Je suis d'accord avec Mathieu Bock-Côté quand il affirme ceci:
Les femmes sont soumises à une forme de conditionnement culturel permanent. Leur peur panique : devenir «grosse». (...) Aujourd’hui, la plus simple marque de la féminité est présentée comme un symptôme d’obésité. Scénario. Un homme regarde une femme. Et la trouve belle. Elle croira pourtant qu’on scrute je ne sais quel bourrelet honteux. Oui, je généralise. Mais pas tant que ça. Il y a, dans nos sociétés qui se sont pourtant féminisées culturellement, une forme de haine du corps féminin qui est entretenue par le système de la mode (et probablement par l’industrie de la minceur, mais ici, je spécule). (...) La femme est ainsi écartelée entre deux faux idéaux: la femme enfant ou l’actrice porno. Celle qui veut maigrir à en mourir, celle qui se livrera à tous les chirurgiens pour s’ajouter des implants, pour s’injecter d’étranges toxines. Celle qui jalousera un jour une fillette de quatorze ans. Celle qu’on poussera à se définir exclusivement comme un fantasme masculin barbare, et qui reproduira, ici aussi, une forme de servitude aussi archaïque, dans le rapport de domination qu’elle suggère, que postmoderne, quand on pense aux moyens par lesquels elle opère.
Notre époque a horreur de la volupté parce qu'elle donne des formes et du volume en rendant la possession plus délicate puisqu'alors la chosification de l’être qui doit être pris est pénible: il est difficile de rendre invisible un être dense.

