Colette Braeckman sur les maths et l’élection présidentielle congolaise:
Faire des mathématiques à la congolaise c’est oublier que la voix d’une paysanne de Walikale pèse autant que celle d’un ténor de Kinshasa, c’est oublier que le vote des pauvres a autant de valeur que celui des riches, sauf que les pauvres sont plus nombreux et qu’il leur arrive de se consulter, de partager leur bon sens, d’avoir peur de perdre le peu qu’ils ont, même si c’est infime.
Additionner les groupes ethniques, les fidélités tribales, compter sur l’aura des grands chefs et la force des consignes, miser sur la force de conviction de l’argent, c’est oublier que dans l’isoloir, chacun s’est retrouvé seul, avec son cerveau, son cœur et ses rêves d’avenir…Les mathématiques congolaises passent aussi par les imprécations, les menaces et à mesure que l’attente se prolonge, de vilains clichés resurgissent, où ceux ci seraient dominateurs et désireux de prendre leur revanche, où ceux là seraient des infiltrés, des non Congolais, et d’autres encore des sournois, des pas dignes de confiance…
Tout cela va mal finir mais peut-être qu'il faudrait se poser la question de savoir si le Congo peut survivre en restant un seul pays. ou du moins sans adopter un fédéralisme à l’américaine pour éviter que toute lutte pour le pouvoir et ses richesses ne se transforment en un jeu avec quelques gagnants et trop de perdants.

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