J'aimerais pouvoir dire que je suis entièrement d'accord avec Jean Quatremer lorsqu'il affirme ceci mais je ne suis pas certaine de pouvoir le faire:
(...) croire que les journalistes sont des êtres d’exceptions capables de séparer leur profession de leurs affects ou de leurs intérêts est une vaste plaisanterie. Le Point s’est livré, dans son édition du 21 juin dernier à un exercice salutaire : l’hebdomadaire a relu les articles écrits par Trierweiler dans Paris Match, entre 2004 et 2006, alors qu’elle entretenait déjà une relation –longtemps demeurée secrète avant d’être couverte par l’omerta journalistique jusqu’en juin 2007 - avec François Hollande tout en couvrant… le PS (elle en sera déchargée fin 2006, ce qui lui évitera de suivre la campagne de Ségolène Royal). C’est édifiant. Dès 2004, Hollande est peint sous les traits d’un homme qui a l’étoffe d’un président de la République « normal », contrairement à son épouse (qui pourtant se présentera en 2007). Ses adversaires au sein de l’appareil socialiste seront systématiquement dépréciés et le nom de Royal régulièrement passé sous silence… Il vaut mieux, car lorsqu’elle en parlait, ce n’était guère sympathique, on s’en doute. Il ne s'agit pas de dire que ces journalistes qui protestent de leur bonne foi mentent nécessairement : le conflit d'intérêts ne doit pas forcément se matérialiser pour exister, il suffit qu'il y ait un risque, une possibilité d'une confusion des genres, et que les tiers puissent soupçonner qu'il existe. C'est, par exemple, pour cela, que les professions juridiques sont soumis à un ensemble de règles très strictes pour éliminer tout soupçon. Car, c'est le soupçon qui pervertit.
Quatremer n'a pas tort. Il est juste incomplet ou je suis peut-être trop compliquée. Cela dit il a plus raison que tort.

