Henri Guaino, une fois de plus, trouve le moyen d'être scandalisé par quelque chose :
Ce qu'a dit M. Hollande (...) hier, personnellement, me scandalise, pour une raison très simple : ma France, elle n'était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin. Il n'a pas parlé au nom de la France que j'aime (…)Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vel' d'Hiv est une abomination, c'est une horreur, et ceux qui l'ont fait doivent être condamnés durement au tribunal de l'Histoire (…)Peut-être que M. Hollande se sent proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice. Ce n'est pas ma France.
Tout ceci est ironique mais surtout pathétique car Henri Guaino fait partie d'un groupe de gens qui aiment répéter que la France on l'aime ou on la quitte et que les « nouveaux, » ceux qui ne leur ressemblent pas, plus que les autres, doivent tout accepter de la France et non trier ce qu'ils aiment d'elle en rejetant ce qu'ils n'aiment pas.
Guaino offre ici la preuve qu'on parle en général d'amour en politique lorsqu'on n'a non seulement plus d'argument mais surtout plus d'imagination tellement on est obsédé par les Français qu'on n’aime pas.
Il est donc très Aubryste de la part de cet excité, qui croit que savoir écrire un discours politique lui donne la classe de Malraux, de s'insurger alors qu'il l'a fermé lorsque Sarkozy s'est excusé au nom du peuple Français à Kigali pour des raisons géopolitiques (ce n'était pas scandaleux ou inexacte mais juste petit et mesquin).
Henri Guaino a un complexe d’infériorité tout comme ceux qui ont une fixation sur les soi-disant Français malgré eux qui n'aimeraient pas la France alors qu'il est évident que ce qui les tue est la réalité que leur France idéale n'existe pas et n'a jamais existé
Il suffit d'avoir lu Cocteau pour réaliser que lorsqu'on exige des preuves d'amour, c'est justement parce qu'on n'aime pas que l'amour et non les amoureux parce qu’on a une obsession de la pureté, je n’ose pas écrire de l’homogénéité.
Cela dit pour revenir à l'essentiel, la politique ne doit pas s'immiscer dans l'histoire et les excuses politiques ou la politisation de la mémoire est un jeu qui est non seulement stérile mais dangereux. Les politiques comme tous les êtres humains ont trop les mains sales pour remixer l'histoire afin de se grandir.

