En lisant l’article
de Lilian Thuram, Pascal Blanchard, Marc Cheb Sun, Rokhaya Diallo et François
Durpaire, je suis morte quelques instants tellement ce qu’ils disent est
contraire à ce que je crois et surtout dangereux. Morceau choisi :
De l'autre côté de l'Atlantique, les minorités ethniques ont trouvé, il y a bon nombre d'années, une terminologie pour se nommer. La question tranchée, elles sont passées à l'action. En France, nous cherchons toujours le bon mot. Si l'Amérique n'est pas la panacée, si la France doit trouver ses propres schémas, elle a l'obligation de sortir du spectre de "l'identité nationale" et de miser sur l'avenir. Il faut parler de la "question raciale" sans la diluer dans la "question sociale", sans chercher à faire primer l'une sur l'autre, sans vouloir les hiérarchiser au sein de la République.
Notre conviction est que la pluralité, partout, doit être encouragée par une action positive à la française. Dans la culture, les entreprises, la haute administration, les partis politiques, le soutien à la création entrepreneuriale, le logement, l'éducation. Partout, assumons une politique multiculturelle, fraternelle, paritaire, qui sera aux couleurs de la France ! Un projet d'avenir, une projection possible pour tous, ensemble !
La question que je me pose est la suivante : quel intérêt a la question raciale si elle n’est pas accoler à la question sociale ? Ma réponse est aucune et ne pas le comprendre est inquiétant.
Le fait d’un être membre des « minorités visibles » pour utiliser le terme que Thuram et les autres utilisent ne doit avoir aucun intérêt pour une société si cela ne mène pas à des inégalités et à des injustices. Point barre. C’est pour cette raison que se focaliser, sur la question raciale en appelant à une France multiculturelle et postraciale est une énorme bêtise et surtout une grossiere absurdité parce que cela est un objectif impossible et surtout qui n’est pas souhaite. Chaque citoyen a certes le droit d’avoir son identité mais d’en faire une catégorie essentielle pour les autres en créant des communautés. La France n’a pas à se créer un nouveau visage ou se colorer parce que tout cela est de la peinture puisque l’essentiel est ailleurs.
Il aurait été plus juste et plus sain d’appeler la France à respecter tout simplement les valeurs qui sont les siennes : la Liberté, L’égalité et la Fraternité. La France n’a pas besoin de se changer ou de devenir les Etats-Unis en ayant un président métisse pour qu’elle se félicite d’avoir enterrée son passé pleins de taches (comme tous les passés de tous les pays de notre petit monde). Thuram et ses acolytes ne comprennent rien aux problèmes de notre temps, sinon ils comprendraient que le problème n’est pas pour la France d’afficher ses différences mais plutôt de faire en sorte que celles-ci ne deviennent pas existentielles en forçant ceux qui ne peuvent pas les changer ou qui ne veulent ni les assumer ou les marketer d’avoir un destin qu’ils ne peuvent pas améliorer parce qu’un plafond existe. La France n’a pas besoin de plus d’Harry Roselmack ou de Lilian Thuram dans son équipe de France mais de faire en sorte que plus jamais dans sa république des jeunes gens qui sont nés avec une certaine couleur de peau, qui ont des ancêtres qui viennent d’ailleurs, qui ont une religion différente ou qui sont membres de la majorité soient obligés de se cantonner au bas de l’échelle sociale en dépit de tous leurs efforts et de leurs mérites (ces deux derniers mots sont capitaux).
Il me semble que Thuram et les autres ne savent rien de l’Amérique sinon ils auraient compris que sur la question raciale elle a régressé justement parce qu’elle a été séparée de la question sociale. Des marchands d’illusion professionnels et des racialistes cupides (Jessie Jackson en est un), en culpabilisant les politiques sur la question raciale et leur ont fait négliger la question sociale sous prétexte d’expier des crimes du passé alors que c’est le devoir de toute une nation d’accepter la complexité sombre de son histoire. Le résultat est que la société américaine est pleine d’inégalités et que les « Africains-Américains » ont peut-être « leur présiden »t et des membres de leur « communauté » un peu partout mais la majorité d’entre eux restent pauvres, sans éducation, coupés du monde et transmettent à leurs enfants leurs préjugés qui leur font croire que le seul moyen de s’en sortir est le sport, la chanson, ou le bling facile. La France veut-elle vraiment devenir les Etats-Unis en choyant ses minorités sans se rendre compte que justement elle ne devrait que s’occuper que de ses pauvres et des problèmes de ses classes populaires et moyennes sans faire de discrimination positive ou autre chose.
En somme, la France
na pas besoin d’être multiculturelle, ce ne veut rien. Elle ne sera jamais
postraciale, le racialisme est une idéologie politique dont l’ennemi est l’universalisme.
La France a juste besoin d’être ce qu’elle a toujours rêvé d’être libre, équitable
et fraternelle.

Oui, exactement.
Redonner du sens aux mots "Liberté Égalité Fraternité".
Un blanc, un noir, un vert à la rue, c'est un français, le reste on s'en fout.
Rédigé par : Moa | dimanche 07 mars 2010 à 09H30