Je suis d'accord avec Passou quand il dit ça sur l'épilogue de l'affaire Millet qui se termine avec la démission, regrettable de mon point de vue (il faut savoir vivre avec les combattants du mal et autres illuminés lorsqu’on se dit civilisé ou juste cultivé), de ce dernier de Gallimard :
Jusqu’à présent, on croyait que quatre épithètes pouvaient tuer la réputation d’un intellectuel : plagiaire, pédophile, antisémite, négationniste. A la faveur de l’affaire Milllet, on découvre que l’accusation de fascisme, que l’on croyait de longue date obsolète, mais si pratique tant elle est vidée de son sens par son galvaudage même, suffit à ostraciser. (...)On ne se souviendra pas que, dans la France de 2012, un écrivain s’était lancé dans un improbable éloge littéraire d’un tueur raciste afin d’enrichir sa propre réflexion esthétique sur la nature du Mal et en tirer des conclusions politiques encore plus hasardeuses – car le texte qu’il lui consacre n’est en rien mémorable. En revanche, on se souviendra que dans la France de 2012, des écrivains ont exigé et obtenu sa tête. Amère victoire. Pas de quoi être fier.
Hélas, tout ceci n'est que le commencement d'un retour en arrière qui témoigne du fait qu’en France et ailleurs les gens ne se parlent plus mais se crient dessus afin de gagner des victoires faciles et imaginaires contre la barbarie parce qu’ils ne savent plus débattre et convaincre.
Ce siècle n'est pas qu'un mauvais moment mais bien une ère qui considère que tout doit être propre même la liberté et qu’il faut faire disparaître ce qui n’est pas convenable et qui met mal à l’aise.
Il est désespérant de réaliser combien la pensée sous-développée est populaire et se nourrit de mauvaises victoires qui sont en réalité des défaites honteuses et alarmantes de la liberté et surtout de la culture qui se transforme en inculture et en totalitarisme en devenant certaine de sa supériorité sans accepter que celle-ci soit mise à l’épreuve.

