Ruwen Ogien sur le droit qu'on devrait tous avoir de vendre son corps sans intrusion de l'état :
Dans un régime démocratique, l’usage de la menace et de la force par l’Etat contre ses propres citoyens doit être aussi limité que possible. Et ce qu’il faut justifier, dans un tel régime, ce n’est pas le droit de se prostituer ou de vendre des parties de son corps : c’est l’interdiction de le faire, la criminalisation de ces activités. Pour être légitimes, les raisons de la criminalisation doivent être impérieuses, non religieuses et non moralistes. Est-ce le cas aujourd’hui en France ?
Pour justifier l’interdiction de mettre son corps à la disposition d’autrui contre de l’argent, on avance deux sortes de raisons : justice sociale et respect de la dignité humaine. Il faut considérer les deux séparément. Si c’est une affaire de justice sociale, on doit se demander en quoi cette interdiction contribue à améliorer le sort des plus défavorisés. La réponse n’est pas évidente. Si c’est pour empêcher les personnes de porter atteinte à leur propre dignité qu’on leur interdit de proposer des services sexuels, des capacités reproductives ou des éléments du corps à des fins thérapeutiques, est-ce une raison valable ? Je ne le pense pas.
Mon avis est que
l’état étant incapable de se montrer impartial ou tout du moins non sexiste sur
la question de la sexualité devrait éviter d’intervenir surtout sur lorsqu’il s’agit
de choix individuels qui ne représentent pas une menace pour la société. Le
fait est que toute intervention dans le domaine de la sexualité a pour effet de
renforcer un point de vue dominant de la sexualité selon lequel la femme ne
peut qu’être qu’un objet de désir et donc par conséquent jamais réellement désirer,
posséder, faire ce qu’elle veut de son corps et surtout d’avoir une sexualité particulière
en considérant qu’elle a l’obligation de ne jamais provoquer en s’assurant que
sa sexualité est normale et surtout respecte certaines règles et un code archaïque.

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