Aveuglement bienpensant
de Jeannette Bougrab, présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (halde) qui suppose que les gens sont racialistes ou racistes et qu'il faut donc les protéger de leurs bas instincts en refusant de créer des catégories ethniques :
Je refuse de créer des catégories ethniques, qui alimenteront le communautarisme. Quelle serait ma catégorie, à moi, fille de harki, définitivement française et pourtant régulièrement victime de contrôles de papiers au faciès ? Harki dans l'humiliation, française dans la réussite ? N'oublions pas que les discriminations liées à l'origine s'ajoutent souvent à d'autres facteurs : le quartier, l'adresse, le manque de réseau… Certains expliquent tout par la couleur de peau et finissent par partir perdants. Malgré les difficultés, réelles, je crois qu'il faut sortir du pessimisme : si je regarde les personnalités préférées des Français, je vois Djamel Debbouze, Zinédine Zidane, Yannick Noah… Ces modèles ressemblent à la France d'aujourd'hui.
Quelle démagogie effrayante ! Comment lutter contre la discrimination sans chiffres et surtout pourquoi créer la halde si ce n’est pour affirmer qu’il existe déjà en France des catégories ethniques. Il me semble qu’en France ce qu’on refuse de voir ou plutôt de comprendre que ne pas compter, c’est laisser les fantasmes de menaces invisibles ou de victimisation permanente l’emporter sur la réalité qui est toujours plus complexe. Le but des catégories ethniques n’est pas de forcer les personnes de s’identifier comme étant soit ceci ou cela (aux Etats-Unis, on peut choisir d’être blanc et noir), mais de permettre à l’état de savoir à quoi sa population ressemble pour mieux adresser des questions sociales. Il est éloquent que les modèles que choisit Bougrab sont des membres du showbiz ou des sportifs alors que justement le but de l’intégration n’est pas de créer des personnes symboles mais plus de médecins, d’avocats, de professeurs d’université, de chercheurs qui viennent ont non seulement une couleur de peau, une religion ou une différente visible mais également qui viennent des milieux défavorisés.
Le rôle du
politique n’est de refuser ce qui est dans l’intérêt d’une société sous prétexte
que les gens ne sont pas suffisamment murs pour ne pas céder à certaines
tentations mais plutôt d’agir en encadrant ce risque par l’éducation et autres
mesures car après toute la politique ce n’est pas juste la compassion, la répression
et la répartition des richesses.


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