Excellent scénario
de Malakine qui démontre avec pertinence que la loi contre la burqa sera
inapplicable puisque le vrai problème est ailleurs :
Imaginons la scène : Elle se déroule dans une petite rue commerçante d’une banlieue où les populations immigrées et musulmanes sont majoritaires. Une patrouille de police aperçoit trois femmes intégralement recouvertes de ce voile récemment interdit par la Loi. Conformément aux nouvelles instructions, la patrouille intervient pour sanctionner cette nouvelle délinquance vestimentaire. Le contrôle d’identité est rendu difficile par la faible maîtrise de la langue des contrevenantes. La discussion tourne au dialogue de sourd et le ton monde. La population alentours s’en mêle. D‘autres femmes non voilées prient la police de laisser en paix ces femmes qui n’ont rien fait de mal. Des jeunes appuient leur propos par des insultes anti-policières dans leur langage fleuri typique des cités. Des barbus ne tardent pas à se joindre à l’attroupement pour s’interposer entre les femmes et la police et tiennent des propos beaucoup plus politiques exprimant une véritable hostilité à l’égard de la France. La patrouille est vite débordée. Elle n’a plus que le choix qu’entre battre piteusement en retraite ou appeler des renforts pour coffrer tout ce petit monde pour outrage, rébellion et accessoirement port de la Burqa.
Dans les deux cas, l’intervention aura été à l’encontre de l’objectif d’assimilation. Soit la police, et à travers elle la République, se ridiculise en renonçant à faire appliquer la loi, soit elle fait son boulot et renforce encore plus la fracture nationale et la haine que peuvent ressentir les populations de ces quartiers à l’égard des forces de l’ordre.
Il est alarmant
de constater qu’en France comme ailleurs la burqa est perçue comme une
manifestation de la « réalité » que trop d’étrangers refusent de s’intégrer
(je rejette ici le lien entre les deux éléments en concédant cependant que le
refus d’intégration est une réalité minoritaire mais une réalité cependant).
Cela est une manière de limiter le débat qui devrai se porter sur deux choses,
la liberté de femme de choisir et l’importance non pas de punir celles qui sont
présumées être victimes d’Islamistes ou de machistes. Je déplore qu’on est
limité la question pour la rendre tout simplement idéologique en faisant encore
une fois du corps et des choix des femmes un enjeu politique parce que c’est
facile et cela ne demande pas de réflexions profondes. Je suis assez sidérée
que l’état et les politiques puisse sans trop de mal justifier une loi contre
la burqa au nom de l’égalité homme-femme lorsqu’ils ont du mal à faire
respecter la parité (qui pour moi est également une loi sans objet parce qu’elle
fait croire que l’état peut imposer des « choix de cœur » à ses
citoyens en leur ordonnant juste d’être propres et faire le bien).

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