Je suis d'accord
avec Marie-Hélène Miauton lorsqu'elle affirme que la Suisse, l'Europe et l'Amérique font
preuve d'une lâcheté ahurissante et humiliante devant Kadhafi et sa grande et turbulente famille:
(...) nos fautes n’ont d’égales que la lâcheté de nos grands voisins. La déclaration ironique de Bernard Kouchner «Voilà la Suisse membre de l’Union européenne!» est d’une maladresse injurieuse qui aurait mérité une réaction plus claire de Berne car, ayant signé les Accords de Schengen, nous étions en droit de les activer dans la crise diplomatique qui nous oppose à la Libye. Quant à la trahison des Italiens et des Français face aux pressions du chef d’Etat libyen: «L’UE ne peut pas être prise en otage… Cela ne peut pas durer!», elle relève d’un mépris qui laisse mal augurer de la façon dont nous serions considérés en cas d’adhésion à l’UE.
Il faut dire que les Italiens n’ont jamais réagi lorsqu’Hannibal Kadhafi, sortant ivre mort d’une discothèque en 2001, s’est mis à cogner à coups d’extincteur les pandores romains ameutés par le scandale, ni lorsqu’il a tabassé six photographes deux ans plus tard dans la Ville éternelle. Il conviendrait aussi de rappeler aux Français que, en installant la tente du Bédouin dans les jardins de l’Elysée, ils prirent en otage des siècles d’histoire pour satisfaire les caprices d’un dictateur. Sans oublier le porte-parole américain s’excusant d’avoir souri de l’appel au djihad contre la Suisse de Kadhafi, qui ne méritait pourtant que cela. Si le chef d’Etat libyen foule aux pieds le droit international et les droits humains élémentaires, c’est en raison de l’impunité que lui accordent tous ces Etats couards.
La realpolitik
est donc dominante et la morale en relations internationales est toujours
utilisée de manière sélective surtout les « forts .»

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