Romain Pigenel a presque raison lorsqu'il affirme ceci:
En utilisant au contraire un concept renvoyant à la sociologie de gauche et à la lutte contre les discriminations, Marine Le Pen déplace le débat sur une nouvelle question : les électeurs FN sont-ils eux aussi une minorité discriminée, comme les femmes, les homosexuels ou les Français « d’origine étrangère » ?
Ce glissement de sens est d’autant plus intéressant qu’il rejoint un changement plus général au sein de la droite dure (de la droite dite populaire au FN à proprement parler). L’extrême-droite / droite extrêmenew look a observé ses ennemis et appris à retourner leur langage et leurs méthodes à son avantage. C’est ainsi qu’Eric Zemmour ne se plaint pas du trop grand nombre de Noirs ou d’Arabes, mais condamne la stigmatisation de « l’homme blanc » pour attaquer Christiane Taubira. C’est ainsi aussi que Claude Guéant, après sa sortie sur les civilisations qui « ne se valent pas », prend la posture de la victime contre Serge Letchimy. Une sorte de judo idéologique, dans la lignée de la vieille accusation de « racisme anti-blanc », qui brouille et inverse les repères habituels : le partisan de Marine Le Pen devient un individu discriminé parmi d’autres, et même plus à plaindre que ses camarades d’infortune femmes, « immigrés » ou homosexuels, car eux bénéficient du soutien des médias et de la bien-pensance !
Cependant, je me pose les questions suivantes: toutes les discriminations sont-elles égales? Et la discrimination est-elle un mal absolu? Mes réponses se résument en un mot: non! Comme le dirait Solaar le contexte est plus fort que le concept!

