laissaient d’autre chance à leur fille que de la faire sombrer dans une schizophrénie profonde. Les psychiatres, volontiers à la botte du pouvoir, sont prêts à interner et à transformer chimiquement tout individu mettant en péril la société et son ordre moral.

Malheureusement, si notre société génère incontestablement une souffrance psychique et si certaines familles sont plus pathogènes que d’autres, la maladie mentale ne se réduit aucunement à cela. Une psychose infantile ou une schizophrénie plus tardive produisent des désorganisations psychiques irréversibles, font surgir des délires terrifiants, sont à l’origine d’abominables troubles du comportement, de violence, d’automutilations.

L’amour des proches, la compassion, l’écoute et l’empathie, s’ils sont indispensables, ne parviennent jamais seuls à endiguer ces symptômes. Il faut se résoudre à enfermer, à exercer une coercition, à prescrire des médicaments qui, en diminuant le délire, abrasent aussi le psychisme, et ôtent une part de vie. Et qui, de plus, font grossir… Les institutions les plus humaines, clinique La Borde en tête, ne font pas exception à cette douloureuse nécessité.

En somme, la vie n’est pas belle. Elle n’a pas de sens. La femme, l’homme ne sont que des acteurs qui suivent les points de suspension. Toutes les révoltes et les cris qui les accompagnent sont inutiles parce qu’il y aura toujours des maux et que dire “Non” ou demander “Pourquoi ?” devant une injustice ne sert à rien puisque la nature a toujours raison. Chiche ! Et dire que je croyais qu’il fallait imaginer Sisyphe heureux et que se révolter était une manière d’être.

samedi 13 octobre 2007

Il suffisait d'un NON

« Il a donc fallu que ce soit BHL qui déchire la ouate des circonlocutions et des atermoiements. Oui, Bernard-Henri Lévy. Il a tous les défauts du monde, BHL. Oui, c’est un milliardaire. Oui, c’est le prototype de la «grande âme», de la gauche caviar, de la diva, de tout ce qu’on voudra. Oui, il se recoiffe sous les bombes. Oui, il cherche la caméra. Oui, à chaque publication de livre, ou sortie de film, il sature les ondes, à en donner des envies d’exil extraplanétaire. Oui, sans doute (on n’a pas vérifié), il habite à mi-temps un palais au Maroc. Tous les défauts du monde. N’empêche qu’on en est là : il a fallu que ce soit BHL qui vienne gueuler un matin à France Inter que trop c’est trop, que le discours de Dakar de Sarkozy sur «l’homme africain» était tout simplement raciste, que «le mec qui lui écrit ses discours» (Henri Guaino) est un maurrassien et un raciste, que tous les socialistes et socialistoïdes ralliés sont avant tout des fatigués, qui ont renoncé. Bref, qu’il reste, sinon forcément une droite et une gauche clairement identifiables, au moins des camps, des valeurs, des frontières. Et des mots pour le dire. Et surtout des voix pour le crier, comme avant. Des voix non muselées.

L’important, ce n’était pas ce qu’il disait, ce matin-là. Mais ça faisait du bien, dans les salles de bains, d’entendre cette voix-là crier dans son micro. Démontrer par le décibel qu’on peut encore crier. Que tous les crieurs d’antan ne sont pas devenus ministres, ou hauts-commissaires, ou présidents de commissions de réflexion, que tous ne se sont pas transformés en prélats de la circonlocution, en orfèvres du «je n’aime pas beaucoup ça, mais ça ne m’indigne pas». ». Daniel Schneidermann, “BHL ou l’Opposition Vocale.

dimanche 19 août 2007

Garde à vue

J’ai vu cette nuit (1 heure du matin) un excellent film Garde à Vue de Claude Miller avec Lino Ventura, Michel Serrault et Romy Schneider. Je devrais dire « revu » car en voyant le film je me suis souvenue que je l’avais vu très jeune mais qu’il ne m’avait intéressée parce que c’était plutôt ma mère qui le regardait et j’étais alors trop jeune pour apprécier un film qui prend le temps qu’il faut pour raconter une histoire. Le film est superbe et surtout le scénario est très bien écrit parce que jusqu' à  la fin on se dit que Michel Serrault qui joue le rôle d’un notaire soupçonné d’avoir étranglé et violé (et non violé et étranglé comme il le dit lui-même) deux petites filles est coupable (qu’il a quelque chose de noir sur la conscience) de quelque chose mais on se demande si c’est du meurtre ou de quelque chose. A la fin évidement, alors qu’il finit par avouer après que sa femme jouée par Romy Schneider a aidé le flic, Lino Ventura, qui l’interroge, la police découvre le véritable assassin mais le film ne se termine pas un happy end à l’américaine car on se pose les questions suivantes : Qu’est qui fait de l’autre un coupable ? Peut-on véritablement être innocent lorsqu’on choisit d’avouer un crime ignoble qu’on n’a pas commis ?

Une autre chose qui m’a fascinée est le concept bien français de la garde à vue durant lequel le suspect n’a même pas le droit d’avoir son avocat présent ou de ne pas répondre aux questions alors qu’aux Etats-Unis, c’est le contraire puisqu’à tout moment, un suspect peut se taire et demander à voir son avocat. Ce qui est aussi fascinant est le fait qu’aujourd’hui le personnage de Michel Serrault n’aurait pu être sauvé que par la science car il était en quelque sorte le coupable idéal, c'est-à-dire un coupable que les medias auraient adoré puisqu’il est tellement multidimensionnel qu’il leur aurait permis de faire de l’audience et sa belle femme serait probablement devenue une célébrité en faisant toutes les émissions de télé pour expliquer qu’elle avait sa première victime. Bref, en regardant ce film, je me suis dit que le mot justice était en phase de devenir un vieux et gros mot parce qu’il me semble que de nos jours, l’accent est mis sur le mot châtiment et qu’alors le plus important devient de trouver un coupable et non le coupable puisqu’il est plus facile de punir sans juger en cédant aux mêmes pulsions destructrices qui font les foules en Iran dilapider des femmes soupçonnées d’infidélité.

