Intéressant propos de Thérèse Sépulchre :
La guerre contre la pensée unique est une guerre sans bataille. Elle compte beaucoup de victimes combattantes mais pas d’ennemis. Ils ne se déclarent pas. Ils se cachent, se terrent, se volatilisent. Impossible de trouver quelqu’un qui se proclame d’emblée « je suis pour la pensée unique ». À la télévision, à la radio, dans les entretiens avec des intellectuels, personne ne représente la triomphante pensée unique. On pourrait voir dans ce silence la malignité du diable qui parvient à vous persuader qu’il n’existe pas. Certes, des provocateurs osent parfois justifier les énormités qu’ils prononcent ou écrivent en arguant « briser un tabou » ou « dire tout haut ce que les autres pensent tout bas » : ils admettent donc un substrat commun de pensée, un consensus caché. Mais ce sont en général les mêmes qui un peu plus tard se déclareront victimes de la pensée unique, du « politiquement correct ». Pas la moindre trace d’un défenseur de la pensée unique. À quoi bon la combattre ? À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, etc.

