Josyane
Savigneau prend, hélas sans loquacité, la défense de BHL :
Faut-il, parce qu'il s'est malencontreusement piégé, éviter de lire Bernard-Henri Lévy, tenir pour nuls ses reportages, ses prises de position, ses réflexions sur la littérature, sur la religion ? Et sa réponse à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir produit de concept, ses développements sur les concepts de "volonté de pureté" et d'"idéologie française" ?Le Monde, avant "l'affaire Botul", sur ses réflexions, dans De la Guerre en philosophie, à propos de la pensée d'Heidegger et de celle de son maître Louis Althusser, Bernard-Henri Lévy, sans le savoir, faisait allusion à ce qui lui arrive : la manière dont on se saisit de telle ou telle erreur pour invalider tout le travail et toute la pensée de quelqu'un.
Ainsi de ceux qui expliquent qu'on ne doit pas lire Heidegger et qu'il faut ignorer sa philosophie. "Dès qu'on peut se donner une bonne raison de ne pas lire un penseur, on se jette dessus, dit Bernard-Henri Lévy. Le monde, en principe, préfère ne pas lire des livres. Et il aimerait bien, à la limite, pouvoir les brûler. Depuis toujours. Cela s'appelle la haine de la pensée. Elle prend avec Heidegger la forme de l'exécution en place publique. Certes, Heidegger a été nazi, mais ce n'est pas parce que les philosophes ou les écrivains sont moins grands qu'eux-mêmes, ce qui est la règle, qu'il faut faire l'économie de la lecture de leurs livres."
Mon opinion sur l’Affaire
Botul est qu’elle montre que BHL, presque malgré lui, n’est plus BHL mais une idée,
un symbole, un symptôme,un produit... tout ce qu’on veut.Il est devenu quelqu’un qui est célèbre
pour avoir toujours été célèbre et pour ce qu’il dit et non plus pour ce qu’il écrit. Je change très
souvent d’avis sur BHL et il est vrai qu’en vieillissant je suis de moins en
moins d’accord avec lui. Cependant, je crois que parce qu’il représente tellement bien
notre temps, qu'il est difficile non pas de le critiquer mais de faire comme s’il
n’existait pas, comme s'il n’avait pas une certaine « légitimité » ou comme s’il
était le Diable en personne. Peut-être ce qu’on peut reprocher à BHL est
justement qu’il a cessé de faire de la philosophie quand il a commencé à aimer
la télévision et les médias en constatant qu’il savait plaire. Est-il possible
de nos jours d’être en phase avec la société et de rester un philosophe dans le
sens Sartrien du terme ? La réponse n’est pas négative mais la réalité est
que c’est très difficile quand on a de l’ambition et qu’on aime séduire. BHL aurait dû

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