Pour finir, j’aimerais parler de Michel Serrault car je crois que ce rôle dévoile un aspect de son talent qui est hélas resté dans l’obscurité. Il est le personnage le plus important du film car tout repose sur lui et il joue tellement bien son rôle que Lino Ventura et Romy Schneider, qui a un rôle important mais secondaire, le suivent en acceptant qu’il est au centre de l’action. En regardant ce film, je ne sais pas pourquoi mais je me suis dit que c’était un homme qui avait dû souffrir beaucoup et devait être habitué à ne pas montrer sa douleur par pudeur parce qu’à un moment du film, lorsqu’il parle de sa femme et du fait qu’elle l’a vendu aux flics en le parlant d’un épisode douteux avec sa jeune nièce, il a un regard tellement poignant qu’on se dit que ce n’est pas juste le personnage mais aussi l’acteur qui accepte que la douleur et le fait d’être torturé par sa conscience sont des choses auxquelles on ne peut résister ou plutôt qu’on ne doit pas résister.

lundi 30 juillet 2007

Adieu l'artiste


J’adorais Michel Serrault parce que je pense qu’il était un des meilleurs acteurs de sa génération et que surtout contrairement à beaucoup d’autres, il n’avait la prétention ni d’être le plus grand, le plus beau et surtout ni celle de croire que parce qu’il avait quasiment tout réussi certains rôles étaient en dessous de son talent. Malheureusement, je pense qu’avec Serrault se ferme une des plus pages du cinéma français se referme, une durant laquelle les acteurs restaient conscient qu’ils étaient là non pas pour se servir mais au service d’une œuvre.

dimanche 29 juillet 2007

Tous les problèmes de sociétés sont-ils des problèmes politiques?

« Doit-on s'inquiéter de ce que les élèves ne voient pas assez de films au cinéma et à la télévision, et en particulier pas assez de films violents ? Oui, si on en croit le ministère de l'Éducation, qui a décidé le 25 juillet 2007 qu'il fallait que tous les collégiens et lycéens de France voient le film 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Ce film, lauréat du prix de l'Éducation nationale et palme d'or au Festival de Cannes, va à ce titre être distribué dans tous les collèges et lycées par le Centre national de la documentation pédagogique (CNDP). (…) Alors que beaucoup d'élèves ne connaissent pas les grands classiques de la littérature, voici que l'école se mêle de leur faire voir de tels films, avec la bénédiction du gouvernement. Une fois de plus, nos élèves vont donc faire les frais des basses manoeuvres de groupuscules militants qui n'ont que faire du bon sens, de l'éducation, et du respect des consciences. Et tant pis pour les rares enfants que leurs parents auront réussi à préserver jusqu'ici des atrocités diffusées jusqu'à plus soif par le cinéma et la télévision ». Vincent Laarman, “M. Darcos, Pourquoi avez-vous reculé?

samedi 21 juillet 2007

L'art de vivre

jeudi 12 juillet 2007

La philosophie du vide


dimanche 10 juin 2007

L'autre Mitterrand


mercredi 23 mai 2007

Michael Moore et Sicko


On parle déjà du nouveau film Sicko de Michael Moore. Je me demande cependant si beaucoup de gens pourront le voir car je pense qu’il risque d’être boycotté par plusieurs distributeurs réduisant ainsi le nombre de salles dans lesquelles il sera vu. Moore bien sûr a raison sur le système de santé des Etats-Unis. Je pense malheureusement que les choses ne changeront pas avant très longtemps en dépit du fait que ce problème commence à devenir une priorité pour une partie de l’électoral. La première raison est que nous commençons une longue période électorale qui s’achèvera par l’élection d’un président ou d’une présidente qui n’aura qu’une faible majorité au Congrès et qu’avoir une faible majorité n’est pas suffisante pour changer un système qui profite à trop de personnes. La seconde raison est que l’échec retentissant de la dernière tentative sérieuse de reformer le système de santé américain avait montré que ce sujet pouvait fragiliser un nouveau président. En effet, au début du mandat de Bill Clinton, Hillary avait essayé de reformer ce système mais avait échoué alors que les démocrates étaient largement majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Aucun nouveau président n’osera prendre le risque de s’attaquer à ce problème de peur de paralyser sa présidence d’entrer de jeu et de ne pas être réélu. Le vrai problème est à mon avis que tout le monde sait que le système fonctionne mal mais que personne n’a aucune idée de comment le changer sans se faire exploser.

samedi 24 février 2007

Les humiliations n'ont pas de couleur


Cette vidéo est extraite de l’excellent film Collision qui a reçu l’Oscar du meilleur film l’année dernière et qui malheureusement n’a pas été vu hors des Etats-Unis bien que je pense qu’il contient des leçons essentielles pour les sociétés multiethniques et multiculturelles. Dans cet extrait, un blanc qui a des préjugés anti-noirs se retrouve face à une noire qui est responsable de l’assurance de son père qui souffre beaucoup. La dame aussi n’est pas chaleureuse et tout finit par se résumer sur une question de couleur alors que le vrai problème est ailleurs puisqu’il est celui des défectuosités du système d’assurance et de santé Américain. J’aime dire que les humiliations n’ont pas de couleur. Lorsqu’on est noir, blanc, beur ou extraterrestre, une humiliation fait toujours très mal et met toujours en colère justement parce qu’elle nous rabaisse en faisant de nous des sous-êtres pour utiliser un terme que George Frêche aime beaucoup. Chacun de nous a horreur de se sentir humilier pour quelques raisons que ce soit et justement dans le film, l’humiliation ait la cause de tout et elle mène à des confrontations qui sont presque toujours violentes. Le film Collision est excellent parce qu’il montre qu’on peut avoir des préjugés et être raciste mais rester humain parce que la haine, la colère, le ressentiment ne tuent pas toutes les graines d’humanité qui sont en nous. Après tout, les plus grands monstres n’ont-ils pas montré qu’ils pouvaient agir comme Monsieur et Madame tout le monde ? Hitler aimait passionnément Eva Braun et même Papon avait une famille. Dans Schindler’s List, l’officier Nazi sadique joué par Ralph Fiennes aime une juive et il sent bien que cet amour lui rappelle qu’elle est aussi sinon plus humaine que lui et c’est cela qui rend leur relation perverse. Les humiliations n’ont pas de couleur, nous restons des êtres humains même lorsque nos actes sont monstrueux et doivent être condamnés justement au nom de cette chose que nous avons tous en commun, notre humanité. Eluard disait que le bien et le mal devaient leur existence à l’abus de quelques erreurs. Il avait raison.

vendredi 26 janvier 2007

Un monde de femmes

Cette vidéo est extraite du film Calmos de Bertrand Blier. Elle est fascinante parce qu’elle en dit long sur les femmes, la féminité, la condition de femme et les rapports femme/femme et femme/ homme.

samedi 20 janvier 2007

Vive la Force!

