Deux citations sur l'appel de Sarkozy pour une intervention en Syrie:
La première de Mireille Duteuil:
On peut légitimement se demander si, en regrettant que la nouvelle majorité n'intervienne pas en Syrie, Nicolas Sarkozy se soucie prioritairement du sort des Syriens bombardés dans Alep et ailleurs ou s'il veut mettre dans l'embarras son successeur et sortir d'un silence qui commence à lui peser. Sans même polémiquer sur le fait qu'il soit étrange pour un tout récent ex-chef d'État de faire savoir qu'il a appelé au téléphone le responsable de l'opposition d'un pays en guerre, il faut rappeler que la Syrie n'est pas la Libye. Sur aucun plan.
La deuxième de Philippe Bilger:
Comment ne pas voir aussi, dans la démarche mal avisée de Nicolas Sarkozy, la continuation d'une volonté d'effacer les traces et de supprimer les remords ? Il avait rendu dans tous les sens du terme les honneurs à Kadhafi et à Assad. Le premier a été liquidé et le second se verra d'autant plus menacé d'une intervention militaire, pour l'instant inconcevable, que Nicolas Sarkozy a beaucoup à se faire pardonner, et à se pardonner à lui-même. (...) On devine N.Sarkozy ravi de s'être remis dans le jeu, au centre de la curiosité ou de l'hostilité. Il est sauvé : nous reparlons de lui.
En politique, en France particulièrement, peu de morts acceptent d’être oubliés. Il est souhaitable, cependant, que Sarkozy ne revienne jamais (oh il va essayer de revenir), du moins s'il n'apprend pas à mieux se tenir et à rester dans l'ombre.

