Il y a 4 ans, Obama, à mon grand désespoir, faisait rêver en aveuglant/charmant les Américains en les convaincant des pouvoirs miraculeux de l'espoir pour changer leur pays (le message était d'autant plus séducteur qu'il ne mettait pas l'accent sur les sacrifices et les efforts qu'il faut pour changer un pays qui croit autant en sa supériorité qu'en la pensée magique).
En 2012, comme l’écrit Richard Hétu, en résumant un article du New York Times, il n'est plus question d'espoir mais de faire une campagne au ras des pâquerettes pour gagner à n'importe quel prix, c'est moins créatif, moins Walt Disney mais tout aussi cynique et désespérant :
(...)Barack Obama, aux prises avec un taux de chômage élevé persistant, veut convaincre les Américains que Mitt Romney n’a pas les qualités requises pour le remplacer. De son côté, Mitt Romney, faisant face à un adversaire dont la popularité personnelle pourrait l’immuniser contre les frustrations économiques des électeurs, tente de réduire son avantage sur ce plan. Pour parvenir à leurs fins, les deux camps n’hésitent pas à employer les tactiques les plus douteuses, comme l’a démontré Barack Obama cette semaine en ramenant sur le tapis l’histoire du chien de Mitt Romney (voir la vidéo qui coiffe ce billet). Reste à voir quel candidat a le plus à perdre à cette campagne au ras des pâquerettes.
Je sais, je le répète beaucoup trop, mais Obama m'a tuer en SékouTourésant mon Amérique. Le pire est que je ne vois pas comment il peut perdre cette élection parce que les Etats-Unis restent le pays d'au moins cinq films sur Batman, plus de 4 sur Superman, et au moins 3 sur Spiderman. En somme, pour qu'Obama perde il faudrait que Romney incarne mieux le rêve (c'est difficile) ou que les Américains deviennent réalistes (c'est peu probable), il y a peu de chance pour que cela arrive mais bon, l’élection est en Novembre et nous ne sommes qu'en Août.
Au jour d'aujourd'hui, je dirais qu'Obama va gagner parce que, contrairement aux Français qui ont dit non à Sarkozy en ne lui trouvant aucune excuse, la majorité d’Américains va lui en trouver pour ne pas divorcer avec un homme qui les a fait voler si haut que le quitter serait aussi se remettre en question en reconnaissant leur addiction au rêve et au fantastique.