« La gauche narcissique est persuadée que le ringardisme est en face. Alors que les médias moutonniers brocardaient la « grand-messe à l'américaine » de l'UMP et le « sacre », Julien Dray y voyait le retour « de la droite violente ». Or, l'opinion a bien accueilli la démonstration de puissance de Sarkozy, dont rien ne dit, non plus, qu'il a eu tort de serrer la main de George Bush, comme on le radote. La force répond à une attente». Ivan Rioufol, “Les limites de la méthode Royal.”

mercredi 20 décembre 2006

Qui se ressemble...

«Réservé aux invités de marque de Dieudonné pour son spectacle Dépôt de bilan au Zénith de Paris, le carré VIP ressemblait lundi soir à une réunion du bureau politique du Front national.

Bruno Gollnisch, le numéro 2 du parti d'extrême droite, arrive escorté par Marc Georges, ex-militant frontiste dans le Val-d'Oise et ancien directeur de campagne de Dieudonné, et Frédéric Chatillon, ancien responsable du Groupe Union Défense (GUD) de Paris et proche de l'humoriste. Il s'assoit non loin de Roland Dumas, ex-ministre de Mitterrand. L'épouse du chef, Jany Le Pen, accompagnée de Jean-Michel Dubois, responsable des grandes manifestations du FN, s'installe dans l'emplacement réservé aux personnalités non loin d'Alain Soral et de Thierry Meyssan. Ce dernier, jadis champion de la lutte anti-FN via le Réseau Voltaire, échange quelques mots avec Gollnisch. D'autres responsables du FN comme Eric Iorio, époux de Marine Le Pen, Eric Pinel et Farid Smahi, également invités, ont pris place dans la salle » . Christophe Forcari, “Au Zénith, Dieudonné frontnationalisé ”.

samedi 18 novembre 2006

Les noirs contre les blancs : L’avenir du monde peut se jouer dans un match de basket-ball.


Et si c’était toujours ceux qui détestaient le plus qui finissaient par gagner aussitôt qu’ils arrivaient à diviser ? Cette vidéo est extraite d’American History X qui est un film qui parle d’une jeune qui examine la transformation de son frère de jeune néo-Nazi à quelqu’un de différent et qui a du mal à l’accepter parce que son frère lui a appris tout ce qu’il savait surtout la chose la plus fondatrice qui était la haine des autres et la certitude de sa propre supériorité. Dans ce match de Basket, à un moment, les autres acceptent de jouer blancs contre noirs et l’erreur vient de là car une fois qu’on accepte que la différence de peau est plus importante que tout, ce qui doit suivre ne fait plus de doute. Lorsque quelqu’un dit je suis noir ou je suis blanc, la question qui devrait suivre cette affirmation est « et alors ? » Etre noir ou blanc ne nous apprend rien sur quelqu’un, ne nous dit rien de sa vie et de sa manière de pensée. Si la réponse à la question qui sommes nous, n’est plus des êtres humains tout simplement alors quelque chose dans l’humanité s’est brisée son avenir n’est plus le métissage et le cosmopolitisme mais l’affirmation de la pureté et la supériorité de nos différences. J’écoutais quelqu’un dire que des femmes blanches ne devraient pas avoir des enfants noirs et je me suis dit que cette affirmation n’était pas seulement raciste mais intégriste parce qu’elle voulait dire que la couleur de peau est plus importante que tout et surtout l’amour qu’une mère peut avoir pour un enfant que même si elle n’a pas mis au monde, elle aimera plus que tout. Si cette personne a raison, nous n’avons pas d’avenir parce que le métissage est impossible, et qu’il faudra toujours choisir un camp, une religion, un groupe, un pays, une religion et une couleur. Que fera-t-on de ceux qui comme moi refuseront de choisir ?

vendredi 06 octobre 2006

L'erreur est humaine mais peut être dangereuse en politique

« L'erreur de M. Sarkozy n'est pas d'avoir fait appliquer - tardivement - une décision de justice sur l'évacuation du squat de Cachan : c'est d'avoir ensuite laissé pourrir la situation, en campant sur une position intransigeante sur les occupants sans papiers. Le ministre ne pouvait pas douter un instant de la forte médiatisation de cette situation - avec un écho qui a, encore une fois, livré des images indignes du pays des droits de l'homme que la France veut être -, avec son cortège de manifestations et une implication croissante d'artistes. Il ne pouvait pas prétendre s'en sortir en fustigeant, comme il l'a fait le 3 octobre à l'Assemblée nationale, des "associations politisées irresponsables" ou en s'en prenant injustement au maire de Cachan sous prétexte qu'il est socialiste. »  Editorial du Monde du 6 Octobre, 2006, “L’Erreur de Sarkozy.”

vendredi 29 septembre 2006

Cette histoire qui ne passe pas

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Je viens de lire l’article de Patrick Adam sur le film Indigènes « "Indigènes" : remplacer une amnésie par une autre » dans lequel il dit cette phrase qui est lourde de sens, « (…) il n’est pas sain de reconstituer l’histoire selon nos critères actuels, juste pour faire pleurer dans les chaumières. » Cette réaction est très humaine car elle est celle de tous ceux qui aiment tellement mal la France qu’ils ne peuvent pas lui pardonner ses erreurs et ses conneries pour utiliser un terme d’aujourd’hui. L’article de Patrick Adam m’a rappelé les propos d’Ivan Rioufol en début d’année dans lequel il dénonçait l’autoflagellation,

En s'appliquant l'autoflagellation, la France en quête de destin laisse son passé lui échapper. Où est la fierté quand le bicentenaire d'Austerlitz est célébré en catimini, de crainte d'irriter des minorités ? D'autres pays européens, davantage impliqués dans la traite des Noirs ou le colonialisme, se gardent de succomber à cette mésestime de soi. L'exercice n'effleure pas les pays arabes et africains, premiers des esclavagistes. (...) Que la nation regarde son histoire en face est la moindre des choses. L'esclavage et le colonialisme doivent être enseignés au même titre que la Saint-Barthélemy, le génocide vendéen, le zèle collaborationniste de Vichy. Cependant, les demandes de repentances ne cherchent plus seulement à consolider des souvenirs. Elles sont utilisées pour s'approprier des plaies et marquer des humiliations. Un refus de l'héritage commun accompagne souvent ces dénigrements.

