Colette Braeckman
sur le Niger, le coup d'état, Tandja et le rôle centrale de l'Uranium et de la
compagnie Areva :
Alors que le Niger figure à la 174eme place sur la liste des 177 pays les plus pauvres du monde, l’exploitation de l’uranium fut longtemps le monopole du groupe nucléaire français Areva. Cette société est régulièrement critiquée pour avoir contaminé les nappes phréatiques, entreposé à l’air libre des déchets radioactifs ou les avoir utilisés pour construire des routes. Cette destruction du milieu a porté atteinte aux activités traditionnelles des Touaregs, l’élevage et le commerce du sel. De plus, c’est en vain que les Touaregs exigent le transfert, au bénéfice de leur région, de 50% des recettes minières.
Lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, Mamadou Tandja réprima d’une main de fer la révolte des Touaregs, à l’époque soutenue par la Libye. Devenu président, il fut confronté à une résurgence de la rébellion, le Mouvement des Nigériens pour la Justice et, en 2007, il expulsa deux dirigeants d’Areva, les accusant de collusion avec les Touaregs dans le but d’affaiblir son régime. C’est que Niamey, désireuse de diversifier ses relations économiques, avait accordé 122 licences d’exploration, à la Compagnie chinoise China Nuclear International Uranium Corporation (CNCC) et à des groupes canadiens, américains, australiens, sud africains. En janvier 2009 cependant, Areva avait remporté le contrat d’exploitation de la gigantesque mine d’Imouraren, qui pourrait produire 5000 tonnes d’uranium par an.
Il est sidérant
de se rendre compte à quel point les politiques d’ici et d’ailleurs pensent
pouvoir avoir la particularité surhumaine de transcender l’histoire même lorsqu’ils
commettent l’erreur de trop en se moquant de cette petite chose qu’on appelle
la force incontestable, toujours brutale, et non transposable non pas du sort
mais du jour j. Il est donc évident qu’Areva a beaucoup à perdre dans la déstabilisation
du Niger et qu’elle fera tout pour que la situation politique soit tout sauf confuse et désordonnée. La
question que je me pose est celle de savoir ce que fera le nouveau « pouvoir »
et surtout s’il sera pro ou anti-français. Le pire serait l’apparition au Niger
d’un Dadis Camara, un militaire illuminé qui ferait de son inculture la base de
sa politique.

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