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samedi 20 février 2010

Commentaires

collectif

Sur le plan esthétique Camus était un écrivain colonial Edward Saïd en a dressé le portrait dévoilé la fonction idéologique :
« Camus joue un rôle particulièrement important dans les sinistres sursauts colonialistes qui accompagnent l’enfantement douloureux de la décolonisation française du XXe siècle. C’est une figure impérialiste très tardive : non seulement il a survécu à l’apogée de l’empire, mais il survit comme auteur « universaliste », qui plonge ses racines dans un colonialisme à présent oublié. »
Pas si oublié que cela ! Oh, cher Edward Said.
Sur le plan politique, il a été un militant de l’Algérie française.
Dès 1937 et jusqu’en 1939, Camus n’a cessé d’appeler à des mesures de charité pour couper l’herbe sous les pieds des nationalistes avec point d’orgue sa couverture du procès de Messali Hadj en 1939. En 1945, il s’est tu. En 1952, en pleine guerre de libération du Vietnam, il publie un texte disqualifiant toute révolte par ses résultats supposés sur la négation des libertés. Il a, dès 1955, développé la contre offensive idéologique contre l’ALN, renvoyant la violence révolutionnaire légitime au même plan que la violence coloniale incessante et permanente. Il a réduit notre guerre à une entreprise inspirée et dirigée par Nasser, la ravalant à une manipulation. Il a, dès 1955, toujours, accusait nos amis français, en réalité Francis Janson pour son livre « L’Algérie hors la loi », de vouloir la démission de l’état c'est-à-dire en clair de trahir la France, accusation qui fut l’argument essentiel au procès de ce réseau en 1960. Pour cet homme la dignité de la dénomination d’algériens se réservait aux seuls pieds noirs pour lesquels il rêvait d’une « Algérie blanche » indépendante et toujours française. Malgré la lutte armée déjà portée par notre peuple, il ne nous concède que la vague reconnaissance d’une vague « personnalité arabe » nous refusant l’égalité et l’unité des statuts.. Et enfin refusera de nous nommer autrement que par une incertaine notion d’« Arabes » nous parquant selon l’analyse de Fanon, dans un « autre compartiment » de l’humanité. Jusqu’à sa mort il défendra cette Algérie Française en nourrissant l’espoir à peine caché que se réalise une république blanche sur le modèle de compartimentage.

Christelle

J’avoue ne pas comprendre la phrase « sur le plan esthétique Camus était un écrivain colonial ». Si je comprends bien en somme, Camus a beau être né en Algérie, il ne doit pas être lu en Algérie parce qu’il était Français et qu’il est né avant la guerre d’Algérie. Doit-on appliquer la même logique aux écrivains Algériens ou des autres qui furent colonisés en disant par interdisant au nom des guerres des mémoires qu’ils soient lus ici ou là. En somme, si je comprends bien ce que vous reprochez à Camus est de ne pas avoir été «Algérien » dans le sens que vous l’entendez, cela me semble le genre d’opinions qu’on caractérise comme étant intolérante pour ne pas dire raciste lorsqu’elles sont prononcées par les autres. Il me semble qu’il n’y a pas que les autres, les Français qui doivent ne pas restreindre des identités nationales à leurs préférences personnelles.

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