Comme je l’avais écrit à l’époque tous ceux qui aujourd’hui oppose fierté et honte lorsqu’ils parlent de la patrie et qui trouve suspect toute tentative aussi imparfaite et incomplète soit telle de regarder les zones d’ombres de l’histoire Française , sont des gens qui ont une conception très prosaïque et très machiste de l’amour dans le sens où pour eux l’impureté, la critique et fait d’être scandalisée par les ignominies de l’histoire ne vont pas ensemble avec le patriotisme et la fierté d’être Français.  Ces personnes là qui sont tellement folles de France qu’elles doivent tout relativiser et faire du rejet une preuve d’amour s’obstinent en fait à ne pas apprendre la leçon que les femmes ont apprise depuis Eve : la plus belle preuve d’amour est d’accepter les défauts, les dérives et surtout les infractions de la chose, de la personne et du pays qu’on aime. Il ne peut y avoir de grandeur sans rejet des bassesses du passé et surtout plus un pays à des désirs de grandeur et d’avenir hors du commun plus il doit condamner chaque acte qu’il pose qui n’est pas à la hauteur de ses idéaux. Il n’y a que les états totalitaires où la fierté nationale se décrète en donnant naissance au nationalisme et fait le choix coupable non pas seulement d’oublier l’histoire mais surtout de justifier l’injustifiable en utilisant des arguments créatifs mais sans valeurs et en dénonçant la culpabilité des autres comme pour dire, « le fait que nous soyons tous coupables et qu’à l’époque ces injustices étaient acceptables nous déresponsabilise et nous interdit de porter tout jugement sur notre passé. »

mercredi 27 septembre 2006

Un film, une histoire et des vérités ?

On peut réagir différemment en voyant le film Indigènes. On peut dire non au passé en pensant qu’il salit sa patrie ou on peut être fier de l’audace très française de Rachid Bouchared qui a osé faire un film qui aurait dû être fait il y a tellement longtemps. La question pour moi n’est pas celle de savoir si le fait reflète une vérité absolue mais plutôt celle de savoir s’il va pouvoir au moins unir les Français autour d’une vérité qui est tellement banale qu’elle devrait cesser d’être dérangeante. La « France » n’est pas un produit purement Français, elle a été faite par des gens, des peuples qui n’avaient rien de Français en eux que leur contribution (volontaire ou non) à la grandeur de la France et leur espérance naïve que la France se souviendrait de cela un jour en faisant la même chose pour leurs enfants. Les clips qui suivent montrent les différentes réactions que le film suscite.



mardi 15 août 2006

L’imbécillité et le sensationnalisme : Pointer d’un doigt sale Steven Spielberg

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Je viens juste de lire le court « article » d’Olivier Bonnet qui accuse Steven Spielberg d’avoir choisi son camp. Ma première réaction est brutale : Olivier Bonnet est un imbécile ou juste un ignorant qui joue perfidement le rôle de Zola. Si je comprends bien pour Olivier Bonnet, deux camps existent, celui des bons et des méchants, celui des arabes et des juifs et celui des hommes et des sous-hommes. Pour Olivier Bonnet, Spielberg en choisissant d’aider « les juifs » qui sont des êtres humains comme les autres, fait un mauvais choix parce qu’il ne demande pas pardon pour les « crimes » de l’état d’Israël en aidant les Libanais mais s’en rend complice en choisissant d’aider des Israéliens . C’est tout simplement scandaleux ! Comment en est on arrivé à juger la valeur d’un geste humanitaire en fonction de la nationalité ou de l'ethnicité des personnes assistées? Si Steven Spielberg n’aidait pas les victimes Israéliennes, qui les aiderait ? Certainement pas des personnes comme Olivier Bonnet qui pensent que lorsqu’on est Israélien on n’a pas le droit à la compassion. Steven Spielberg est un humaniste. On le voit à travers ses films. L’accuser d’avoir choisir le mauvais camp parce qu’il aide des victimes Israéliennes est d’une grande lâcheté morale parce que cela prouve qu’on a décidé d’arrêter de penser juste pour juger, haïr et détruire. Lorsqu’on est juif, Américain, et riche, on a encore le droit d’être libre.

dimanche 06 août 2006

R.A.S.

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Il est 1 heure du matin et je viens juste de rentrer chez moi. Je viens de voir un film qui était pas mal, Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby. C’est un film amusant mais c’est de l’humour américain donc je ne pense pas qu’il marchera en France surtout étant donné qu’un des personnages principaux est gay et « Français » , c'est-à-dire Français pour les Américains dans le sens où il a toutes les caractéristiques que les Américains pensent que les Français ont mais bon ce n’est une comédie et rien de tout cela n’est pas vraiment méchant surtout que le personnage même s’il est grotesque est plutôt réussi. Demain, je vais faire la grasse matinée et surtout profiter de la baisse de la température pour enfin avoir un sommeil reposant. Espérons que le pire est derrière et que les derniers jours de l’été seront tolérables.

mercredi 02 août 2006

Ah Mel !

