De Vincent Hugeux:
On appellera cela le « paradoxe hollandais », le « tango kinois » ou le « tcha-tcha congolais ». Un pas en avant, deux pas de côté. Mardi, au côté de son hôte du jour Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu, François Hollande a fustigé les travers du régime de Joseph Kabila. Et ce, à quatre jours de son atterrissage matinal à Kinshasa, théâtre du 14e Sommet de la Francophonie. Sur le fond, comment ne pas souscrire à ce diagnostic ? « La situation dans ce pays -la République démocratique du Congo (RDC)-, a-t-il asséné, est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition ».
Reste que le locataire de l’Elysée commet là une insolite bourde tactique, au risque d’affaiblir la portée de son message et de sa louable mantra : « Tout dire, partout ». Partout, soit, mais pas n’importe quand. Longtemps hésitant -y aller ou pas ?-, le tombeur de « Sarko » décide in fine de faire le voyage de Kin tout en énonçant les motifs qui, au regard des dogmes énoncés naguère par ses soins, justifieraient un boycott. Il n’est jamais aisé de monter au front à reculons, fût-ce sabre au clair.
Le problème avec les présidents Français et les pays africains est justement le fait qu'ils ne savent pas que l'Afrique n'existe pas et que des pays comme le Congo sont normaux !

