Parce qu’il est difficile de sortir les poubelles durant les vacances, je n’ai prêté aucune attention à la polémique Richard Millet jusqu’à maintenant. J’avoue que tout ce remue-ménage autour des ordures me fait presque autant rire qu’il me navre.
La question n’est pas de savoir si Millet est raciste parce que d’une certaine manière cela n’a aucune importance puisque ce qui est essentiel est de savoir si son point de vue légitime et 'intellectuellement potable.' Je ne me pose même pas la question de censure parce qu’elle est hors-sujet Ayant un point de vue « américain » sur ces sujets. je considère qu’il est interdit d’interdire de censurer.
Mon avis est qu’évidemment que le point de vue de Richard Millet est légitime. Dans une société aussi « civilisée » soit-elle la stupidité ne peut être bannie et les abrutis ont le droit de s’exprimer. Je n’affirme pas que Millet est un abruti mais seulement que sa manière de penser la France et le monde l’est. Richard Millet fait du Rioufol, avec plus de style et de culture que Rioufol certes, mais avec autant de ressentiment et de suffisance que ce dernier.
En somme, Richard Millet est mignon comme tous ces enfants gâtés qui en ont marre de ne pas être aussi bons au football que Lionel Messi et se réfugient dans leur conviction que la nature est juste parce qu’ils sont convaincus de valoir mieux que ce qu’ils reçoivent mais que ce sont les autres qui ont pourri leur paradis perdu en y introduisant l'injustice et la laideur pour les empêcher de tout avoir. C’est pourquoi lorsque j’ai envie de pincer avec compassion les joues à Richard Millet lorsque je l’écoute en lui disant « pauvre chéri ! »
Mais ce qui est lamentable pour Richard Millet est qu’en s'enfermant dans ses convictions sans les confronter aux réalités et justement aux cultures au sens non identitaire du terme, il finit par ressembler à ce qu’il déteste et dénonce assez justement puisqu’il devient à la pensée politique ce que Calixthe Beyala est à la littérature : une erreur grossière, infâme, artificielle, commerciale et hélas bavarde et omniprésente !