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Le nom de Mel Gibson est sur toutes les langues aux Etats-Unis et la question que tout le monde se pose est celle de savoir si ses propos antisémites (tenus durant son arrestation pour conduite en état d’ivresse) affecteront sa carrière. Pour moi, je me demande plutôt si cet incident changera Mel Gibson et le forcera à confronter le fait qu’il a un problème qu’il ne veut pas reconnaître. Je n’ai pas été surprise par cet incident parce que déjà lorsqu’il promouvait son film La Passion du Christ, j’avais été mise mal à l’aise par les propos de son père qui niait la Shoah, par le refus de  Mel Gibson de les dénoncer, par la manière dont il avait vendu son film en s’alliant avec la dure droite chrétienne, et surtout par le contenu du film lui-même. La Passion du Christ était un « grand » film qui dévoile tout le talent de Mel Gibson en tant que metteur en scène mais aussi un bon nombre de ses préjugés car le film répète des stéréotypes sur les Juifs qui sont vieux comme le monde tel que celui qui fait d’eux des personnes cupides qui vendraient tout pour un sou . Je ne sais pas si Mel Gibson est antisémite mais je pense qu’il a des idées reçues négatives et dangereuses sur les juifs qui lui viennent probablement de sa famille et du fait qu’il vient d’une branche ultra-traditionaliste du Catholicisme qui rend les Juifs responsables de la mort du Jésus. Mel Gibson a demandé pardon hier pour avoir dit des choses qui sont inexcusables et je pense que l’avenir nous dira s’il aura compris que le problème n’est pas le fait d’avoir dit ce qu’il a dit mais de le penser. Jackie Mason, le grand humoriste Américain, a dit hier que lorsqu’on est ivre on dit n’importe quoi et surtout des choses qu’on ne pense pas. Le problème de Mel Gibson est que beaucoup de gens (dont moi) le soupçonnaient déjà d’avoir un « problème » avec les juifs et que l’incident de la semaine dernière n’a fait que confirmer cette suspicion . Quand à la carrière de Mel Gibson, (elle est secondaire dans tout ce scandale), il est le seul à pouvoir la sauver en reconnaissant qu'il a des préjugés  qui déforment sa vision des choses et en apprenant que contrairement à ce qu’il pense les juifs ne contrôlent pas le monde et ne sont pas responsables de tous les maux dont souffrent l’humanité.

mercredi 05 juillet 2006

New York, New York, un long résumé de mes vacances : marche à pieds, football, et Madonna

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Je suis de retour après quelques jours à New York. Revenir à Washington après avoir passée cinq jours dans ma ville favorite me serre le cœur même si la capitale américaine a aussi son charme. Mon séjour a été intéressant et c’était la première fois depuis très longtemps que je me coupais du monde en résistant au besoin que j’avais d’écrire et surtout de commenter l’actualité.

  1. Je suis arrivée à New York le Vendredi Soir (Le 30 Juin). Il faisait très chaud et j’ai tout de suite eu envie d’aller sur Times Square et de flâner dans la rue (ce que je ne peux faire à Washington, DC puisqu’il est très difficile de se déplacer dans cette ville à pieds). Bref, j’étais heureuse de me retrouver à New York après y avoir travaillé quelques temps et je me suis rendue compte que ce que j’aime à New York est le fait qu’elle est en mouvement perpétuelle et que c’est une ville qui ne dort pas. Je suis rentrée dans mon hôtel à près de 4 heures du matin et j’ai pu trouver un restaurant chinois ouvert.
  2. Le Samedi, je n’ai rien fait avant le match France Brésil car j’étais trop anxieuse. J’ai regardé le match avec un groupe d’amis qui supportait le Brésil et lorsque l’arbitre a sifflé la fin du match, j’ai pris beaucoup de plaisir à les chambrer. Pour fêter la victoire, je suis allée dans le restaurant Brésilien, le plus célèbre de New York, Churrascaria. J’étais sur un nuage. J’y suis toujours d’ailleurs même si je commence à avoir peur que la belle aventure des Bleus risque de se terminer aujourd’hui contre le Portugal. J’ai peur car les Bleus sont les favoris et je me dis que cela peut leur porter malchance.
  3. Le Dimanche, je suis allée à la Bibliothèque de New York (New York Public Library) pour me relaxer et lire un peu. Et enfin Dimanche soir a eu lieu l’événement qui m’avait vraiment fait venir à New York : le concert de Madonna au Madison Square Garden. Je suis une fan absolue de Madonna donc je ne peux que dire que ce concert était superbe (et c’est la vérité). Je vous recommande de faire tout pour le voir lorsqu’elle sera en Europe à la fin de l’été. C’était la quatrième fois que je voyais Madonna sur scène et cette fois-ci comme toujours j’ai appris quelque chose de nouveau, qu’il est important pour chacun d’entre nous de savoir quelles sont ses limites et de les accepter afin de pouvoir les transcender. Ce que j’aime chez Madonna est le fait qu’elle sait ce qu’elle fait bien et qu’elle s’accepte telle qu’elle est sans chercher à devenir quelqu’un d’autre.
  4. Le Lundi a été plutôt calme. J’ai finalement craqué et j’ai regardé mes emails et j’ai lu la presse Française pour voir ce qu’elle disait sur « l’exploit » des Bleus. Dans le New York Times, ce matin-là, il y avait un article sur la crise à Paris Match et sur la relation entre Sarkozy (sa vie privé) et Lagardère. Je me suis dit en le lisant que le fait que les liens entre les medias et les politiques en France deviennent aussi étroits et surtout que la ligne entre la vie publique et la vie privée devienne floue est un des mauvais côtés (il y en a des bons) de ce qui est pour moi l’Américanisation du monde politique Français.
  5. Finalement, mon dernier jour à New York était le 4 Juillet, le jour de la fête Nationale Américaine. Je suis allée voir un film vers Midi, Devil wears Prada (Le Diable s’habille en Prada) que j’ai beaucoup aimé surtout parce que Meryl Streep y est, comme à l’accoutumé, sublime. L’après-midi, je suis retournée dans ma chambre d’hôtel pour voir la demi-finale et tout de suite, je me suis dit que l’Italie, non que l’Allemagne allait perdre ce match. Pourquoi ? Parce que les joueurs avaient peur de perdre et qu’à un moment ils se sont dits qu’ils avaient atteint leur objectif en atteignant les demi-finales et que l’Italie était une meilleure équipe. Je n’ai pas vu les prolongations car j’ai dû aller à la gare et c’est quelqu’un dans le train qui m’a dit que l’Italie avait marqué deux buts pendant les prolongations. Cela m’a fait mal au cœur car j’ai pensé à la France et je me suis dit que peut-être que c’était une manière pour le sort de faire en sorte que la Finale soit Italie Portugal. La question que je me pose est la suivante : cela ferait-il plus mal aux Français de perdre contre le Portugal ou contre l’Italie ? Je suis pessimiste parce que je n’arrive pas à être optimiste.
  6. Ah, j’allais oublier de parler de l’affaire EADS ! Quelle Honte ! Pourquoi faut-il que les intérêts nationaux et personnels soient plus importants que l’intérêt Européen ? Je n’aime pas le fait que les Etats et les politiques jouent un rôle trop important dans la gestion d’une entreprise même si elle a une importance nationale. Je ne crois pas à la notion de tandem exécutif car je pense que pour diriger une grande entreprise, il faut un chef, un commandant de bord pour éviter le manque de cohésion au sein de l’entreprise, pour mettre l’accent sur la responsabilité de l’exécutif et surtout pour éviter que le bateau coule. 

