Zaki Laïdi se trompe lorsqu’il affirme ceci:
S’il fallait résumer d’un seul mot la nouvelle vision du monde de l’administration Obama, on pourrait dire qu’elle repose sur une idée centrale : la répudiation de l’idéologie du 11-Septembre qui avait conduit l’administration Bush à transformer la lutte contre le terrorisme en véritable croisade messianique, a affirmer une suprématie américaine qui passe de plus en plus par le recours à la force – Robert Gates, le secrétaire à la Défense américain, a même parlé de militarisation de la politique américaine – et à voir dans l’unilatéralisme un instrument privilégié d’action internationale.
Il suffit de relire le discours d’Oslo d’Obama lors de la remise de son Prix Nobel de la paix pour se rendre compte qu’il n’y a pas de rupture en Obama et Bush dans le domaine de la politique étrangère. Il y a incontestablement des changements mais ils portent plus sur la forme que sur le fond. Obama continue de parler de guerre contre le terrorisme et d’insister que parce que la survie des Etats-Unis sont en jeu, il est possible pour lui par exemple de tuer avec des missiles au Pakistan et ailleurs des 'terroristes' et de tuer même des américains suspectés de terrorisme sans procès. On pourrait parler de l'Afghanistan ou du fait qu'Obama ne souhaite pas renoncer aux nombeux pouvoirs dont s'était accaparé Bush par peur qu'un acte terroriste ne tue son mandat. Obama se doit donc de faire preuve d'une fermeté stérile mais 'stylée' et parfois de stupidité pour éviter que l'opinion américaine ne le trouve faible.
Le fait que
Laïdi n’hésite
pas à parler de rupture alors que les faits prouvent le contraire montre bien
que notre époque est victime de la dictature de l’image et des sentiments qui
expliquent le fait qu’on voit ce qu’on veut voir, croit ce qu’on veut croire,
ferme les yeux devant la réalité quand on est persuadé que le politique qui mène
la barque est comme nous ou juste qu’on éprouve des sentiments chaleureux pour
elle/lui. Ceux qui trouveraient les
actes d’Obama détestables et inacceptables s’ils étaient accomplis par Bush
deviennent volontairement aveugles ou justifient l’’injustifiable parce qu’ils considèrent
Obama comme un des leurs, comme quelqu’un qui est dans le bon camp quelle que
soit la moralité de son action politique.

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