Les hommes politiques néerlandais ont le don de relativiser et nuancer toute catégorisation idéologique. Il y a dix ans, Pim Fortuyn, critique de l'islam et de l'immigration, a étonné notamment parce qu’il incarnait un nouveau modèle d’homme politique. Il était à l'opposé du leader français de l’extrême droite Jean-Marie Le Pen : ouvertement gay et libertin, provocateur, ancien professeur d'économie avec une claire orientation marxiste, féministe, partisan de la légalisation des drogues et du mariage homosexuel. (...)L'islam est une religion retardée, elle n'a pas sa place ici et je n'ai pas peur de le dire" - était son leitmotiv. Assassiné par un extrémiste, Fortuyn a emmené sa formation, post-mortem, à la première place dans le conseil municipal de Rotterdam et est devenu une légende aux yeux de nombreux néerlandais. Geert Wilders défie lui aussi toute catégorisation. Au Parlement européen il a refusé de s'allier à une formation nationaliste: les seuls avec lesquels il collabore sont les Britanniques de l'UKIP, la branche détachée du parti conservateur. "Je n'ai rien en commun avec les fascistes", répète-t-il
Pourquoi est-ce
que je pense à Marine Le Pen en lisant ceci ? Certainement parce qu’elle également
essaye d’échapper à toutes catégories en étant sympathique pour faire oublier
le souffre.

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