Alain Gresh se paye Tahar Ben Jelloun en raillant sa vision du printemps 'arabe' au Maroc et du temps présent et de l'avenir dans ce coin du monde:
Il est sûr que, au Maroc comme d’ailleurs en Algérie, la politique d’arabisation a été un échec. Mais faut-il rappeler que seule une petite minorité au Maroc domine vraiment le français ? Que cette langue française a aussi été celle du colonialisme et du mépris pour les indigènes ? Et qu’une partie des francophones (mais aussi des arabophones) soutiennent une monarchie à la fois corrompue et répressive ? Qu’ils le fassent en arabe ou en français n’a pas grande importance.
Et l’auteur [Ben Jelloun] poursuit : « Un fossé sociologique s’est creusé entre ces deux clans. Les islamistes vont recruter dans le milieu arabophone, frustré et marginalisé par le pouvoir. »
D’un côté les bons francophones, de l’autre les méchants arabophones... Et comme les islamistes se développent dans tous les pays arabes, même là où la population, comme en Egypte, ne parle que l’arabe, nous pouvons en conclure avec Tahar Ben Jelloun que si le français est la langue de la civilisation, l’arabe est celle du fanatisme.
Gresh n'a pas absolument tort mais il oublie que ce n'est pas suffisant pour avoir raison en faisant une fois de plus le choix sans doute par admiration d'imiter ce qu'il dénonce.

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