Dans nos sociétés modernes comme dans celles qui ne le sont pas, la sexualité des femmes est toujours sous surveillance; le sexe pour elles ne doit jamais n’être qu’épicurien, une fin en soi ou un moyen égoïste. Il doit toujours réaffirmer la norme que le but ultime est de se donner ou de faire plaisir à quelqu’un. Une salope est donc une femme qui couche comme un garçon alors qu’une coquine ou une croqueuse d’hommes est une femme qui peut de permettre de dire non parce qu’elle est très désirée et donc désirable mais qui dit toujours oui parce qu’elle prend son pied en donnant du plaisir. Il s’agit ici de la différence entre Brigitte Lahaie (jeune) et Carla Bruni avant qu’elle ne devienne évidement la femme du président. En somme, il y a toujours un espoir d’être récupérée par le monde influent et chic pour les croqueuses d’hommes mais rarement pour les salopes.Francy, 30 ans : « Quand je sens que le mec est sérieux, j’attends. » On arrive vite sur le terrain moral. Poupepine se tourmente : « La question de coucher, c’est quelque chose qui m’a beaucoup torturé l’esprit. Comme : est-ce que je suis normale ou vais-je dans la mauvaise direction ? Dans la décadence ? » Beaucoup d’internautes se demandent ce qui est bien ou mal, « non pas du point de vue des règles collectives à respecter, mais plutôt de celui de la quête personnelle de bonheur », nuance le sociologue. Et, à ce jeu, hommes et femmes ne sont pas égaux. La liberté sexuelle d’aujourd’hui, favorisée par le Net et donc davantage protégée du regard social, n’est pas totale pour la gent féminine. Les hommes continuent d’avoir le beau rôle, « ils se font les propagandistes ardents de la philosophie du bonheur facile et décontracté par les plaisirs du corps, incitant les femmes à ne plus se retenir », écrit Kaufmann, alors que « les femmes restent sous surveillance ». Ce qui permet encore aujourd’hui à Etienne de balancer à une fille : « Si tu couches le premier soir, là, oui, t’es une salope. »

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