Je suis d'accord avec Guy Carcassonne car il affirme ceci:
Le législateur ne peut se substituer à l'individu pour savoir ce qui est digne ou non et pour lui dicter sa conduite personnelle. Le principe de dignité peut être invoqué dans les cas de traitements inhumains ou dégradants, ce n'est pas le cas ici. Quant à l'égalité homme-femme, le principe n'est pas opérant non plus car rien n'interdit à un homme de se vêtir avec un voile intégral. Si le texte invoque ces deux principes, il a toutes les chances d'être jugé inconstitutionnel au nom du principe de liberté, tout simplement. Cela ne sert à rien et c'est dangereux.
Les politiques et
les législateurs en général utilisent l’argument de la dignité de la femme
quand elle sert l’homme et rarement dans le cas contraire. Il suffit d'examiner le discours politique sur la prostitution, le viol, l’avortement, et d’autres sujets sensibles pour
se rendre que pour le politique la dignité de la femme est avant toute chose un
alibi idéologique. J’écoutais Nadine Morano hier parler avec la mauvaise foi
pugnace qu’on lui connaît de cette question. Cela m’a rappelé la manière « sexiste »
dont elle s’était attaquée à Ségolène Royal en 2007 pour la « déféminiser »
et surtout l’abrutir pour faire plaisir à Sarkozy. Elle l’avait fait en usant d’arguments
misogynes (tels que le fait qu’elle avait quatre enfants ne voulait rien dire
alors Morano utilise bien son statut de mère pour défendre ses idées
politiques), et je pensais que le monde politique était petit dans tous les
sens du terme. La conclusion est donc qu’on parle de la dignité de la femme
quand celle-ci peut devenir un instrument politique et qu’elle ne dérange pas.
En somme, certaines femmes ont plus droit à la dignité que d’autres mais l’important
est que le droit a besoin de moins d’idéologie pour être opérant et efficace.

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