Loin d'être anecdotique, la mauvaise humeur envers son homologue américain est devenue quasiment structurelle chez Nicolas Sarkozy. "Chaque fois qu'il peut le critiquer, il le fait, que ce soit en Conseil des ministres ou devant des visiteurs", indique, sous le couvert de l'anonymat, un bon connaisseur de la diplomatie française.
"Il n'arrive pas à avoir des rapports normaux avec Obama, ajoute cette source. Il dit toujours : 'Si j'avais fait la même chose que lui, qu'est-ce qu'on m'aurait dit ?' C'est une relation malsaine. On a l'impression qu'il tire prétexte des difficultés d'Obama à chaque fois qu'il peut. Son comportement est infantile, indigne d'un président."
Sur le plan officiel, l'Elysée assure que la relation entre les deux hommes est excellente. Mais le fond de la pensée sarkozyenne s'exprime sans doute mieux dans la bouche de conseillers informels, comme Alain Minc. Depuis quelques semaines, ce dernier s'en prend systématiquement au président américain, qu'il décrit comme mou face aux Chinois et "sous l'influence" de Wall Street. "Il est charmeur, conciliant, mais je ne suis pas sûr que ce soit un leader très ferme dans une crise", déclarait-il le 27 décembre au Parisien.
Pourquoi tant de hargne ? Les spécialistes situent l'origine du problème au voyage éclair de Barack Obama en France, en juin 2009. Lors de son séjour à Paris, il avait évité toute rencontre avec Nicolas Sarkozy, alors que ce dernier brûlait de s'afficher à ses côtés. "Il avait fait dire clairement qu'il ne voulait pas de contact avec lui, rappelle l'observateur cité plus haut. Ça n'est jamais arrivé dans toute l'histoire de la Ve République.
Sarkozy ne peut pas s’entendre avec Obama, du moins pour l’instant,
pour deux raisons. La plus importante est qu’ils ont trop de choses en commun
dont leur incapacité à laisser la tête de l’affiche à quelqu’un d’autre et à
accepter ceux qui sont insensibles à leur charme si légendaire. La deuxième est
qu’Obama n’a pas besoin de Sarkozy puisque l’Europe n’est pas sa priorité donc encore moins la France.
Sarkozy aimait et s’entendait bien avec Bush parce qu’il était d’accord sur le fait
que la soi-disante Occident était en
guerre contre le reste du monde (surtout contre ce qu'ils appelaient le monde musulman). Bush était alors totalement isolé sur la scène internationale et avait
besoin d’amis. Blair n’était plus là et avoir Sarkozy comme allié
donnait l’apparence trompeuse que sa politique était suivie.
Je parie que les choses
vont changer si Obama et Sarkozy sont réélus parce qu’alors ils n’auront plus besoin de s’occuper
de leur réélection, auront moins besoin des médias, et pourront donc prendre le risque qu’être eux-mêmes ce qui
les aidera à accepter qu’ils se ressemblent trop pour se détester réellement.

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