J’attendais avec impatience la réaction d'Alain Gresh sur les points chauds de l’actualité et elle ne me déçoit pas:
Décidément, la liberté d’expression et de manifestation est à géométrie variable. Charlie Hebdo, qui s’en réclame pour publier de nouvelles caricatures (quel courage !), a viré un de ses dessinateurs vedettes, Siné, sur des accusations mensongères d’antisémitisme.(...)Nous vivons en Europe la montée de forces nationalistes, de partis, dont l’axe de bataille n’est plus, comme dans les années 1930, l’antisémitisme, mais bien l’islamophobie. Un climat malsain s’est installé et les idées hostiles à l’immigration et particulièrement aux musulmans se répandent dans les formations de droite comme de gauche. Notre ministre de l’intérieur Manuel Valls ne se différencie que peu de son prédécesseur. Bien sûr, tout cela ne prouve pas que l’on est à la veille de la prise de pouvoir du fascisme, et en dehors de quelques illuminés (comme Breivik), personne ne réclame un génocide des musulmans. Mais peut-on faire comme si ces forces n’existaient pas ? Peut-on reprendre le discours et les propositions de ces groupes, accepter le terrain sur lequel ils se placent, sans risques sérieux ?
Je kiffe Gresh...même lorsqu'il n'a pas raison, il met le doigt sur les vrais maux.
Cela dit, de mon point de vue américain, la liberté d'expression en France, en Europe, et dans tous ces pays dans lesquels il faut faire attention ou avoir le poids de l'histoire, du présent ou d'autres choses sur la langue est un problème parce que justement les politiques et les élites font semblant de croire qu'il suffit d'interdire, de censurer pour tuer des débats essentiels qui sont, parfois, il faut l'admettre, dangereux.
Doit-on accepter de vivre dans un monde propre, pure et sans danger? The answer to the question is no!