samedi 29 avril 2006

Choisir : voir ou ne pas voir United 93

Je dois faire un choix difficile à faire : celui de voir ou de ne pas voir United 93, le premier film d’Hollywood sur le 11 Septembre. Il raconte l’histoire de ce vol United Airlines qui devait servir s’écraser contre le Capitol, le parlement Américain et donc les passagers s’étaient révoltés et avaient ainsi forcé les terroristes à écraser l’avion en pleine forêt dans la Pennsylvanie. Les critiques du film sont plutôt excellente, cependant quelque chose me retient. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’il est trop tôt pour faire un film sur les événements du 11 Septembre. Je crois plutôt que je n’ai pas envie de revivre ce drame sûrement parce que je ne suis pas suffisamment forte pour voir un film que je sais sera violent. La vérité est aussi que si c’était un film ordinaire c'est-à-dire qui n’était pas basé sur des faits réels, je ne penserais même pas à le voir car je déteste ce genre de film.

lundi 06 mars 2006

Les Oscars et la politique

Oscar J’ai reçu un email d’un de mes lecteurs qui me demandait pourquoi je m’en prenais trop souvent à Sarkozy. Je lui ai dit que mon but n’est pas de m’en prendre à Sarko mais plutôt d’essayer de comprendre en disant ce qui me gène chez lui. Je pense que Sarkozy a « hollywoodisé » le monde politique Français et que les élections présidentielles sont de plus en plus comme la cérémonie des oscars et tous le tapage qui la précède. Le monde politique américain est comme cela de plus longtemps et on sait aujourd’hui quelles sont les conséquences négatives de cela, le fait, par exemple, que les gens votent de moins en moins pour un programme mais pour une personne, pour une image. Sarkozy a mis l’accent sur l’image et je regrette que sa manière de faire de la politique, et de communiquer soit autant encrée sur la création de belles images qui passent dans les medias et qui resteront dans les têtes comme des preuves de compétence. Je pense que si je devais donner des oscars aujourd’hui aux hommes Français, je donnerai celui du meilleur acteur à Sarkozy parce que je pense qu’il a réussi à dominer le débat et surtout à s’imposer comme le président de demain en rendant sa candidature presqu’inéluctable. L’Oscar de la meilleure actrice reviendrait bien sûr à Ségolène Royal car après tout elle réussit jusqu’à un pari fou celui de se faire désirer sans vraiment courtiser. Je pense qu’il faudrait créer un Oscar pour la personnalité politique qui représente la frivolité parce que toute sa popularité n’est basée que sur son physique et ses frasques. Cet Oscar s’appellerait le prix Paris Hilton et irait bien sûr à Olivier Besancenot car il a réussit à prouver que les français sont aussi romanesques que les américains en supportant quelqu’un juste pour son air sympathique. Personne ne me convaincra que si Alain Krivine était encore le porte-parole de la LCR, les idées dépassées de ce parti attireraient autant de monde. 

Les deux plus beaux moments de la cérémonie des Oscars

Les deux plus beaux moments de la cérémonie des Oscars ont été selon moi le discours du réalisateur du film Tsotsi qui a gagné l’Oscar du meilleur film étranger et la réaction de tous les acteurs de Crash (Collision) quand le film a gagné l’Oscar du meilleur film. Le réalisateur de Tsotsi est un Sud Africain Blanc et ses premiers mots ont été en Zulu. Il a été émouvant d’abord parce qu’il a dit que l’Oscar était pour l’Afrique et surtout il a insisté pour que la caméra soit fixée sur les deux acteurs principaux de son film. Joyeux Noël n’a pas gagné mais je pense que Tsotsi méritait l’Oscar. J’avais déjà dis que je pensais que Crash était le plus beau film de l’année 2005. Je n’avais pas alors vu Brokeback Mountain qui est aussi un excellent film mais je pense que Crash a gagné parce que son message est plus fort et surtout plus compréhensible pour Hollywood qui après reste assez chatouilleuse sur les questions d’Homosexualité. Mais bon, la cérémonie a été moins longue parce ce qu’ils ont écourtés les discours et je pense qu’elle a été un peu fade parce que Jon Steward, le présentateur que j’apprécie énormément, n’était pas celui qu’il fallait pour lui donner un bon coup de punch mais enfin, ce sera sûrement mieux l’année prochaine.

vendredi 03 mars 2006

Cinéma, critiques et patriotisme

800pxhollywood_4 Charles Krauthammer, un commentateur de droite du Washington Post a écrit une critique virulente et injuste du film Syriana qui je crois est sorti en France cette semaine. Il dit en autre que le film est anti-américain et que surtout que Osama Ben Laden n’aurait pas pu écrire un aussi bon scénario pour montrer à quel point les Etats-Unis sont une force du mal. J’ai vu Syriana deux fois et je pense que c’est un film qui a le mérite de ne pas recourir aux formules faciles qui l’auraient rendues plus hollywoodien et qui ne sacrifie pas la complexité de son sujet au nom de sa commercialisation. Je pense que l’analyse de Mr. Krauthammer démontre le fait que beaucoup trop de gens pensent que le monde est divisé en deux, le bien et le mal et que toute tentation d’expliquer comment le mal prend fruit est non seulement inutile mais une apologie de celui-ci.

samedi 18 février 2006

Harrison Ford, Batman, Superman, Bush, Sarkozy et les autres: le complexe du superhéros

Harrison_ford J’ai vu deux films d’Harrison Ford cette semaine, un est un film qui est sorti la semaine dernière aux Etats-Unis, Firewall. C’est un film qui aurait pu être mieux car je pense qu’à un moment le scénario empêche l’action et étouffe l’énergie du film. Mais bref, Harrison Ford joue le rôle typique du mec ordinaire dont la famille a été kidnappée et qui dans cette adversité montre malgré son âge car il a plus 60 ans (63) qu’il est prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime même à tuer. Ce que j’ai aimé dans le film est le fait qu’il est plutôt moderne dans le sens où la technologie utilisée par les personnages est celle du monde d’aujourd’hui. J’ai aussi aimé le fait qu’Harrison Ford joue le rôle de quelqu’un de son âge et que sa femme n’était une jeunette même si ses enfants dans le film était un peu trop jeune (Il avait un fils de moins de 10 ans et une fille de moins de 16 ans). Enfin mon opinion sur Firewall est que c’est un film que les fans d’Harrison Ford vont aimé sans adorer et que parce que c’est l’hiver, et qu’à mon avis le rôle d’un film durant cette saison est de nous faire oublier le froid, ce film accomplie cette mission.

