Une longue citation d’Agnès Giard pour fêter mon retour et mon refus Nietzschéen de laisser mon corps dominer mon esprit:
Il semble obligatoire, en France, de cantonner l'être humain à un sexe ou à l'autre, comme si l'idée d'être «tout à la fois» relevait de la pathologie. Dans la vie, il faut choisir. Il faut même trancher, et tant pis si c'est dans le vif. Impossible, au regard de la loi, d'opter pour l'identité «intersexuelle» car cet état est hors-la-loi, littéralement. (.,,)L'idée d'introduire le troisième sexe dans les actes de naissance fait encore polémique de nos jours, comme s'il était absolument vital d'établir des distinctions nettes entre des catégories dont rien pourtant ne prouve qu'elles soient si étanches, au contraire… Car, au fond, qu'est-ce qui distingue réellement les hommes des femmes?(...)Dans une société qui lutte contre les discriminations, il ne devrait plus être question d'homme et de femme, mais uniquement d'«individus disposant des mêmes droits et des mêmes devoirs les uns envers les autres»… Bien sûr, la différence sexuelle est à la base des systèmes humains qui visent à la reproduction. Mais dans une société qui a légalisé le concubinage et où la majorité des enfants naissent hors-mariage, à quoi bon désormais faire la distinction entre les sexes puisque l'institution légale du mariage n'est plus celle qui encadre la fécondité? On se marie par amour, maintenant. Et l'amour, qui «n'a jamais connu de loi» lalala, n'a que faire de ces catégories rassurantes, étriquées que sont les contours précis de nos appareils génitaux.

