Le morceau choisi de la semaine est de Gaëlle-Marie Zimmermann :
Depuis toujours. C'est une sorte de magie. Le vieux me kiffe à mort. Mais attention, ne nous égarons pas dans du champ lexical de pacotille. Quand je dis "le vieux", c'est le vrai vieux. Pas le senior qui porte beau et qui a su éviter le piège du teint orange en novembre et de la mèche crantée sur le front.
Ce senior-là, sexy, élégant, à l'opposé du Vieux Beau, ce senior dont les yeux sentent le cul et à qui je lancerais sans hésiter ma culotte (j'irais jusqu'à en mettre une exprès, c'est dire si je suis motivée), il en a rien à cirer de mes hormones de mère de famille potentiellement débauchable.
Ce senior-là, il va se comporter de façon logique : soit il sera fidèle depuis 30 ans à son épouse, soit il ira chasser de la chair fraîche. Ce que je ne suis plus, faut être lucide. Je n'ai pas consulté récemment ma date de péremption (elle doit être quelque part sur l'emballage), mais sans me considérer comme de la viande avariée, y aurait comme une légère présomption de matériel recyclé. Alors même si je ne suis pas encore totalement périmée, ma DLUO est largement derrière moi.
Mais voilà, moi j'attire le vieux. Pour donner une idée du créneau, je dirais que ça se situe entre le Viagra et le déambulateur. Et là, je ne parle pas de l'attrait bien naturel du papi nostalgique pour la jeunesse perdue, qui le poussera à reluquer la moindre possibilité de nichon ou de fesse passant à portée de son regard voilé par la cataracte. Non, je parle de la franche concupiscence, celle qui ne laisse aucune place au doute. Hélas.
Nous sommes toujours en 1612! Sans formuler une Lapalissade, j'avoue ne pas comprendre ces vieux qui trouvent leur obsession pour la chair fraiche non seulement acceptable mais légitime.
Je ne devrai pas essayer de comprendre car le monde de la chair est encore celui d'Hobbes mais tout de même avec un peu de culture on devrait apprendre avoir honte de certaines de ses pulsions non pas par moralisme mais par respect pour sa propre humanité.
On me dira l'Age n'a aucune importance mais ce n'est vrai que lorsque le désir est réciproque... Tous les hommes de plus de 50 ans ne sont pas George Clooney ou Philip Roth.