Fleishersuperman_1  Le deuxième film d’Harrison Ford que j’ai vu cette semaine où plutôt revu car c’est un vieux film est Air Force One dans lequel il joue le rôle du président des Etats-Unis dont l’avion avec à son bord sa famille et des membres importants de son cabinet est pris en otage par des terroristes. Je n’avais pas revu ce film depuis plus de cinq ans et je dois dire que j’ai été frappée à quel point le sujet de ce film était actuel. Le film a été réalisé (1997) avant le 11 Septembre mais je dois dire qu’il pose une des questions qui résume très bien la période dans laquelle nous évoluons, celui du terrorisme, de négociations et surtout celui du rôle qu’un président lorsqu’il est à la tête de l’état d’une superpuissance doit jouer dans un monde où le terrorisme est devenue une réalité quasi-permanente. La question est de savoir si le complexe de superhéros fait de nos politiques de meilleurs leaders ? Ma réponse et j’insiste sur le fait qu’elle n’est pas objective est non.

708pxcaptamerica Au début, Harrison Ford donne un discours en Russie dans lequel il explique que les Etats-Unis non seulement ne négocieront plus avec les terroristes mais qu’ils s’attaqueront à toute personne qui utilise la violence pour terroriser un peuple même si le faire ne sera pas toujours dans leur intérêt national. Le président joué par Ford dit que le terme « intérêt national » est synonyme d’égoïsme et que c’est pour cette raison que tant qu’il sera au pouvoir, il pensera à autre chose qu’au seul intérêt de son pays mais  aussi à celui du monde. Harrison Ford m’a fait pensée au Président Bush à ce moment là parce qu’on sentait que dans son monde la complexité n’existait pas. Les choses étaient claires. Il y avait un bon côté et un mauvais côté. Cela m’a rappelée le discours de Bush après le 11 septembre dans laquelle il a eu cette phrase controversée, « You are either with us or against us (Vous êtes avec nous ou contre nous). » Cependant, la vision du président joué par Harrison Ford est plus à gauche que celle de Bush (Hollywood oblige) car je pense que selon sa doctrine, il serait intervenue au Darfour et au Rwanda par exemple alors que Bush ne l’aurait pas fait parce que pour lui le concept même d’intérêt national est primordial et étroitement lié à sa guerre contre le terrorisme. Bref, je pense qu’Air Force One représente parfaitement l’image d’un président qui voit son rôle comme celui d’un superhéros qui doit sauver non seulement non seulement les Etats-Unis des forces du mal mais le monde.

Les deux films d’Harrison Ford, surtout Air Force One que je vous recommande de revoir, m’ont fait penser au complexe du superhéros, aux problèmes et aux dangers qu’il crée. Je pense que quand un homme politique veut être un superhéros, il arrête précisément de faire de la politique pour faire du secourisme parce qu’il a un besoin pathologique de sauver son pays et de sauver le monde. Il arrête de devenir un homme tout simplement et d’accomplir la première tache qui est la sienne et de gouverner. Les superhéros font de mauvais managers car ils s’ennuient lorsqu’il il s’agit de prendre des décisions sur le déficit, sur le budget, toutes les décisions qu’un président doit prendre au quotidien pour s’assurer que la bonne gestion de son pays. Par contre, ils sont d’excellents chefs de guerre dans le sens où ils sont le plus à leur aise lorsqu’il s’agit de montrer qu’ils sont forts, autoritaires et courageux. Bush, je pense, n’est jamais aussi bon (par bon je veux dire efficace) que quand il exerce ses fonctions de chef des armés et de leader d’une nation en guerre parce qu’alors il sent que le public veut qu’il soit fort et qu’il est une vision simple et claire des choses. C’est pour cela qu’il est difficile pour lui et pour son administration de s’occuper de problèmes comme celui de la reconstruction de l’Iraq et de l’Afghanistan et d’un ouragan comme Katrina. Il a besoin d’action et de sensation fortes et pour lui, ces problèmes là l’ennuient parce qu’il sait bien qu’il faudra y réfléchir chaque jour et qu’il ne pourra pas les résoudre avec la force ou avec une action militaire. Un autre politicien qui souffre du complexe du superhéros est Nicolas Sarkozy même si je pense que parce qu’il a plus de chance de guérir que Bush. Sarkozy n’est jamais autant à l’aise que lorsqu’il est sur le terrain avec les policiers ou en plein crise d’otages comme durant celle durant laquelle il a montré sa bravoure en négociant avec le preneur d’otages d’une école. Comme je le disais, le problème du superhéros n’est pas qu’il n’est pas courageux mais plutôt qu’il ne fonctionne bien que durant les moments de crises et de haute tension et c’est la raison pour laquelle lorsqu’il n’y en a pas, il les crée. Je pense que ce besoin est montré par le fait que Sarkozy ne soit resté très longtemps à Bercy et qu’il n’a pu résister au Ministère de l’intérieur une deuxième fois. Et je crois aussi dans la manière dont il s’exprime, il est possible de sentir ce besoin de sensations fortes et de poser le problème d’une telle manière qu’il devient une crise qu’il peut par la suite en dévoilant son costume de superman résoudre avec son talent évident d’homme politique. Je crois que la manière dont il pose le problème de l’immigration est une preuve de cela et même la manière dont il confronte le problème de l’insécurité. Je ne suis pas en train de faire à Sarkozy un mauvais procès car encore une fois, comme je le répète souvent, il est probablement l’homme politique qui, parce qu’il se voit comme Zorro dont la destin est de sauver la France, pourra faire bouger les choses mais la question avec Sarkozy reste la même, aura-t-il le même courage de change, d’évoluer, de reconnaître ses erreurs qu’il a de changer le modèle français et d’incarner un président beaucoup plus dynamique.

