L’ânerie de l'automne est de BHL qui depuis qu'il a libéré la Libye a perdu tout contact avec la réalité (c'est isolant d’être un super-héros) :
On dit toujours que l'argent "n'a pas d'odeur". C'est faux. Car l'argent qatarien a la couleur, qu'on le veuille ou non, d'un État [le Qatar] qui prive ses citoyens de libertés publiques. Il a la couleur d'un pays où l'on traite les immigrés (indiens, pakistanais, philippins) comme des sous-citoyens, quand ce n'est pas comme des sous-hommes ou des esclaves. Ce n'est pas, comme ont dit certains, un argent "sale". Mais c'est un argent (et c'est presque pire) gagné par des autocrates dans un pays non démocratique dont les banlieues sont des Villiers-le-Bel ou des Trappes à la puissance 10. Serait-il outrecuidant, alors, de poser quelques conditions politiques à la validation de cet investissement ? Non pas, naturellement, la transformation miracle du pays en une démocratie dont chacun sait qu'elle ne se construit jamais en un jour. Mais l'envoi de signes, au moins, indiquant que tant de sollicitude pour les territoires délaissés de notre République s'accompagne bien de la claire conscience de la qualité, de la rareté et même de l'éminente désirabilité du modèle dont ladite République procède. Et, pour prouver cette claire conscience, la soumission à une épreuve politique simple qui vaudrait test de bonne foi et de saine réciprocité : la France accepte l'argent du Qatar ; le Qatar accepte, en retour, la mise en place par la France d'un programme de coopération culturelle et politique autour des valeurs de civisme et de citoyenneté. Tu finances mes quartiers. J'ouvre, dans tes universités, des chaires d'enseignement de cette histoire et pratique de la démocratie qui est ma richesse à moi. Le pacte, si chacun y consent, sera vraiment gagnant pour tout le monde - et d'abord pour le bel et bon dialogue des civilisations et des cultures.
Ah j'avoue que cette hypocrisie facile, convenable et lâche me fait sourire. BHL fait semblant d'oublier que la France est un pays globalisé et capitaliste qui ne renifle l’argent que lorsque cela lui convient sans états d’âmes. Pourquoi s'arrêter au Qatar et ne pas imposer les mêmes conditions aux investissements russes et chinois ? Tiens pourquoi ne pas défendre aux entreprises françaises d’investir dans ces pays et d'autres qui ne sont pas « propres ? »
Il me semble que la question est tout simplement une de malaise devant le fait que de plus en plus en France comme ailleurs le riches sont les barbares et les colonisés d'hier. Pour cette raison, on leur refuse beaucoup des accessoires que l'argent a toujours permis d’acheter depuis le début des temps sans trop de protestation de beaucoup de gens qui ont l'odorat sensible aujourd'hui, la respectabilité ou juste le pouvoir en présumant qu’étant non-civilisés, ils ont des motivations malicieuses.
Allez, osons une provocation délicieux : Vive le Qatar Saint Germain !

