J’ai l'impression de me heurter
à des paroles d’un autre
temps quand je lis les phrases suivantes de Natacha
Polony :
Parler d’une école « sanctuaire », ce n’est pas convoquer les blouses et les bonnets d’âne, l’école des années cinquante ou des années trente, c’est comprendre que la société se structure en séparant les espaces. La démocratie, nous disait déjà Thucydide, repose sur la séparation entre espace public et espace privé. Nous y ajoutons la distinction entre savoirs scolaires et non scolaires, entre ce que l’école doit à tout prix transmettre, et ce qu’elle est incapable de transmettre.
Illich estimait que c’est en prenant modèle sur l’Eglise catholique comme institution totalisante que l’école avait peu à peu absorbé l’ensemble des savoirs et des valeurs. Peut-être. Le monothéisme est par essence théologico-politique. Peut-être devrions-nous alors retrouver la vieille distinction antique entre sacré et profane. Et qu’il nous appartienne de restaurer un équilibre aujourd’hui détruit. Que la société profane s’organise pour transmettre ce qui n’est pas du ressort de l’école, ce dont elle ne saurait compenser la perte : une mémoire familiale, un récit des origines et la conscience que nous sommes au monde, incarnés, ici et maintenant. L’école pourra dès lors enseigner ce cheminement vers les livres et vers le cœur des hommes. Notre dernier rempart, sans doute, contre la barbarie.
J’ai subitement
envie de pleurer comme lorsque je me force à livre la mauvaise bible chrétienne: le
nouveau testament. Pourquoi ? Parce que je sais Polony est trop « nostalgique, »
trop idéologique pour voir que les temps ont changé, surtout que le passé était formidable, qu’il existait certainement quelque part dans l’histoire,
le meilleur des mondes avec la meilleure école possible, celle qui menait
automatiquement vers les livres mais les femmes, les hommes, et leurs enfants
ont changé. Lorsque Polony dit avec une bonne foi évidente que la solution
est la lecture, je me demande dan quel monde, elle vit pour ne pas constater qu’hélas
aussi le problème est que la société croit tellement en l'absolutisme totaliraire de ses
valeurs, qu’elle a démissionné non pas à les transmettre mais a les expliqué, a
les enseigné non pas en faisant la morale aux jeunes le matin à l’école ou en
leur faisant Don Quichotte ou la Bible en acceptant les nouvelles d’un monde qu’on
aime peut-être pas mais qu’on doit accepter et en les éduquant tout simplement
pour leur faire comprendre pourquoi les valeurs « traditionnelles »
sont ne sont pas toutes antimodernes. Il me change qu’il y a beaucoup de choses
qu’on trouve dans les livres mais ce qu’on n’y trouve pas ce sont des valeurs nécessaires
pour lutter contre la barbarie parce qu'il faut quelqu'un, un adulte qui croit encore que son devoir n'est pas de punir ou de formater pour interpreter, convaincre et surtout s'obstiner ses efforts ne portent. Si l'école doit devenir un sanctuaire, sera-t-elle véritablement encore une école ou simplement une église ? Sont nous devenus si "vieux" pour croire qu'un jeune qui lit des livres peut résister aux dures réalités de son environnement et de sa famille? Et surtout ne pas être influencer par elle? Devenons croire que comme dans les jeunes de La Journée de La Jupe après avoir été forcé à
lire quelques livres par leur professeur pistolet à la main sont à tout jamais protéger
contre les pièges de leurs banlieues ? Hélas nous ne vivons pas dans un monde Disney World et il n'y a pas de solutions magiques contre la violence.
Si lire un livre était un façon de se « civiliser »
les écoles coraniques du Pakistan ou d’ailleurs seraient un modèle pur le reste
du monde car on saurait que les jeunes sont des petits-ordinateurs qu’il suffit
de nourrir avec des livres pour qu’ils deviennent des citoyens propres et
convenables. En somme, la lecture est fondamentale mmais jamais un livre ne remplacera une personne ou la société qui ne peut juste demander aux «jeunes» avec un aveuglement idéologique de juste lire pour devenir comme il faut.

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