J’ai enfin pu voir La Journée de la Jupe. Je me suis dit qu’avec les Etats-Généraux sur l’Education, il était temps de voir un film qui avait été proclamée par les professionnels de la culpabilité surtout qu’il ne semble plus possible de nier qu’il y existe, pour user d’une image soft parce qu’il ne traduit pas la dangerosité de la situation, un fossé grandissant entre les enseignants et leurs élèves.
J’ai détesté le
film sans
le trouver raciste ou abominable mais juste mauvais et trop hollywoodien. C’était
une autre histoire invraisemblable d’une femme simple et bien, qui essaye de
faire son job, qui est menacé par de sales gosses et qui un jour craque en leur
rendant la monnaie de leur pièce en leur disant merde, et leur disant que
puisqu’il se comporte comme des sauvages, elle va les traiter ainsi en devenant
la reine des sauvages, et devient une sorte d’héroïne tragique. C’est un peu Gran Torino
dans un lycée de banlieue mais sans le génie de Clint Eastwood et surtout sans
grand jeu d’acteur. Ceci me permet de dire que la
critique de Mona Chollet de l’époque qui mettait l’accent sur les similitudes
en certains aspects du film et 24 heures chrono avait vu juste sur ce point-là.
En somme j’ai détesté le film parce qu’il me semblait justement que le
personnage principal joué par Isabelle Adjani n’a qui choisit de répondre à la
violence par la violence n’avait pas une goutte d’authenticité. A aucun moment
je n’a cru en ses actions même si évidement tous les autres clichés sur les élèves
me semblaient « on point » car aucun moment, je ne me suis dit « cela
n’arriverait jamais.» Cependant, en
regardant Adjani et son flingue essayer d’enseigner des élèves devenus des
caricatures d’eux-mêmes (c’est souvent) la réalité, je me suis demandée ce qu’elle
faisait là tellement elle-même n’avait l’air de croire au rôle qu’elle jouait.
Elle donnait plutôt l’impression de penser qu’il était important
de faire penser en France le message que ce n’est pas parce qu’on a certaines différences
visibles ou non qu’on a des excuses, des justifications légitimes pour ne pas résister
à l’autorité des professeurs en demandant à l’école comme à la société d’ailleurs
de réparer je ne sais quelle dette ancienne et impayée. C’est un message
fondamental mais je me demande s’il est nécessaire d’américaniser un film qui
parle de sujets sociétaux français pour qu’il fasse autre chose que pschitt. La
réponse semble être oui. En conclusion, La
Journée de La Jupe fut un film important non pas en lui-même mais à cause
des réactions qu’il a provoqué qui ont montré que certains sujets capitaux en France
ne sont perçus que de manière idéologique et qu’il est impossible de parler de
clichés douloureux sans entendre des accusations de racisme et autre excuse
pour ne pas voir qu’il est imbécile de s’occuper du bling lorsque le corps est
malade.
Pour revenir à
Isabelle Adjani et sa mauvaise prestation, mon avis est qu’elle n’était pas
bonne dans ce rôle parce qu’elle n’avait plus de distance et qu’elle ne pensait
plus qu’au message important qu’elle voulait faire passer en oubliant le rôle qu’elle
devait jouer et que l’authenticité du film reposait sur ses épaules. Je ne suis
donc pas surprise qu’elle fasse aujourd’hui de la jupe, l’instrument
anti-voile, c’est une position cohérente de sa part mais limitée parce que la
jupe d’Isabelle Adjani comme le voile cache le reste. Les femmes accordent trop
d’importances à leurs vêtements, à leur apparence parce qu’aujourd’hui la majorité
d’entre elles croient encore qu’une femme est d’abord un corps. J’aimerai qu’Isabelle Adjani ait le courage de
nous dire pourquoi et surtout au nom de quoi elle définit une femme par son vêtement ? Peut –on porter la jupe sans être un
sur-femme ou porter le voile sans être une sous-femme ?

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