Richard Hétu sur
les nouveaux arguments racialistes contre l’Avortement aux Etats-Unis :
Conservateurs blancs ou noirs invoquent de plus en plus souvent le taux d'avortement très élevé parmi les Afro-Américaines pour établir un lien entre les affres de l'esclavage et les interruptions de grossesse.
Certains d'entre eux vont même jusqu'à parler de génocide, comme les organisateurs d'une campagne à Atlanta, où ont été installés récemment 80 panneaux publicitaires géants sur lesquels apparaissent le visage d'un enfant noir et l'une des deux phrases suivantes : «Les enfants noirs sont une espèce menacée» et «Les femmes noires avortent leurs enfants trois fois plus que les femmes blanches».
«Mon peuple se meurt», a déclaré Catherine Davis, de l'organisation Georgia Right to Life, lors d'un reportage diffusé lundi dernier dans le cadre du journal télévisé de la chaîne ABC. «Mon peuple se meurt, et personne ne s'en soucie. Et je veux que les gens voient ça. Y a-t-il du vrai dans ce que nous disons?» a-t-elle demandé en faisant référence aux panneaux publicitaires qui suscitent la controverse à Atlanta et attirent l'attention des médias nationaux.
Ce genre de dérives
est inévitable dans une société où la question raciale est sacralisée comme elle l’est devenue en France en
faisant croire qu’il existe une communauté, un peuple « noirs » et
surtout que le fait d’avoir l’épiderme colorée veut dire être différent ou
avoir une identité, une culture, une idéologie, des goûts particuliers. Le fait
de racialiser toute question est une manière non pas de trouver des solutions
mais de gagner sans arguments, sans raisonnements des batailles d’arrière-garde
en culpabilisant les autres en parlant de racisme, d’esclavage, de génocide, de
l’Histoire comme si avoir la peau noire voulait dire être né une victime parce
que des personnes qui nous ressemblent par le passé ont souffert ou ont été victimisées.
Les enfants des victimes d’hier sont de facto les victimes d’aujourd’hui. Le « statut de
victime » ne se transmet de génération tout comme d’ailleurs celui de
bourreau, de bobo, de facho ou de salaud.
Pour revenir sur
la question de l’avortement, le vrai problème est que les personnes qui se
focalisent sur la question raciale n’ont aucune réponse à la question sociale qui
explique que les femmes « noires » aux Etats-Unis avortent parce qu’elles
vivent dans la pauvreté, parce qu’elles savent qu’elles devront élever leur
enfant toutes seules dans un monde déjà si difficile pour une femme seule et
sans enfants. En somme, partout et ailleurs on racialise pour occulter les
vrais problèmes, sacraliser les différences en faisant de véritables totems et
surtout pour aveugler les pauvres en leur faisant croire que le plus important
n’est pas leur condition sociale et leur qualité de vie mais leur identité
raciale.
J’affirmais, avec moins d’ironie qu’il y
paraissait car j’admire le personne, il y a quelques jours que Lillian Thuram m’avait
« tuer » pour ces raisons. Il agite la question « noire»
comme un crucifix pour se grandir pour ensuite dire que la France doit être multiculturelle
et postraciale alors qu’elle se doit juste d’être juste, plus équitable sans tuer les libertés
fondamentales. Comme le dirait Camus, La justice absolue nie la liberté. Je termine en revenant sur les contradictions
de Thuram parce qu’il est le symptôme de la tendance racialiste française qui
poussée à son paroxysme fait des illuminés peuvent se permettre de dire que
parce que des femmes « noires » il y a un génocide d’un peuple qui
est dû aux
injustices de l’histoire. Dans le moins sauvage des mondes possibles, Lillian
Thuram n’aurait pas, par exemple, écrit un livre sur « ses étoiles noires »
en faisant comme si le fait que des « stars » aient la même couleur
que lui veut dire qu’ils ont des choses essentielles en commun et font partie d’un
même peuple. Je fais le pari que Lillian Thuram a plus de choses essentielles en commun avec Eric
Zemmour qu’avec Barack Obama.

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