En lisant cette
interview Omar
Aktouf, je me suis dit qu’Achille
Mbembe avait raison d’affirmer trop de gens (surtout les « Africains » d’ailleurs )
parlent «d’Afrique » sans savoir de quoi ils parlent, en s’inspirant de
leurs idéologies, de leur préjugés, du philistinisme, de leurs illusions, de
leur ignorance complaisante sans penser une seconde qu’il y existe des réalités
qu’il faut étudier, analyser et non juste regarder à la télévision comme un jeu
vidéo ou apprendre en écoutant des « Africains professionnels » décrire
ou maudire. Morceaux choisis :
L’Afrique est un problème extrêmement complexe. D’abord, le continent souffre de néocolonialisme et l’on constate, curieusement, qu’il se portait mieux du temps du colonialisme que maintenant. Il y a, certes, des problèmes de gouvernance et de démocratie, mais aussi le fait que les pays colonisateurs ont eu le machiavélisme de partir en mettant en place des régimes qu’ils savaient pouvoir utiliser pour leurs intérêts. (…) Cela est valable pour tous les pays du continent. Les décisions politiques ou économiques prises par ces pays sont liées à la présence de multinationales françaises, belges ou autres. Quelle décision un pouvoir d’un pays africain peut-il prendre, sans tenir compte du poids de Shell, de Total ou de Mobil sur son sol ? Donc, les décisions que nous prenons sont, d’une manière ou d’une autre, liées aux intérêts étrangers (...). Les Africains doivent se tourner maintenant vers l’Asie, vers le modèle du capitalisme industriel, le modèle de marché régulé. (….)Vous avez le Darfour, le grand conflit au Zimbabwe. Le pauvre Mugabe a commis la faute de dire aux Blancs de laisser les terres agricoles et il est devenu alors le plus grand tyran du monde. Il ne l’était pas auparavant ! Toute la région des Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi, la RDC… est ciblée. Les Français, les Américains, d’autres puissances, veulent limiter l’intrusion de la Chine, qui joue la carte africaine à fond et effraie les puissances occidentales. Le Darfour est fondamentalement une question de pétrole et de terres agricoles. Sur ces terres, vivent des populations et des tribus qu’il faut déplacer. Pour cela, il faut provoquer des guerres et des conflits.
Evidement, Le
Professeur Aktout a aussi raison que ceux qui disent que les Etats-Unis et « Dieu »
sont les seuls responsables de la situation en Haïti : « l’Afrique »
est toujours est un instrument et les « Africains » sont d’abord et
avant tout chose des choses des victimes.

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