Dans le Temps, Luis Lema cherche désespérément à rejeter la responsabilité des échecs de l’administration Obama sur le système de gouvernement américain et les républicains en évitant de porter son regard sur le président lui-même qui est pourtant le responsable numéro un. Morceau choisi:
En son temps, George Bush avait trouvé la parade en multipliant les «ordres exécutifs» et autres armes à disposition de l’exécutif visant à court-circuiter tout obstacle éventuel érigé par les parlementaires. Dénoncée avec véhémence par les démocrates, cette «politique impériale» était devenue synonyme de tous les errements en matière de respect des droits de l’homme et de toutes les justifications pour mener «la guerre contre le terrorisme».
Aujourd’hui, Barack Obama semble pourtant de plus en plus enclin à vouloir suivre un chemin similaire. Lundi, la Maison-Blanche a décidé de publier sur son site internet sa propre version de la réforme de l’assurance santé, après que cette réforme s’est enlisée au Congrès depuis presque une année. Les propositions sont désormais sur la table et, que Washington soit ou non engourdi sous la neige, l’entourage du président a déjà annoncé qu’il pourrait tenter de les passer en force.
Le problème d’Obama
est que contrairement à Bush, il manque de convictions idéologiques.Tel Sarkozy, il s’adapte à son environnement et surtout à son époque en
disant à chaque audience qui l’écoute ce qu’elle veut entendre en la persuadant qu'il est un des leurs. Contrairement
à Sarkozy, Obama a une opposition minoritaire mais forte mais parce qu’il n’a pas vraiment l’âme à
gauche et qu'il ne croit pas au combat politique lorsque son but n'est pas d'assurer son pouvoir, il ne souhaite pas la confronter s'il n'est pas possible de la marginaliser enfin d' éviter le piège
de la « gauchisation » qui le transformerait en un Jimmy Carter. Cette crainte explique pourquoi Obama s’interdira certainement de passer en force
sur la question de la reforme de la santé en se contentant d’une réformette ou de bousculer un peu la Droite dure en tentant de diviser le parti républicain. Son objectif est de continuer de
se positionner au centre en affirmant que les Républicains ne souhaitent pas
travailler avec lui bien qu’il soit prêt à faire tellement de sacrifices en ne cédant pas à sa gauche . En
somme, Obama fait deux paris en ce moment, celui de croire que les Américains sont
des conservateurs et qu’à aucun moment sa gauche ne le désertera même s’il s’avère
ne pas être leur « homme » comme il le leur avait fait croire durant
les primaires Démocrates.
C’est ironique et surtout idiot mais l’Obamanisme
est en fait le Clintonisme avec un visage métissé (et oui avoir du sang « noir »
ne veut rien dire et surtout ne veut pas dire être un gaucho incapable de machiavélisme et de tout
calcul politique). Ce n’est pas la pire des
choses mais juste une réalisation inquiétante car c’est une vision politique dépassée.
En effet, nous ne sommes plus dans les années 90. Surtout entre temps, il y a
eu le Bushisme qui a profondément marqué les Etats-Unis. Obama ne semble pas
vouloir rectifier les dérapages de son prédécesseur. En observateur
de la vie politique de son pays qu’il est , Obama a compris que le Bushisme était radical aussi
parce qu’il répondait à certaines attentes des américains et que tout changer
en 4 ans veut dire prendre le risque certain de ne faire qu’un mandat comme Jimmy
Carter.

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