Suis-je
scandalisée ou ne serait-ce qu’étonnée par l’affaire Woerth-Bettencourt? Non. C’est une affaire banale en Sarkozie. Je ne présume
rien. J’admets volontiers que les Woerths sont probablement des « gens
biens » mais ce n’est plus la question car en politique, injustement, les
apparences sont capitales et il est difficile de gouverner, de prétendre assumer
des responsabilités ministérielles importances lorsqu’il existe des suspicions
et des mauvaises odeurs qui même lorsqu’elles sont superficielles deviennent un
obstacle indéniable à la réalisation d’objectifs politiques. Il est impossible
de ne pas, une fois de plus. Cependant,
constater qu’on est loin de cette république française irréprochable que
Sarkozy avait promis à ses concitoyens. Sarkozy
commet une faute lui aussi en soutenant Eric Woerth sans se poser la
question non pas de sa culpabilité mais de sa responsabilité et de sa capacité
à assumer ses obligations dans un contexte qui va devenir de plus en plus nauséabond.
L’inquisition va continuer et seule une nouvelle polémique plus juteuse/esthétique
pourra tempérer. La preuve est faite une fois de plus qu’il existe en Sarkozie,
un relativisme morale puisqu’il existe un petit groupe d’élus qui peuvent tout
se permettre du moment qu’ils sont dans le bon camp et aimés du roi. La morale
en Sarkozie nous ramène donc encore une fois non pas aux actes et à la réalité mais
à l’identitaire et au sectarisme pour ne pas dire au communautarisme. Pour justifier
leur soutien à Eric Woerth, les Sarkozystes
affirment, rien ne prouve qu’ils aient tort, que ce dernier est un homme
formidable et droit. Le problème est que la personnalité d’Eric
Woerth n’est pas en cause mais plutôt son jugement et le fait qu’il n’est pas
vu tout ceci venir. C’est humain de sa part mais hélas pour lui et pour ceux, j’en
fais partie, qui déplorent le goût du sang et la chasse aux sorcières et aux dérapages
dans le monde d’aujourd’hui, les erreurs deviennent trop souvent des fautes lourdes et des crimes inpardonnables en politique. Ceci dit, les Woerths commettent une nouvelle erreur en
portant plainte contre les bergers sanguinaires qui excitent la meute en lui
donnant de la chair sans vérifier qu'elle n'est pas avariée, en refusant de reconnaître
qu’ils auraient pu/ dû faire
plus attention et en refusant d’affirmer avec plus de passion qu’ils
comprennent que les apparences peuvent être troublantes mais qu’elles ne sont
pas suffisantes pour les accuser de tous les noms en en faisant d’eux des Thénardiers.
Sarkozy n’est donc
toujours pas un monarque républicain, il reste le chef d’un clan. Il est moins
obsédé par l’état de son royaume et la
nécessité pour lui de mettre l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers
que par son dur désir de durer en se faisant réélire. C’est cela qui explique
qu’il n’y ait pas de démission en Sarkozie puisque le roi n’exige rien d’autre
qu’une loyauté, une soumission et une obéissance totales accompagnées par une
croyance religieuse non pas en la supériorité du Sarkozysme mais en l’infériorité
morale de l’opposition surtout lorsqu’elle n’est pas complaisante ou
superficielle. Quelques
uns ont prédit que Woerth ne durerait pas le weekend, je prédis qu’il
durera tout le mandat de Sarkozy. La priorité est ne rien lâcher et de bien
faire comprendre que ce qui compte n’est pas une exemplarité qui peut parfois être
injuste mais qui est nécessaire lorsqu’on veut gouverner sainement en ayant des
résultats mais plutôt la loyauté et la capacité à être un bon soldat en
Sarkozie en malmenant l’opposition. Woerth ne sera forcé de démissionner que lorsque
Sarkozy aura compris qu’il est pour lui un boulet au sein de sa propre
majorité. Je fais le pari que ce moment n’arrivera pas en supposant qu’il n’y
aura pas de grandes révélations et que la preuve ne sera jamais faite de manière
indéniable que l’affaire Woerth –Bettencourt est autre chose qu’une d’apparences
et d’erreurs ahurissantes de jugement par un politique qui connaît très bien le
monde dans lequel il vit et qui sait qu’il faut très peu de choses de nos jours
pour une lapidation médiatique.

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