Je suis en grande partie d'accord avec les phrases suivantes d'Emmanuelle Drevon sur la grosse rumeur de la semaine dernière et l'attitude de la presse française :
Du côté des médias français, on a préféré jouer la partition en mode mineur. Prétextant qu’on ne saurait répercuter cette information persistante qui courait les rédactions. La considérant souvent comme indigne, dénuée d’intérêt ou encore non vérifiée. Cette dernière assertion étant fondée. En fait c’est sur le réseau Twitter que tout a commencé, que tout s’est développé et que tout s’est amplifié. Des journalistes français ont choisi de propager le ragot présidentiel. Mais rien ou presque n’a filtré dans les journaux traditionnels.
Comme si la presse française ne pouvait se risquer au crime de lèse-président. Face à une jurisprudence existante, elle a préféré taire et ignorer. L’ancien rédacteur en chef de «Paris Match», Alain Genestar, en connaît justement le prix. Il avait osé publier en une de son hebdomadaire la photo de Cécilia Sarkozy et de son ami Richard Attias. Il sera fermement «démissionné» par Arnaud Lagardère, propriétaire du titre et accessoirement ami personnel de Nicolas Sarkozy.
Alors la presse contourne, suggère et use de subterfuges hypocrites pour dévoiler l’information sans la révéler. Les journaux ont fait le choix de décrypter le fonctionnement des réseaux sociaux à l’origine de la fuite, si prompts à révéler, répercuter et contaminer, mais toujours rien sur l’affaire qui démange pourtant.
Il me semble que la presse française parle de vie privée lorsque cela l’intéresse et surtout lorsqu’elle peut se dire qu’elle ne cède pas la peoplelisation puisque les politiques ont fait de leur vie privée un outil politique. Je crois que le problème de la rumeur de la semaine dernière était que la presse n’avait envie d’y toucher parce que Sarkozy n’est plus tout puissant et aussi parce qu'elle est concernait deux autres personnes a priori « innocentes » qui pouvaient être inutilement éclaboussées par cette pseudo information. L’info était donc croustillante mais trop fantasmagorique et sale comme les histoires que l’on lit dans Voici qui font vendre mais décrédibilisent. Les journalistes sont humains, ils n’aiment pas passer pour des salauds surtout sur des questions qui ne peuvent que les rabaisser au niveau qu’ils détestent le plus celui du bloggeur et des paparazzis en donnant l’impression qu’ils aiment tout ce qui est croustillant et « buzzant. » Une conclusion cependant s’impose : la France sur la question de la vie privée des politiques s’américanise et quelque chose me dit que la prochaine rumeur si elle est plus clean sera dans les journaux bien qu’on blâmera toujours les blogs, internet et Twitter. Il est aussi vrai que les limites et les réserves que s’impose la presse française sont changeantes et dépendent de la situation et surtout du politique en question. Si l’info avait concernée Ségolène Royal, elle aurait été reportée sans trop de craintes ou de reserves parce qu’après tout, il aurait été plus facile de justifier cette intrusion/violation par l’argument que sa vie privée est inséparable de sa vie politique en laissant entendre que ses choix sentimentaux ont une influence questionnable sur ses choix politiques (un argument qu'on peut pourtant user pour tellement de politiques mais qu'on n'utilise que lorsqu'on les remet en cause leur légitimité/crédibilité).

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