Denise Bombardier sur la crise que traverse l’église catholique:
Dans les années soixante, la modernité à laquelle nous aspirions ne s'accommodait plus du poids de l'Église sur la société civile. Ni sur le plan social, ni sur le plan des moeurs. L'Église s'est alors effacée avec une célérité quasi déconcertante et plusieurs religieux parmi les meilleurs ont choisi à leur tour la vie civile. L'Église actuelle, sans nouvelles vocations sauf de rares exceptions, paraît déboussolée, sur la défensive et fatiguée, car elle-même est devenue vieille. La débâcle actuelle la laisse trop discrète sur la pédophilie, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans les pays occidentaux et depuis cette semaine en Afrique, où le responsable de la Conférence des évêques catholiques de l'Afrique australe a déclaré que l'Église d'Afrique souffre des mêmes maux, ajoutant au surplus que l'image de l'Église est en ruine.
Après tant de crimes commis par des religieux, qui peut encore défendre l'Église? À vrai dire, le message évangélique n'est pas menacé, mais on ne saurait présumer de l'avenir de l'Église romaine dans sa structure actuelle. Bien sûr, on nous dira qu'elle a survécu aux crises, aux schismes, aux ruptures et aux hérésies à travers les deux millénaires. Mais le XXIe siècle s'accommode mal du secret, de l'autoritarisme et de la raison d'État, fût-elle religieuse.
Le problème de l’église catholique est que sa construction ne reflète pas
les réalités d’aujourd’hui. Il existe tellement d’autres religions, tellement d’autres
sectes que tout manquement est perçu comme une faute grave. La question n’est
pas de savoir si le catholicisme va survivre à la crise qu’il traverse mais plutôt
s’il peut encore attirer des fidèles en étant en compétition avec d’autres pour
illuminer ceux qui ont besoin de dieu bien qu’il soit mort. Il suffit juste de
regarder d’examiner le Pape et ses incapacités dont la plus importante est de
ne pas savoir séduire à une époque où la séduction est plus importante que la raison pour conduire à la foi. En
somme, la crise de l’église catholique est parfaitement illustrée par la
personne de Benoît XIX,
un pape âgé, traditionnaliste, intellectuelle mais rigide et conventionnelle
qui ne sait pas communiquer. Dans un siècle bling, le Vatican a besoin d’un
chef qui a une image moderne pour déjà au moins se donner l’apparence d’une
institution en mouvement qui s’adapte à ses fidèles et non le contraire en se refusant de s’appliquer
à elle-même la même rigueur et discipline qu’elle leur demande.

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