La gouverneure de l’Arizona Jan Brewer a promulgué hier une loi interdisant aux écoles publiques de l’État d’offrir des programmes d’études destinés à un groupe d’élèves appartenant à un groupe ethnique particulier. Selon cet article, cette mesure a été rédigée en réponse aux programmes d’études ethniques des écoles publiques de Tucson, qui portent sur la culture, l’histoire et la sociologie des Chicanos (Américains d’origine mexicaine).
Mais tout ceci
est-il inquiétant en soi si l’on considère que l’ethnicisme (racialisme) est
une tare ? La réponse est non. Cependant, il est dangereux de constater que l’histoire
n’appartient plus aux historiens en Arizona mais aux politiques car il est un
enjeu dans la lutte farouche que se livrent les identitaires. La gouverneure de l’Arizona,
qui est républicaine, est avant tout une politique qui sait analyser la situation
politique de son état. Elle a donc constaté que pour être élue (car elle n’a
succédé qu’à l’ancienne gouverneure, Janet Napolitano, aujourd'hui membre de l’administration Obama),
elle doit être populiste et rassurer les électeurs qui ont la même couleur de
peau qu’elle qui sont effrayés par la réalité démographique que dans quelques décennies
ils seront minoritaires et l'Arizona sera un état en grande partie 'hispanique.' Le problème ici est donc bien identitaire et racialiste : la majorité des Américains, ou du moins des citoyens de l'Arizona, se sent menacée par une
minorité grandissante qui d’après elle, acquiert son pouvoir démographique et
donc politique en trichant, en acquérant la nationalité américaine de manière frauduleuse pour ensuite refaire les Etats-Unis à leur image.

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