En Chine, pays "le plus masculin du monde", comme le rappelle la démographe Isabelle Attané dans un livre qui vient de paraître (En espérant un fils, INED, avril 2010, 240 p., 25 euros ), 24 millions d'hommes en âge de se marier pourraient ne pas trouver d'épouses. Dans les Etats de l'Inde les plus touchés, comme le Pendjab, où il naît 126 garçons pour 100 filles, ou en Haryana (125 garçons pour 100 filles), "des femmes sont importées qui ne partagent ni la culture ni même la langue des hommes qu'elles épousent", explique l'anthropologue Ravinda Kaur. Ces jeunes mariées peuvent être achetées, via des "agents" payés à la commission, ou issues d'un trafic. La chercheuse relève aussi le recours à une "polyandrie forcée, plusieurs frères se partageant la même femme". Les mariages inter-castes sont de plus en plus nombreux, attisant la violence des religieux hindous.
En Chine, avec 122 hommes pour 100 femmes en moyenne (avec des "pointes" à 150 dans certaines provinces du centre et de l'est du pays), un homme sur cinq, parmi les garçons nés dans les années 2000, éprouvera des difficultés à se marier. Pour aborder ce marché du mariage devenu ultra-concurrentiel, les familles épargnent. "Non seulement les ménages qui ont des garçons épargnent plus que ceux qui ont des filles, mais l'épargne augmente quand ils vivent dans les régions où le sex-ratio est le plus biaisé", affirme Shang-Jin Wei, économiste à l'université de Columbia (New York), dans une étude parue en février.

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