Agnes Wickfield sur les périls
du modèle de société anglais et son effondrement:
Vous avez dit société multiculturelle ? Les attentats de Londres ont mis à jour une société gangrenée par 60.000 délits racistes par an et des communautés séparées, figées par la haine, prêtes à s’entretuer comme à Birmingham en octobre 2005.
Là, forcément, vous venez d’en prendre un petit coup derrière la tête et vous vous posez cette question : Mais comment a-t-on pu en arriver là, tourner le dos à ce point à l’angélisme rafraîchissant de Roy Jenkins ? Où le bât a t-il blessé ?
À force de considérer les différences comme essentielles et valorisantes au détriment de ce qui unit par delà la race ou la foi, on a fait du droit à ces différences (multiculturalisme) un devoir d’appartenance à une identité (communautarisme). L’individu se définit d’abord en fonction de son groupe, de sa tribu. L’intégration ne s’est pas faite via la culture britannique, mais via les différences culturelles et religieuses propres à chacune des composantes de la société. Or, on ne bâtit pas une société sans un minimum de culture commune et une mémoire partagée.
Plus grave, en conférant aux dignitaires religieux cooptés par l’establishment politique le statut d’interlocuteurs privilégiés, les éventuelles affiliations politiques, sociales ou économiques se sont progressivement effacées. Les groupes se définissent avant tout par leur religion. Dont les principes s’imposent. Voile à l’école pour les élèves et les profs, dans les entreprises et les administrations, cantines hallal, 85 tribunaux appliquant la charia… Le scandale dit du Quick roubaisien semble bien innocent subitement. Les 80 % de Britanniques hédonistes accros à la consommation et élevés selon des principes vaguement chrétiens n’ont qu’à bien se tenir et sont certes très tolérants, mais les enseignantes en burqa et les femmes tenues en laisse dans les rues de Londres n’ont pas vraiment la cote. Le politiquement correct britannique a beau être le plus résistant du monde, il s’érode quand, crise oblige, communautarisme exacerbé et immigration massive finissent par faire le lit du BNP (british national party). Un quart des électeurs, en particulier des blancs pauvres qui vivent du benefit, disent avoir envisagé de le soutenir… Voilà qui nous rappellera quelques souvenirs pas si anciens. Les délits racistes augmentent, la paranoïa et le repli identitaire s’accentuent. Malgré le multiculturalisme, une majorité de musulmans se sentent victimes de xénophobie.
Je partage la
conclusion sur l’essentiel, sur le fait que communautariser une société ne peut
que mener à des dérives tout comme sacraliser les différences en acceptant que
des citoyens qui sont « visiblement » différents se définissent d’abord
par cette différence et non pas ce qui les rattache à leur nation, la citoyenneté.
C’est pour cela que j’avais
affirmé il y a quelques temps qu’il fallait accepter d’être français avant d’être
« noir » parce qu’être français veut dire quelque chose et que
surtout être « noir » ne veut rien dire et n’est pas une différence essentielle
sur laquelle la société doit buter ou s’incliner en donnant plus, on s’agenouillant
ou en reconnaissant je ne sais quelle faute du passé. Tout ceci pour venir à ma
crainte qui est celle de voir la France par lâcheté du politique se communautariser
en donnant à des groupes le droit d’avoir une identité particulière autre que
celle d’être français. Il me semble que tout montre que la France va dans la
direction que La Grande Bretagne regrette un peu tard d’avoir prise :
celle de la sacralisation des différences et de la légitimation des communautés
qui ne peuvent qu’affaiblir la citoyenneté et la nation.
La polémique
sur le soi-disant blanchissement d’Alexandre Dumas le prouve car on eu
droit a bien des arguments imbéciles qui discutaient de tout sauf de l’essentiel,
du fait que choisir un des plus grands acteurs français de tous les temps pour
jouer Alexandre Dumas est une excellente chose et que surtout on ne pouvait arguer
que la couleur de peau n’a aucune importance, ne conditionne pas l'essence pour ensuite dire qu’elle veut
tout dire et que l’ignorer est raciste. On a surtout fait comme si le fait que
Dumas avait un peu de « sang noir » l’avait définit et avait fait de
lui ce qu’il était. Il m’a suffit de lire
les arguments du roi des « noirs » de France, Patrick Lozès pour
comprendre que dorénavant en France, grâce en partie au Sarkozysme, il n’ y a
plus de cohésion nationale puisque chaque groupe formé sur des critères superficiels
veut sa part du beefsteak, de repentance, de reconnaissance, de privilèges juste
parce ce que leur « communauté » a souffert, souffre et ne veut pas être la
dernière. Ce que j’essaye de dire est que si justement les questions sociales
sont occultées, dépassées par les questions raciales alors je n’ai aucun doute que Paris
deviendra Pariskistan et qu’il y aura de plus en plus de gens qui se définiront
comme étant autre chose que français parce qu’ils s’estimeront que la France
doit épouser leurs différences et non juste les accepter sans devenir un autre pays.
En somme, mon point de vue est que les questions raciales, ethniques, religieuses lorsqu’elles
deviennent sacrées, le centre du débat défont une nation en empêchant tout cohésion
nationale. Il suffit de jeter un coup d’œil à ce qui s’est passé en
ex-Yougoslavie ou au Rwanda où le gouvernement Kagame pour faciliter la réconciliation a interdit aux
Rwandais de se définir comme Tutsis ou Hutus. C’est un exemple qui devrait
faire réfléchir la France et surtout Sarkozy maintenant qu’il a baisé la bague
de Kagame pour pouvoir revenir en force dans la région des grands lacs.

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