Pour conclure, le complexe du superhéros malheureusement est là pour rester car je pense parce que le monde est moins sûre et parce que les peurs sont intenses, les citoyens du monde vont continuer longtemps de penser que la solution est dans l’élection d’hommes qui leur diront en montrant leurs biceps qu’ils ont la force et la détermination de les protéger contre tous coûte que coûte. Je suis en train de me demander si la solution du complexe du superhéros ne serait pas celui de supernanny. Je vais y réfléchir et je vous donnerai bientôt ma réponse. 

vendredi 10 février 2006

L’importance de l’image et des symboles pour l’intégration

433px1900sc_mammy_card_interracial J’ai vu la semaine dernière un film qui était de bonne qualité et qui parlait d’une histoire amour entre deux personnes d’origines différentes. L’histoire était celle d’une jeune Africaine-américaine plutôt coincée qui a une excellente carrière professionnelle et qui commence malgré elle une relation amoureuse avec un homme blanc qui a moins d’argent qu’elle mais qui est plus libre. Le nom du film est Something New et bien que l’histoire soit sucrée, elle est différente du genre de film que l’on voit d’habitude sur les minorités  (surtout les noirs) à Hollywood. Elle n’est pas caricaturale. Elle réussit à donner un portrait réaliste du milieu africain-américain, de sa culture et de la manière négative dont est perçue les relations interraciales surtout lorsqu’elles sont entre une femme noir et un homme blanc (ce qui n’est pas le cas en Europe). Je tenais à mentionner ce film parce qu’il m’a fait penser au rôle que l’image joue dans le processus d’intégration. Longtemps aux Etats-Unis, les minorités se sont battues pour qu’Hollywood non seulement les représente dans ses produits mais surtout aussi pour que lorsqu’elle le fait cette image soit juste et non caricaturale et sensationnelle. Le problème du processus d’intégration français est qu’elle manque d’images et de symboles qui pourraient être des exemples positifs pour les jeunes français de couleur. Bien sûr que des modèles existent mais il ne représente pas des exemples de tous les jours car même si Zidane est une fierté pour les jeunes qui ont des origines étrangères, il reste une exception parce qu’après tout très peu de jeunes peuvent prétendre avoir son talent et surtout espérer faire la carrière qu’il fait dans le milieu du football. Je pense qu’un système d’intégration qui a pour symbole un footballeur d’exception comme Zidane, un tennisman comme Yannick Noah ou un acteur comme Djamel est un système bloqué. Si pour « intégrer » ou plutôt être accepté par la société française, il faut marquer deux buts en coupe du monde de football, gagner Roland Garros, ou faire rire Catherine Deneuve, les chances de le faire sont très minces pour les jeunes et surtout que la plupart d’entre eux viennent de milieux défavorisés. Lorsque j’ai vu le film Something New, la salle était pleine d’Africain-americains et on sentait leur fierté de se pouvoir un film qui soit plus positif, plein d’exemples pour leurs enfants et surtout pleins d’exemples qui pourront les humaniser auprès du reste de la société en montrant qu’ils sont des américains à part entière qui veulent tous vivre et réussir leur vie. Je me suis dit que malheureusement ce film ne sortira probablement jamais en France et que même s’il sort, il ne sera pas longtemps en salle parce qu’il sera mal traduit (comme le sont presque tous les films qui traitent de sujets particuliers à la société noire américaine) et surtout parce qu’aucun de ses acteurs n’est connu à l’étranger. Je me suis aussi dit que l’on sera que la France a fait de signifiants et indispensables progrès en matière d’intégration lorsqu’on pourra voir un film français qui parle des français de couleurs et lorsque celui-ci trouvera une audience qui est plus large que la communauté qu’elle représente. On a eu ce genre de films en Angleterre avec Bend it like Beckam dont l’histoire se passait dans la communauté Indienne et Sikh britannique. Ce film avait trouvé un large public non seulement en Angleterre mais aussi aux Etats-Unis. J’attends donc de voir sur les écrans français un film qui nous parle de beurs, de noirs, de juifs, et de toutes ces minorités françaises sans faire d’elles des caricatures.

mardi 31 janvier 2006

Les Oscars et les raisons pour laquelle Crash est un film important pour les pays dont les populations sont multiraciales

800pxhollywood_2   Les nominations les Oscars viennent d’être annoncées et je dois dire que je suis très contente du fait que Crash ait reçu six nominations et que surtout il soit nominé dans la catégorie des meilleurs films. Je ne crois pas que Crash ait eu le succès international qu’il méritait. Je trouve surtout dommage qu’on ait pas assez parlé de ce film en France surtout avec ce qui s’est passé dans les banlieues et surtout avec tous ces débats qui se font en ce moment sur l’intégration, le besoin d’augmenter l’égalité des chances pour le monde et sur le colonialisme. Ce film est essentiel parce qu’il aide à comprendre les problèmes qu’il peut y avoir quand des différentes « communautés » sont amenées à avoir des contacts entre elles. Il montre surtout que sous les tensions raciales ou intercommunautaire se cachent non seulement des peurs mais aussi du ressentiment. Pourquoi ? Parce que ce que quelqu’un qui a peur de l’autre ou qui a une mauvaise opinion de l’autre parce qu’il n’a pas la même couleur de peau ou les mêmes origines n’est pas forcement quelqu’un de méchant. Il est plutôt quelqu’un qui a peur d’un être dont la seule chose qu’il sait se limite à ce qu’il a entendu ou à ce que son environnement lui a appris de lui. Cette malheureuse personne est aussi très souvent quelqu’un qui a du ressentiment parce qu’il estime que l’autre, le noir, l’arabe, ou le juif lui a volé quelque chose (une opportunité d’avoir le boulot de son choix à cause de l’action positive, l’affirmative action) ou parce que cet autre possède quelque chose qu’il ne mérite pas (sa nationalité, les aides sociales, son éducation, ou son emploie) et que lui pourtant se bat sans résultat pour acquérir. Crash est un film important non pour ce qu’il dit mais plutôt pour son silence et pour ce qu’il montre. On peut ne pas être d’accord sur plusieurs aspects du film mais au moins après l’avoir vu, on a envie de parler de nos différences non pas pour les affronter et les comparer mais plutôt pour communiquer et surtout se rapprocher.

Joyeux Noël, le film français sur la guerre de 14 (la première guerre mondiale) a été nominé dans la catégorie des meilleurs films étrangers avec Paradise Now (film Palestinien), et Tsotsi (film Sud-africain).